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Ganglion nerveux sublingual

Il existe au-dessous de la langue une tumeur, dite grenmiillelle, dont le siège a été placé tour à tour sur le conduit de Wharlon, les granulations glandulaires, la bourse muqueuse de Kleisclimann, le tissu cellulaire sous-muqueux. Pour notre part, nous croyons que les observations sont aujourd’hui assez nombreuses pour ne pas admettre une opinion exclusive, et que tous ces organes peuvent, en effet, donner naissance à la grenouilletle. Dupuytren et Breschct ont vu que cette tumeur était formée par un kyste séreux ou séro-muqueux développé sous la muqueuse.

M. Malgaigne, appuyé sur l’examen au microscope fait par M. Ch. Robin, admet que des granulations glanduleuses sont le siège de cette production, et M. Jobert (de Lamballe) ainsi que M. Richet ont vu le canal de Wharton s’ouvrir dans la cavité elle-même, ce qui était l’indice d’une dilatation de ce canal. I,a situation et le volume de cette tumeur expliquent bien les phénomènes morbides qui l’accompagnent. Ainsi retenue par le maxillaire inférieur en avant et par le maxillaire supérieur en haut, elle refoule la langue en arrière et le plancher buccal en bas. On en a vu qui remplissaient toute la bouche (F. de Hilden), qui comprimaient les carotides et la trachée-artère (Marchetti), qui amenaient la sufl'ocation (Alix), qui empêchaient de manger (Taillardant) . Quoi qu’il eu soit, celte affection est très sujette à récidive, et

l’on en peut juger par le nombre de procédés, qui sont : 1° l’incision; 2° la ponction, soit avec le bistouri, soit avec le cautère actuel; 3° l’introduction de tentes ou de bougies; 4° le séton (Physick), le bouton à demeure (Dupuytren); 5° l’excision (Jobert, de Lamballe); 6° les injections iodées (Bouchacourt) ; 7° l’extirpation (Celse).

Le frein delà langue est un repli muqueux qui est quelquefois trop prolongé en avant, et constitue le fi'et. Le Olet est congénital et devient un obstacle à la succion, et c’est pour cela qu’on le coupe. L’opération du filet est très simple : avec la sonde cannelée on soulève la pointe de la langue dont le lllet est engagé dans sa rainure, et avec des ciseaux on fait la section en dirigeant la pointe en bas pour éviter les veines et les artères ranines, qui du reste sont protégées par le pavillon de la sonde. Cette petite opération n’est pas suivie de perte de sang, parce que le repli muqueux ne présente pas de vaisseaux. Quelquefois cependant ce repli est un peu vasculaire, épais, et sa section est suivie alors d’un petit écoulement sanguin que nous avons arrêté avec succès dans deux cas avec la cautérisation par le crayon de nitrate d’argent.

La langue est fixée à la mâchoire inférieure par la muqueuse, par un tissu cellulo-filamenteux, par des aponévroses et par des muscles, et en particulier par les muscles génio-glosses. Dans la persuasion que le bégayement était dû à la brièveté de ces attaches, on a proposé de les couper, et successivement on a coupé le filet de la langue, la muqueuse buccale, l’aprnévrose et les muscles. La section des génio-glosses doit être faite aussi près que possible de la face buccale du maxillaire inférieur, parce que là le muscle est moins haut et moins épais, et parce qu'il n’y a pas de vaisseaux dans ce point. Si l'on se porte un peu plus en arrière, il y a les artères sublinguales, qui, étant blessées, fournissent un écoulement difficile à arrêter. L’anatomie ne peut guère expliquer un phénomène remarquable de la section des génio-glosses, à savoir, une douleur vive dans l’oreille et quelquefois dans 1 j gorge. Du reste, la section de ces muscles peut être faite du côté de la bouche (Baudens) ou du côté de la région sous-maxillaire par la méthode sous-cutanée (Bonnet). Ces diverses opérations sont aujourd'hui à peu près abandonnées, après avoir joui d’une vogue considérable.

Très vasculaire, composée d’élémenls très nombreux et très variés, la langue est sujette à une infinité de maladies et de tumeurs dont la gravité tient non-seulement à leur nature intrinsèque, mais encore à leur situation. Ainsi, toute tumeur un peu considérable sera suivie de l’abolition plus ou moins complète de divers actes physiologiques, tels que la mastication, la prononciation, la déglutition, la respiration. De plus, les produits morbides fournis par les affections seront souvent introduits dans l’estomac, mal digérés, ou étant absorbés, ils altéreront promptement la constitution et amèneront ainsi une sorte de cachexie que M. Chassaignac a désignée sous le nom de cachexie buccale.

L’inflammation partielle ou totale de la langue superficielle n’offre pas de graves dangers; mais lorsqu’elle est profonde et diffuse (phlegmon), elle peut entraîner la mort par suite de la gène qu’elle amène dans la respiration.

Quand un ulcère a détruit la muqueuse et la portion fibreuse qui la double, les tissus sous-jacents de nature musculaire qui étaient soutenus, se soulèvent, se gonflent et font hernie à travers cette ouverture, et il se forme ainsi une tumeur qui pourrait donner lieu à une erreur de diagnostic. Nous en avons observé une qui occupait la face dorsale de la langue chez un jeune homme qui portait un ulcère syphilitique. Par un traitement spécifique la tumeur a promptement disparu. Les abcès qui se produisent à la suite de ces inflammations peuvent devenir très gros, à cause de la laxité du tissu cellulaire interfibrillaire.

L’inffammation aiguë ou chronique de la langue est caractérisée par un gonflement considérable qui fait que l’organe, ne pouvant plus être contenu dans la cavité buccale et pharyngienne, se porte en avant et sort à travers la bouche. Or, dans cette situation, la langue est portée entre les dents, qui la compriment sans cesse, en même temps que par son mouvement d’expansion elle se comprime sur elles ; d’où résulte promptement une ulcération plus ou moins profonde sur ses deux faces.

L’existence du tissu cellulaire séreux rend compte des kystes qui se rencontrent dans l’épaisseur de la langue. Les vaisseaux artériels et veineux expliquent aussi la production des tumeurs érectiles de toute sorte.

Le cancer envahit très souvent la langue, et cela se comprend par la multiplicité et la variété des irritations qui l’atteignent. Plusieurs procédés sont employés pour extirper ces tumeurs. Ce sont : 1° l’excision, 2° la ligature, 3° la cautérisation, 4° l'écrasement linéaire (Chassaignac).

Le maxillaire inférieur, comme tous les os placés sous la peau, est plus exposé à la nécrose, qui se montre surtout chez les personnes qui travaillent le phosphore. Que la nécrose soit partielle ou totale, il ne faut pas trop se presser d’enlever le séquestre, parce qu’il sert en quelque sorte d’attelle au nouvel os qui se produit par le périoste resté intact. Si l’on enlevait le séquestre avant la production et la consolidation du nouvel os, on aurait un maxillaire inférieur trop élroit. M. Jordan (de Manchester), à qui je dois cette remarque, m’a communiqué un fait à l’appui de cette manière de voir. Du reste, toules les fois que l’on enlève une partie ou la totalité de l’os, il faut soigneusement conserver son périoste (Maisonneuve, Heyfelder). Le maxillaire inférieur peut être lo siège d’exostoses, de kystes, d’ostéosarcomes et de tumeurs fibreuses, de tumeurs à mycloplaxes et de tumeurs érectiles.

La plupart de ces tumeurs exigent l’amputation de la mâchoire inférieure. Cette opération, instituée par Dupuytren en 1812, comprend : 1“ la résection de la partie moyenne du corps ; 2“ la résection de toute la. portion horizontale ; 3° la résection d’une moitié seulement de la portion horizontale ; 4° la résection d’une des moitiés de l’os, à partir de la symphyse jusqu’au condyle et à l’apophyse coronoïde inclusivement ; 5° l’ablation de la totalité de l'os ; 6° la résection d'une portion plus ou moins étendue du rebord alvéolaire. Les vaisseaux et les nerfs qui peuvent être blessés sont le maxillaire interne, le facial, le lingual, le grand hypoglosse, le nerf dentaire, etc.

Cet os est susceptible de se fracturer dans toutes ses parties. Ses fractures sont obliques dans tous les sens, ou verticales. Elles sont souvent compliquées de plaies, de déchirures du périoste alvéolo -dentaire, qui les font communiquer avec l’air extérieur. Mais ici celte complication n’a pas les mêmes dangers que dans les autres organes.

Le maxillaire supérieur présente une vaste cavité communiquant avec les fosses nasales, c’est le sinus maxillaire dont les maladies nombreuses peuvent retentir du côté de la bouche. Ces maladies sont : les plaies, les abcès, les épanchements sanguins, les corps étrangers, les hydropisies, les polypes, la nécrose, les exostoses et les fistules. Les kystes du sinus maxillaire ont été décrits par nous pour la première fois, et nous avons montré qu’ils naissaient dans des glandes qui normalement existent dans la muqueuse de ce sinus. Toutes ces tumeurs, en augmentant de volume, avoisinent les os, et font saillie tantôt du côté de l'orbite, tantôt du côté des fosses nasales, tantôt vers les joues ou la cavité buccale, et souvent sur tous les points à la fois.

Les gencives sont souvent affectées d'inflammation (pandis) ou de tumeurs ( épulis ). Ces dernières sont ordinairement arrondies, saillantes, globuleuses, pédiculées, et sont facilement enlevées par l'excision Quelques-unes sont des cancers et affectent en même temps le périoste et l’os, et exigent une rugination de la mâchoire et quelquefois sa résection.

Les dents et le péiioste alvéolo-dentaire sont fréquemment le siège d’altérations dont l'étude constitue l’art dealaire.

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Figure 1. — Région ptérygo-iunxillaire.

A. Coupe de la peau limitant la région.

B Coupe du fascia sous-cutané.

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