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Artère transversale supérieure de la face

Par sa direction, le canal de Sténon est d’autant plus abrité par l’arcade zygomatique qu’il est plus voisin de son orifice buccal ; aussi est-il plus souvent blessé en arrière qu’en avant. Il est accompagné par une branche du nerf facial, mais celle-ci est au-dessus de lui, et par conséquent plus abritée encore.

On a voulu faire jouer au masséter un grand rôle dans la luxation de la mâchoire inférieure. D’après J.-L. Petit et Pinel, lorsque la bouche est largement ouverte, l’angle formé par l’axe du condyle et la direction du masséter n’est plus que de A à 5 degrés ; alors les fibres postérieures de ce muscle se trouvant derrière le condyle, leur contraction vient fixer l'os maxillaire inférieur en avant du condyle du temporal et la luxation est produite. Boyer a renversé celle explication. Que l’on divise le bord inférieur de l’arcade zygomatique en cinq partie- égales, depuis le tubercule où s’insère le ligament latéral externe de l’articulation temporo-maxillaire jusqu’au bas de la suture malaire, les quatre cinquièmes de cette division marqueront toute l’étendue de l’attache du masséter. Que l’on prenne le point central de cet espace et que l’on tire de ce point une ligne horizontale par la région gutturale, et l'on verra que cette ligne tombe exactement sur le fond de la fosse ptérygoïde, c’est-à-dire dans le point où se fait l’attache du muscle ptérygoïdien interne. Or, pour que dans le mouvement forcé d’abaissement de la mâchoire, les branches de cet os puissent effectivement croiser la ligne moyenne de direction des muscles ptérygoïdien interne et masséter, il faudrait que les condyles fussent portés en avant au point d’atteindre et môme de dépasser la ligne dont il s’agit. Mais un déplacement aussi étendu n’a jamais lieu, il suppose entre les mâchoires un degré d’écartement que l’on ne rencontre jamais en pareil cas. Un déplacement moitié moindre ne peut jamais exister sans luxation; il paraît presque démontré que dans la luxation de la mâchoire inférieure les muscles masséter et ptérygoïdien restent constamment en avant des condyles, et que leur rôle dans la production de la luxation ne diffère pas notablement de celui du grand pectoral et grand dorsal dans la luxation de l’humérus, si ce n’est peut-être par l’obliquité de leur action.

Relativement à l’articulation, il faut bien connaître les rapports des os pour pouvoir déterminer quel est le déplacement qui caractérise une luxation. Or, M. Malgaigne a démontré que normalement, dans l’abaissement, le condyle delà mâchoire se porte naturellement au-devant du condyle temporal, laissant derrière lui une portion très sensible du masséter qui ne l’empêche pas de retourner dans sa cavité. M. Malgaigne a prouvé que dans la luxation réelle les condyles maxillaires étaient portés plus avant qu’on ne l’a dit, et qu’il faut pour cela une déchirure de la capmle et du ligament latéral externe, ou un relâchement anormal de ces parties, et peut-être aussi quelques ruptures des fibres musculaires. Acceptant cette doctrine, M. Nélaton a ensuite fait voir que la rétrocession du condyle est empêchée et la luxation maintenue, parce que le sommet de l’apophyse coronoïde vient arc-bouler contre l’angle inférieur de l’os malaire et se loger dans une petite fossette qui existe en dehors du tubercule malaire.

Le muscle masséter est quelquefois le siège d’une sorte de rétraction qui l’empêche de se contracter, et il constitue alors un obstacle à l’écartement des mâchoires. Cette affection peut tenir à diverses causes, telles que rhumatisme, syphilis. On a proposé divers moyens pour les combattre: les uns sont médicaux et s’adressent à la cause ; les autres chirurgicaux, tels sont l’écartement forcé des mâchoires, ou bien la section sous-cutanée d’un muscle ou des deux muscles à la fois. J'ai observé un cas qui, ayant résisté à l’iodure de potassium, a fini par guérir spontanément au bout de deux ans de durée.

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