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Nerf collatéral interne dorsal du gros orteil

11, 12, 13, 14. Nerfs collatéraux dorsaux des orteils.

APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE

Cette figure montre la face dorsale des orteils. En procédant du premier orteil jusqu’au cinquième orteil ou petit doigt du pied on peut voir répré-enlées toutes les couches. Sur le gros orteil on voit la couche sous-cutanée avec ses nombreuses veines. Sur le deuxième orteil on trouve le réseau artériel et nerveux plus profondément situé et en contact avec l’aponévrose superficielle. Sur l’orteil du milieu ou troisième orteil nous avons représenté la couche sous-jacente, c'est-àdire l’aponévrose superficielle recouvrant les tendons des extenseurs et leur constituant une gaine propre. Sur le quatrième orteil nous avons ouvert cette gaine pour montrer les tendons des extenseurs. Enfin sur le cinquième on trouve le squelette d’un orteil, c’est à-dire les trois phalanges avec leurs articulations. Par cet examen on reste convaincu que les dispositions anatomiques étant identiques avec celles de la face dorsale des doigts, les affections seront les mêmes. Comme aux doigts, en effet, nous allons rencontrer des lésions physiques, vitales et organiques semblables; mais nous allons voir aussi qu’il existe quelques particularités spéciales aux orleils.

Les lésions physiques sont ici très-fréquentes par les mêmes raisons que nous avons invoquées à propos de la région dorsale du pied. Ces lésions sont des plaies par instruments piquants, tranchants et surtout par écrasement. Celles-ci sont produites par des corps pesants qui tombent sur l’extrémité antérieure du pied, ou bien par une roue de voiture passant sur cette partie. Tantôt elles intéressent plusieurs doigts, tantôt elles n’atteignent qu’un seul doigt en totalité ou en partie; tantôt la contusion est superficielle, tantôt elle occupe deux ou trois couches, tantôt elle les occupe toutes à la fais. On trouve alors les articulations ouvertes, les os broyés, et cela donne à ces blessures un caractère de gravité qu’elles ne semblent pas avoir au premier abordvu la petites se relative de l’organe affecté. Du reste, si ces plaies sont quelquefois compliquées d’infection purulente, ce qui s’explique par l’abondance des veines ou bien de phlegmon diffus et d’érysipèle, comme je viens de l’observer sur un des malades de mon service, il faut reconnaître qu’elles échappent à cet autre accident redoutable des plaies : l’hémorrhagie primitive ou consécutive. On ne voit en effet dans aucune couche de cette région des vaisseaux assez importants pour donner lieu à un écoulement de sang assez considérable.

Quand ces plaies atteignent la région unguéale il peut arriver que des débris de l’ongle soient enfoncés au milieu des tissus, et que l’on croie, en les sentant, à l’écrasement de la phalangette parce qu’ils ressemblent à des esquilles. Il suffit de signaler cette cause d’erreur pour ne point se méprendre. Mais quand l’écrasement a broyé tous les tissus, quand la matrice de l’ongle est déformée, il en résulte que la plaie est entravée dans sa marche par des fragments d’ongles qui poussent dans divers sens. Dans ces circonstances il faut détruire avec le caustique les portions de matrice unguéale si l’on veut obtenir une cicatrisation.

Les inflammations de la face dorsale nous offrent les mêmes divisions qu’aux doigts de la main. Nous avons en effet : 1° un panaris supeificiel ou cutané avec toutes ses variétés ; 2° un panaris sous-cutané ; 3° un panaris de la gaîne ; 4" un panaris périostique; 5° un panaris osseux.

Il existe à la face dorsale des orteils, dans le voisinage de la matrice, une affection assez commune, nous voulons parler de ionyxis et de l'ongle rentré dans les chairs que quelques chirurgiens confondent à tort sous la môme dénomination. Cette affection se rencontre principalement sui le gros orteil, mais on l’a vue sur les autres orteils. Quelquefois elle existe en même temps surlesdeux gros orteils, comme je l’observe sur un de mes malades dans mon service. Cette affection, qui est très-douloureuse et gêne la marche, a été combattue par une foule de moyens. Le plus radical est celui qui consiste à détruire la matrice unguéale. Pour cela, il suffit d’enlever avec un gros bistouri solide toutes les parties molles qui sont sur la phalange unguéale en y comprenant toute la matrice de l’ongle. Ce procédé est prompt et m’a toujours donné de bons résultats.

Parmi les affections organiques, nous signalerons les cors, les oignons, les œils-de-perdrix, les fistules et les exostoses. Par la pression incessante des chaussures, la peau delà face dorsale des orteils dans les points saillants devient de plus

en plus épaisse, surtout dans sa partie épidermique ; celle-ci se durcit et forme bientôt une petite tumeur arrondie, globulaire, prenant le nom de cor. Quelquefois l’épiderme s’épaissit en lame, le derme sous-jacent s’irrite, fournit de la sérosité et l'on a un oignon ou œil-de-perdrix quand l’épiderme se perfore à son centre. Quelquefois la peau si mince qui existe entre les doigts des orteils participe elle-même à l’inflammation, celle-ci se propage au tissu cellulaire souscutané et interdigital. Il survient à la longue un décollement de cette peau et l’ouverture de l’abcès reste longtemps fistuleuse. J’ai eu à traiter une affection semblable chez un malade qui avait tenté toutes sortes de moyens pour guérir. On croyait à l’existence d’une’ carie ou d’une nécrose, on avait même parlé de tumeur blanche. lime suffit d’exciser cette peau décollée pour obtenir une prompte guérison. Sur la face dorsale de la phalangette du gros orteil, on voit quelquefois se développer une exostose qui soulève l’ongle et donne lieu à des accidents que Dupuytren a signalés. Il faut, dans ce cas, enlever l’ongle et après avoir détruit les parties molles exciser l’exostose avec de fortes pinces.

Figure 2. — Face plantaire.

EXPLICATION

‘. Coupe de la peau-

’. Coupe du tissu cellulo-graisseux sous-cutané.

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