Coupe du nerf plantaire externe
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉHATOIRE
Cette planche nous montre les organes qui sont en contact avec les os et les applications qui les concernent sont les mômes que celles exposées dans notre précédente planche. Nous appellerons l’attention des anatomistes et surtout des chirurgiens sur la disposition et la distribution de l’artère plantaire externe, disposition et distribution qui diffèrent beaucoup avec ce que nous venons de voir dans la planche CVII. En effet, tandis que dans cette dernière planche l’artère pé lieuse se terminait à la face plantaire du gros orteil, dans celle que nous avons actuellement sous les yeux, c’est l'artère plantaire externe qui vient s’y rendre. On rencontre ainsi deux cas desquels il faudra tenir compte pour la pratique, dans les hémorrhagies et dans les ligatures d’artère.
A propos des distributions d’artère et de la richesse vasculaire des orteils, nous devons remarquer que le petit orteil reçoit le moins de vaisseaux, que ses artères sont relativement plus petites. C’est là certainement la cause qui fait que chez les vieillards atteints de gangrène (dite à tort sénile, parce qu’elle peut aussi affecter les jeunes gens et les adultes) c’est toujours par le petit orteil qu’on voit débuter cette grave affection.
On sait que le pied est soumis à quelques déformations sur lesquelles nous devons nous arrêter un instant, nous voulons parler du pied bot. On distingue diverses variétés qui sont: le pied équin, le pied laïus, le pied \algus et le pied varus. Dans le pied équin, l’astragale est plus ou moins déplacé en avant, parfois même luxé ; la partie articulaire de sa poulie est déformée par la pression de la mortaise tibiale ; l’autre devient rugueuse et inégale. Les os du tarse et du métatar-e sont écartés à leur face dorsale, les ligaments dorsaux sont allongés, les ligaments plantaires, au contraire, sont raccourcis et épaissis.
Dans le pied talus, variété fort rare, la mortaise tibiale appuie sur le col de l’astragale et sur la partie antérieure do sa poulie dont on peut sentir plus de la moitié en avant du tendon d’Achille. La base de sustentation réside uniquement sur le talon. Dans un cas, Delpech trouva le jumbier antérieur, les deux extenseurs et les trois péroniers raccourcis et inextensibles.
Dans le pied bot varus ou pied bot en dedans, la moitié antérieure et le bord externe de la poulie asfragalienne ne sont plus recouverts parla mortaise, l'astragale offre une semi-luxation en dehors. Le cuboïde abandonne en partie son articulation calcanéenne, le scaphoïde laisse à découvert les trois quarts de la tète astragalienne. Le cuboïde, le scaphoïde et l’astragale sont contournés sur leur petit axe de dehors en dedans. Les muscles jambiers sont raccourcis.
Dans le valgus ou pied bot en dehors, le scaphoïde glisse sur le côté externe de l’astragale, celui-ci s’abaisse de façon qu’une partie de la tète devient sous-cutanée, le cuboïde abandonne en dedans le calcanéum, le deuxième cunéiforme est parfois aplati.
Par la face profonde du squelette du pied on peut voir combien sont puissants les liens qui unissent non-seulement les deux rangées du pied, mais encore chaque os en particulier. Ces ligaments sont bien plus solides que ceux qui existent à la face dorsale, et c’est pour cela que dans les désarticulations partielles du pied, on a tout avantage à attaquer ces articulations du côté le plus faible, c’est-à-dire par la face dorsale. En pénétrant de ce côté dans une articulation quelque serrée qu’elle soit, on coupe ensuite très-facilement le ligament plantaire. La puissance de ligament de h face plantaire explique aussi très-bien pourquoi les luxations des divers os entre eux et celles en particulier du métatarse sur le tarse sont très-rares.
De grands perfectionnements ont été apportés dans ces dernières années aux désarticulations partielles du pied, et qu elques chirurgiens ont voulu n’appliquer que ces opérations en rejetant complètement les amputations dans la continuité des os qui composent cette partie du squelette. Nous pensons qu’il y a là une exagération évidente et qu’il y a des cas où l’amputation dans la continuité des os du métatarse offre des avantages incontestables, parmi lesquels nous citerons plus spécialement celui de conserver une partie plus considérable du pied.
Au point de vue des désarticulations partielles du pied nous ferons remarquer que la synoviale tapissant l’articulation du scaphoïde avec les trois cunéiformes, pénètre entre les deux premiers de ces os et communique avec celle de la jointure tarso-métatarsienne. Son étendue et ses anfractuosités ont paru à Blandin un motif suffisant pour préférer toujours la désarticulation médio-tarsienne dite désarticulation de Chopart, à celle du métatarse. Quant à nous, nous pensons que l’on doit, dans tous les cas, préférer l’opération de Lisfranc à celle de Chopart, parce que la première offre tout autant de chances de réussite et qu’elle a, en outre, l’avantage très-grand de permettre la station et de rendre la marche plus facile en laissant au pied une longueur plus considérable.
UHPAIRIE nr.PlIER bmilKrf.
Région des orteils.
Figure 1. — Face dorsale.
EXPLICATION
A. Coupe de la peau limitant la région.
B. Coupe du tissu cellulo-graisseux sous-cutané.