Branches récurrentes musculaires et articulaires du
nerf sciatique poplité externe.
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Les plaies et les contusions delà région tibiale antérieure offrent quelques conditions spéciales sur lesquelles nous devons insister. Ces conditions nous rappellent celles que nous avons déjà observées à la tête. Ainsi nous avons fait remarquer que les plaies de l’arcade sourcilièresont différentes des autres plaies, en ce que le rebord orbitaire a fait l’office du corps vulnôrant, et que telle plaie qui à l’extérieur paraissait minime était très-étendue à l’intérieur. Or, ici, nous avons des plaies quioffrent ce caractère. En effet, si l’on considère l’épine et la crête du tibia etles tissus qui les recouvrent, onsera convaincu que nous retrouvons là toutes les conditions de la région sus-orbitaire. Qu'un corps vulnérant agisse sur la crête du tibia, la peau sera pressée sur cette crête et elle se coupera de dedans en dehors si le corf s vulnérant agit'obliquement de haut en bas par exemple, il y aura une plaie avec lambeau et décollement. Il faut donc soigner ces lésions avec une grande allention. Quand la force vulnérante est moins grande, la peau se sépare du tibia et de l’aponévrose jambière, et il se produit une bosse sanguine qui rappelle parfaitement les bosses sanguines de la voûte crânienne. Ces bosses sanguines, les décollements de la peau étendus sont ici plus fréquents qu’ailleurs, précisément parce que la peau glisse facilement au devant des parties qu’elle recouvre. Quand un instrument vulnérant agit sur la région et traverse l’aponévrose, l’artère tibiale antérieure peut être atteinte ou bien mise à nu. Dans une plaie que j’observais récemment dans mon service, l’aponévrose était ouverte, les muscles faisaient hernie à travers cette ouverture et le doigt introduit entre le jambier antérieur et les muscles extenseurs, sentait parfaitement battre l’artère séparée pour ainsi dire de tous les organes voisins. Cette plaie, du reste, s’est bien fermée sans aucune complication d’hémorrhagie.
Le tibia, comme le péroné, se fracture souvent, soit par cause directe, soit par cause indirecte. 11 faut remarquer à cet égard que cet os est bien plus souvent fracturé vers son tiers inférieur, ce qui s'explique par un peu moins de volume dans ce point et par conséquent par une résistance moindre. Parmi les opérations faites dans cette région, nous ne ferons que mentionner les opérations pour extractions d’esquilles ou de fragments nécrosés, et les opérations pseudarthroses. C’est pour guérir une de ces fausses articulations que M. Jordan (de Manchester) a eu le premier, quoi qu’on dise, l’honneur de faire de l’autoplastie périostique et de dire qu’il voulait en faire. C’est ce chirurgien aussi qui s’est servi le premier du mot auloplastie périostique. Nous ne comprenons donc pas l’obstination que l’on met à nier un fait qui est si évident, si avéré par les écrits. Mais passons sur ces petites misères de la vie scientifique et étudions les ligatures de l’artère tibiale antérieure.
Cette artère suit un trajet représenté par une ligne fictive, partant du milieu de l’espace compris entre la tête du péroné et l’épine du tibia et aboutissant au milieu de l’espace intermalléolaire. On fait la ligature de cette artère en trois points .
En haut, on pratique sur le trajet de la ligne fictive ayant 5 à 6 centimètres. On cherche la crête du tibia comme premier point de repère, puis le premier espace intermusculaire à partir de cette crête. On le reconnaît à une ligne blanc jaunâtre qui se dessine sur l’aponévrose jambière, et est d’autant plus marquée que l’on regarde plus en bas. On incise directement sur cette ligne l’aponévrose. On pénètre dans l’espace au fond duquel on trouve l’artère.
Au milieu, la ligature se fait d’après les mêmes principes. Il faut seulement éviter un écueil, c’est de passer dans le deuxième espace intermusculaire. Ici, en effet, le muscle extenseur propre du gros orteil s’est interposé, et c’est toujours dans le premier espace qu’il faut pénétrer, c’est-à-dire entre le jambier antérieur et le muscle extenseur propre du gros orteil.
En bas, l’erreur est plus facile à éviter parce que l’extenseur propre du gros orteil est plus volumineux et que l’espace qu’il limite en dehors est plus large ; mais les mômes principes doivent guider l’opérateur.
Figure 2. — Région du eou«dc-pie«i.
Face antérieure.
EXPLICATION
A. Coupe de la peau limitant la région.
B. Coupe du fascia superficialis.