Nerf optique revêtu de la gaîne fibreuse se continuant
en arrière avec la dure-mère et en avant avec la sclérotique.
APPLICATIONS A LA PATHOLOGIE ET A LA MÉDECINE OPÉRATOIRE
Les divers prolongements de l’aponévrose de l’orbite, soit vers les paupières, soit vers le globe oculaire, expliquent bien la solidarité qui existe entre les mouvements des paupières et ceux de l’œil. Les expansions aponévroliques des tendons des muscles droit et oblique font que, malgré la section de ces tendons ou même du corps de ces muscles, les deux bouts ne s’écartent pas autant qu’on aurait pu le supposer au premier abord. Ce sont ces expansions aponévroliques qui rendent quelquefois nécessaire la section complémentaire du muscle dans la straboto nie. Ces petites sections se font par des débridements en haut et en bas du tendon, jusqu’à ce que l’on ait obtenu le résultat voulu.
La disposition générale de cette aponévrose est bien propre à expliquer le mode d’infiltration du sang et du pus dans
l’orbite. Ainsi, supposons un épanchement sanguin entre le périoste et le muscle droit supérieur : le sang tendra à s’infiltrer en avant, à cause de la forme conique de l’orbite. Il rencontrera un obstacle, c’est l’expansion fibreuse K, qui est du reste assez mince, et bientôt il l'aura franchie, de sorle que l’épanchement se traduira par une ecchymose sous-conjonctivale qui occupera le cul-de sac oculo-palpébral supérieur. Mais il faut reconnaître qu’il n’en sera pas toujours ainsi ; l’ecchymose apparaîtra plus souvent dans le cul-de-sac oculo-palpébral inférieur, parce que le sang gagnera la partie la plus déclive de l’orbite avant d’avoir pu traverser le feuillet fibreux K. Cette ecchymose, qui apparaît vers le troisième, le quatrième ou le cinquième jour après une violence extérieure, est presque toujours le symptôme d’une fracture de l’orbite et spécialement de la voûte orbitaire. Si l’ecchymose sous-conjonctivale apparaît immédiatement après la violence extérieure, et si surtout elle n’augmente pas vers le quatrième jour, on peut être certain qu’elle n’indique pas l’existence d’une fracture du crâne au niveau de la cavité orbitaire.
Dans le cas où l’épanchement sanguin ou purulent se produirait entre le nerf optique et les muscles, il ne se traduirait que difficilement par une ecchymose extérieure, parce qu’il serait obligé de traverser l’aponévrose des muscles revêtant leurs deux faces, et plus loin l’aponévrose oculo-palpébrale K. Du reste, les épanchements sanguins dans celte loge sont très rares.
B. J. BÉRAUD
ANAT. CH1RURG
Figure 1. — Région orbitaire.
Canal orbitaire.
A. Coupe de la peau.
B. Coupe du fascia sous-culané.