‹ Atlas d'anatomie descriptive du corps humainChapitre 49 sur 65 · Tome 111. PI · texte numérisé non relu

Tome 111. PI

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{Suite de rexplicalion de la planche 3îi.)

qui a fait comparer la structure de la rate à celle des corps caverneux de la verge. Ces résultats sont entièrement artificiel#.

Indépendamment des nerfs et des vaisseaux qui s’y distribuent, la rate se compose de deux substances très-distincter : 1“ tes cloisons; 2“ le tissu propre, (ielui-ci, contenu dans les aréoles qu’interceptent les cloisons, se trouve naturelternent divisé en petites masses distinctes que je désignerai sous le nom de lobules de la rate.

Pour étudier les lobules, il faut se procurer une rate très-saine, provenant d’un individu mort de mort violente et de- 1 uis (luelqiics beures seulement. En dehors de ces conditions, l’examen peut réussir, mais il ne réussit que par hasard. On sépare un fragment du tissu de la rate, on l’étale doucement entre deux lames de verre, et on l’examine sous des grossissements de i5 à 20 diamètres. On voit alors le tissu sé décomposer en pi tites masses arrondies ou ovalaires, suspendues comme des grains de raisin au moyen d’un pédicule vasculaire et groupées autour des ramifications de l’artère splénique (lig. VI) ; ce sont les lobules de la rate, que plusieurs auteurs ont confondus avec les corpuscules de Malpighi. Ces loliules ont environ 2 millimètres de large.

Cliaiiue lobule est parcouru par des ramiticalions vasculaires, et renferme dans son épaisseur de vingt à trente petits corps globuleux ou ovoïdes, larges, chez l'homme., d’un cinquième de millimètre environ, et paraissant sous le microscope plus opaques que le reste du lobule. Ce sont les corpuscules de Malpir/hi, ou glomérules de la rate., qui, chez certains animaux, sont plus gros que les lobules de la rate de l’homme, et qui se reconnaissent alors très-bien à l’œil nu, à cause de leur couleur d’un blanc jaunâtre. Ainsi les lobules se composent de deux substances ; l® les glomérules, 2“ un stroma où se ramifient les vaisseaux. Ce stroma ne renferme pas de fibres véritables, maison y trouve des éléments librillaires de nature libro-plastique.

Les cloisons se composent principalement de tissu fibreux ; on y trouve aussi des éléments fibro-plastiques. 11 m’a paru qu’il y avait de plus, dans leur épaisseur, des glomérules analogues à ceux qu’on trouve dans les lobules.

Fig. VI. Plusieurs lobules spléniques disposés en grappe à l’extrémité d’une des branches de l’artère splénique (20 diamètres). — I, I, les lobules spléniques; 2, 2, les glomérules; 3, une branche de l’artère splénique; 4, 4, artères nourricières des lobules, larges d’environ un quinzième de millimètre.

Fig. Vil. Uéi lobule splénique isolé (26 diamètres), — 1, le lobule; 2, 2, les vaisseaux du lobule, ayant d’un vingtième k un trentième de millimètre de diamètre; 3, ’3, les glomérules ou corpuscules de Malpighi, ayant environ un cinquième de millimètre de large.

Fig. VllI. Un glomérule isolé (150 diamètres). — Ce glomérule est formé par la réunion d’un très-grand nombre de petits corps sphériques, larges d’environ 5 millièmes de millimètre : ce sont des noyaux qui constituent dans chaque glomérule une sorte d’épithélium nucléaire. 11 m’a été impossible de reconnaître l’existence d’une cavité au centre des glomérules. Le glomérule représenté sur cette figure faisait partie d’un lobule splénique, 'foutefois on trouve en dehors des lobules, dans l’épaisseur des cloisons qui interceptent les aréoles de la rate, quelques corps irrégulièrement disséminés et semblables, sinon par leur forme, au moins par leur structure, aux glomérules des lobules. L’un de ces corps est représenté sur la figure IX.

Fig. IX. L’un des glomérules des cloisons {\b0 diamètres). — Au lieu d’être libre, comme le glomérule des lobules, ce glornérule se continue, au moyen d’un pédiculi assez large, avec une masse nucléaire volumineuse, dunt la structure est la meme. — 1, le glomérule; 2, son pédicule; 3, la masse nucléaire avec laquelle il se continue.

Fig. X La boue splénique (540 diamètres). — La boue splénique est une pulpe de couleur lie de vin, résultant de la décomposition cadavérique du tissu des lobules. On y trouve par conséquent, confusément mélangés, les éléments des glomérules, ceux du stroma, et de plus les globules sanguins, blancs ou rouges, qui étaient contenus, avant le ramollissement, dans les vaisseaux des lobules. Pour l’étudier convenablement, il faut faire une section dans le tissu de la rate, et comprimer graduellement. Un voit alors sourdre la boue splénique à la surface de la coupe. On en prend une parcelle et on l’examine sous de forts grossissements.

La boue splénique renferme des éléments très-divers, dont les uns proviennent du sang, les autres des glomérules, et les autres du stroma des lobules. -—1,1, globules rouges du sang. C’est à eux que la boue splénique doit sa couleur. — 2, 2, globules blancs du sang, beaucoup moins nombreux. — 3, 3, noyaux provenant des glomérules. Ils sont en quantité innombrable et forment plus des trois quarts de la boue splérdque. Ils varient de 0“>«,004 à 0““,00C ; la plupart d’entre eux ont 0«‘ni,ü05, c’est-à-dire un deux-centième de millimètre. — 4 à 7, éléments jirovenant du stroma des lobules : — 4, noyaux munis d’appendices librillaires, et oll'rant la plus grande ressemblance avec les éléments fibro-plastiques ; ces appendices sont fréquemment roulés en cercle; — 5, corps fibrillaire allongé, sans noyaux, semblable aux fibres fibro-plastiques ; — G, une cellule renfermant plusieurs noyaux; — 7, noyaux libres, plus volumineux que les noyaux des glomérules, et paraissant appartenir au stroma.

STRICTIIRK Dl PA\CRÉAS ET DE LA RATE.

STHUCTUHE DU PAiNCRÉAS.

Fir. 1-V.

Le p’incréas est une glande en grappe ou glande acineuse. On voit déjà à l’œil nu qu’il se compose d un grand nombre de lobules, arrondis ou ovoides, larges de 2 à 4 millimètres et faciles à isoler par la dissection. De cliacun de ces lobules part un conduit excréteur de troisième ordre, qui se réunit obliquement aux conduits excréteurs de plusieurs lobules voisins pour constituer un conduit de deuxième ordre. Les conduits de deuxième ordre, à leur tour, vont se jeter perpendiculairement dans le conduit de premier ordre, ou canal de Wirsung, qui occupe 1 axe de la glande, ainsi qu on le voit sur la planche 34.

A la loupe, quelquefois même à l’œil nu, on reconnaît que chaque lobule a la forme d’une grappe, et se compose de huit à quinze petites masses arrondies, larges d’environ un millimètre, qu’on est tenté, au premier abord, de prendre pour des granulations glandulaires ou acini. Mais l’examen microscopique démontre que cette apparence est trompeuse. Malgré leur petit volume, ces prétendus acini sont de véritables lobules, que je désignerai sous le nom de lobules secondaires : ce sont des organes complexes, et chacun d’eux se compose d’un très-grand nombre de petites masses sphériques, larges de 5 à 7 centièmes de millimètre, qui sont les véritables acini. Chaque acinus enfin se compose d’une capsule amorphe, tapissée intérieurement d’une couche à’epithélium nucléaire, dont les noyaux arrondis ont environ 5 millièmes de millimèlre de large.

Un stroma fibreux ou cellulo-fibreux, où se ramifient les vaisseaux, unit entre eux les lobules proprement dits et les lobules secondaires qui composent chaque lobule. C’est à ce stroma que le tissu du pancréas doit sa grande résistance.

Fig. 1. Un lobule du pancréas, composé d’une douzaine de lobules secondaires (18 diamètres).

1, conduit excréteur du lobule, ou conduit de troisième ordre; 2, 2, couduits excréteurs des lobules secondaires, ou conduits de quatrième ordre; 3, 3, les lobules secondaires; 4, ie stroma fibreux.

Fig. 11. Lobules secondaires du pajiciéas (18 diamètres). — 1,2, deux lobules secondaires ayant chacun environ un millimètre de large; 3, stroma fibreux qui sépare ces lobules des lobules voisins. Chaque lobule secondaire se compose d’un grand nombre de très-petites sphères arrondies, étroitement pressées ies unes contre les autres ; ce sont les acini du pancréas. Quoique olfrant des contours assez nettement limités, les lobules secondaires ne sont pas entourés d’une membrane propre. Les nombreux acini qui les composent font saillie à leur surface, comme les grains d’une mûre.

Fig. 111. Acini du pancréas. Cette figure représente le bord de l’un des lobules secondaires de la figure 11. 150 diamètres. — On voit bien manifestement qu’aucune membrane commune n’enveloppe le groupe des acini. On n’a représenté qu’une très-petite partie du lobule secondaire, et cependant on peut compter sur la figure près d’une vingtaine d’acini. Chaque lobule secondaire en renferme plus d’un millier.

1,2, 3, plusieurs acini, ayant de 5 à 7 centièmes de millimètre de large. Chacun d’eux est limité par une membrane bien neite, et renferme un grand nombre de très-petits corps ronds, qui sont les éléments de l’épithélium glandulaire. Ces éléments seront mieux étudiés sur les deux figures suivantes.

Fig. IV. Acini du pancréas, grossis 540 fois. — De A en D, s’étend l’un des acini; C, un autre acinus empiétant sur le précédent, et le masquant en partie. — 1, membrane enveloppante ou capsule de l’acinus; 2, 2, les éléments de l’épithélium g andulaire, qui est nucléaire, c'est-à-dire exclusivement composé de noyaux. Ceux-ci, larges d’environ 5 millièmes de millimètre, possèdent chacun un nucléole, mais ne sont point contenus dans des cellules. Us ne forment pas un pavé régulier, ne se touchent pas e.xactement par tous leurs bords, et laissent entre eux de petits intervalles où l’on n’aperçoit que des granulations.

Fig. V. Épithélium nucléaire du pancréas, grossi 540 fois, et provenant de la même préparation. La capsule ou membrane enveloppante d’un acinus a été brisée, et l'épithélium qu’elle renfermait est devenu libre. — 1 , plusieurs noyaux encore unis ensemble et conservant la forme d’un pavé irrégulier; 2, un autre petit amas de noyaux; 3, 3, noyaux complètement isolés.

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