Artère s’anastomosant avec la palpébrale supérieure
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Les contusions sont ici fréquemment suivies d’ecchymoses larges, à cause de la laxité des tissus. Quelquefois l’infiltration sanguine est tellement grande, qu’il en résulte un gonflement qui empêche la vision et nécessite une incision pour débarrasser le malade tout de suite.
Les plaies de cette région peuvent intéresser tous les tissus, depuis la peau jusqu’à la conjonctive ; elles sont tantôt verticales, tantôt horizontales, tantôt obliques. Les plaies verticales comprenant toute l’épaisseur de la paupière, laissent quelquefois une solution de continuité qui constitue une sorte de bec-de-licvre désigné sous le nom d ecoloboma.
Les plaies qui siègent en dehors peuvent atteindre la glande lacrymale : elles sont quelquefois suivies de fistules lacrymales. Celles qui occupent l’angle interne de l’œil peuvent ouvrir les conduits lacrymaux, et amener ainsi des fistules de ces conduits. Les serres-fines rendront ici des services très grands pour obtenir la réunion de toutes ces solutions de continuité.
Les brûlures, comme le phlegmon, la pustule maligne, détruisent souvent les paupières à une profondeur plus ou moins
grande. Dans toutes ces circonstances, il survient des cicatrices plus ou moins difformes et auxquelles on remédie par la blépharoplastie partielle ou totale. Mais il faut bien savoir que si le muscle orbiculaire a été respecté, la réparation de la paupière sera d’autant plus utile que les mouvements de ce voile protecteur ne seront pas abolis.
Quelquefois la paupière ne peut se relever, c’est là la blépharoplose, ou ptosis, qui, lorsqu’elle est complète, met obstacle à la vision, et que l’on combat en réveillant la contractilité du muscle élévateur. On a conseillé des incisions ou des excisions pour combattre cette aflection ; mais l’utilité de ces opérations est douteuse.
Les paupières sont rarement le siège d’ulcères. Cependant elles sont affectées quelquefois de chancres qui revêtent une physionomie toute spéciale et s’accompagnent d’une adénite sous-maxillaire, quand le chancre est à la paupière inférieure, et d’une adémite préauriculaire, quand le chancre occupe le côté externe et supérieur de la région palpébrale.
Les kystes des paupières sont fréquents. Avant de les opérer, il faut bien s’assurer s’ils sont plus voisins de la muqueuse que de la peau, afin de les attaquer du côté où la saillie est la plus forte. Sans cette précaution on s’expose à faire une boutonnière à la paupière.
Sur le bord libre des paupières, on voit se développer souvent des inflammations furonculeuses, dites orgelets , dont le siège n’est pas bien connu et qui tiennent à un état particulier de l’organisme.
Des opérations nombreuses et variées ont été instituées pour remédier aux vices de conformation acquis ou congénitaux des paupières. Pour donner un aperçu de ces opérations, rappelons les vices de conformation des paupières. Ce sont : 1° leur absence ; 2° leur brièveté (lagophthalmie) ; 3° l’étroitesse de leur ouverture (phimosis palpébral) ; 4° leur hypertrophie partielle (épicanthus) ; 3° leur division anormale (coloboma) ; 6° l’union plus ou moins complète de leur bord libre ( ankyloblépharon ); 7° leur adhérence au globe oculaire (symblcpharon) ; 8° les déviations des cils ( trichiasis ); 9° les déviations de leur bord libre et de leur face portés en dedans ( enlropion ), ou en dehors ( eclropion ).
B. J. BÉRAUD. . ANAT. CHIRURG.
Figure 1. — Région orbitaire.
Face externe. Plan superficiel.
A. Coupe de l’os frontal.
B. Coupe du sphénoïde.
D. Muscle élévateur de la paupière su-
périeure.
E. Muscle droit externe.
F. Muscle droit inférieur.
G. Muscle petit oblique.
H. Coupe du périoste orbitaire.
1 Coupe du périoste du front.
J. Coupe de la loge aponévrotique de
la glande lacrymale.
K. Glande lacrymale.