Nerf saphène externe se terminant sur la région
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Cette région est féconde en applications chirurgicales, ce qui s'explique parfaitement par la multiplicité des organes qu’elle renferme.
Eu égard aux plaies on comprend tout de suite qu’elles peuvent atteindre les bourses séreuses ou tendineuses rp i se trouvent dans la région. Ces bourses sont au nombre de quatre, à savoir : la bourse séreuse de la malléole externe, la bourse synoviale des tendons des muscles péroniers, la gaine aponévrotique et séreuse du tendon d’Achille, et enfin la bourse séreuse qui est entre le calcanéum et le tendon d’Achille. Or, toutes les blessures des bourses séreuses sont assez graves parce qu’elles peuvent donner lieu à des hydropisies, des épanchements sanguins, des collections de pus, des corps fibrineux. Parmi ces bourses celle qui est le plus souvent affectée est sans contredit celle des tendons des muscles péroniers latéraux. Quoique séparées en bas, ces bourses séreuses communiquent largement en haut, de sorte qu’elles ne forment en réalité qu’une seule cavité. Quand la sérosité s’accumule dans leur cavité, il se produit une tumeur qui occupe la partie externe et inférieure de la jambe et quelquefois se prolonge dans la plante du pied où, comme on le sait, la gaine continue à revêtir le tendon du long péronier latéral. Mais souvent la tuméfaction n’est point apparente là parce que les tissus fibreux de la plante du pied ne permettent pas la distension de cette gaine Du reste, il arrive a-sez fréquemment que vers le point où le tendon passe sous la face plantaire du pied, il existe une cloison qui divise en deux parties la séreuse tendineuse. Ainsi s’explique pourquoi la tumeur ne fait point saillie vers la face plantaire.
La blessure des vaisseaux et des nerfs de la région ne peut offrir aucun caractère grave. Les os qui entrent dans la région et particulièrement la malléole externe, sont fréquemment le siège de fractures. Ces fractures sont en général produites par le mécanisme suivant. Quand le pied est renversé en dedans, les ligaments latéraux de l’articulation tibio-tarsienne sont fortement tiraillés : comme ils sont très-puissants, ils résistent en général ; mais si la violence est trop forte c’est l’os qui cède, et la pointe de la malléole externe se trouve arrachée à une hauteur plus ou moins grande ; c'est là la fracture par arrachement. Si la pointe du pied est déviée en dehors, ou si, ce qui arrive au même résultat, le pied étant forcé, le tibia et le corps sont brusquement portés dans la rotation, la malléole externe sera le point où se portera lou'e l’action, si le pied est dévié en dehors, le bord antérieur de b malléole servira de point d’appui, elle finira par céder, les ligaments péronéo tibiaux seront détruits et la fracture se produira à 2 centimètres au-dessus de la malléole.
Parmi les opérations faites sur la région nous mentionnerons surtout la section du tendon d’Achille. Constatons dès maintenant qu’à cet égard il n’y a autour de ce tendon du côté externe aucun organe d’une réelle importance qui puisse être blessé. Nous allons voir que du côté interne il n’en est pas tout à fait ainsi.
Figure 2. — Région «lu cou-«le-i»ie«i.
Face interne.
EXPLICATION
A. Coupe de la peau limitant la région.
B. Coupe du tissu cellulo-graisseux sous-cutané.