CALCULS BILIAIRES
3** Calculs composés surtout de cholates de chaux, ou encore d'acides gras libres ou combinés;
A** Calculs dans lesquels le carbonate de chaux prédomine.
Les calculs du premier groupe, ou calculs formés de matière colorante biliaire, ne sont pas ceux qui se rencontrent le plus souvent; toutefois ils sont peut-être les plus communs par ce fait qu'ils servent de noyau central, de point de départ au plus grand nombre des calculs appartenant aux autres groupes, et pour ce motif il convient de les étudier tout d*abord. Ils sont constitués, ou par la matière colorante jaune brun cholépyrrhine , ou par la matière colorante verte choléchlorine. Dissoute dans le chloroforme, la cholépyrrhine cristallise par Févaporation en prismes et en lamelles d'une couleur jaune brun ou grenat; ses cristaux sont insolubles dans Teau et dans l'alcool, peu solublesdansl'éther. La choléchlorine est insoluble dans l'eau, incomplètement soluble dans l'éther et le chloroforme, soluble dans l'alcool. Sa solution, d'un beau vert, est colorée en bleu, violet et rouge sous l'action de l'acide nitrique. Ordinairement ces substances, loin d'être pures, sont combinées ensemble ou mélangées avec des sels calcaires et notamment avec le carbonate de chaux. Des calculs de matière colorante sont. représentés fig. 8 «, ce sont des
FiG. 8.
concrétions de petit volume brunes et verdâtres, îrrégulières, à surface extérieure inégale, qui se tranchent sous l'ongle ou par le scalpel, et donnent lieu à une coupe lisse, brillante et d'apparence résineuse. En h se voit la coupe d'un calcul dont le noyau central seulement est formé de matière colorante et de corpuscules réfringents arrondis c, faisant effervescence avec l'acide acétique. La circonférence ou partie périphérique de ce calcul est composée de couches de cholestérine. Les calculs de cette espèce ne >ont pas très-nombreux; j'en ai observé une quinzaine de cas seulement, la plupart chez des buveurs d'alcool. Us sont d'ordinaire multiples, et remplissent une grande partie de la vésicule, qui renferme une bile peu colorée et visqueuse. L'irritation de la membrane muqueuse vésiculaire qu'ils déterminent semble indiquer qu'ils n'agissent pas uniquement comme des centres d'attraction sur lesquels viendraient se déposer la cholestérine .et les sels de chaux, mais que par leur action sur la muqueuse et sur la bile ils favorisent la formation des dépôts qui viennent les accroître. Il est rare que
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des accidents sérieux en soient la conséquence , tant que ces dépôts ne sont pas venus augmenter leur volume.
Les calculs du second groupe sont les plus redoutables, car, toute proportion gardée, ils paraissent déterminer les accidents les plus nombreux. La vésicule est leur siège ordinaire de formation, mais ils peuvent être entraînés dans les oanaux cystlque et cholédoque dont ils obstruent généralement le calibre. Ces calculs, quelquefois composés de cholestérine pure, renfennentleplus souvent dé la cholestérine mélangée à ta matière colorante biliaire. Les calculs de simple cholestérine ont une coloration blanche ou légèrement jaune , une Burfeoe cristalline, translucide et quelquefois transparente; ils acquièrent par la friction le brillant de la cire ; ils ont une cassure lisse et présentent h la coupe des lamelles miroitantes et radiées. Les concrétions de cette variété, rares et souvent isolées, peuvent atteindre un volume relativement considérable. — Les calculs, composés de matière colorante biliaire et de cho< lestérine, au nombre de deux ou trois, remplissent presque toujours toute la vésicule biliaire. De forme cylindrique, ils sont fréquemment articulés de telle façon que l'extrémité arrondie de l'un d'eux s'emholtc dans une sorte de cupule creusée sur l'extrémité de l'autre, comme
le représente la figure 9 A. Leur surface est d'ordinaire brunâtre, tantôt lisse, tantôt semée de petites saillies rugueuses répondant îi des espaces restés libres entre les papilles que leur présence développe à la face interne de la muqueuse. Plus nombreux, ils présentent des facettes multiples et re — vêtent une forme polygonale assez régulière si surtout ils ont uu volume à peL« près égal.
La cassure de ces calculs se fait remarquer par une diversité de cou — leurs d'autant plus grande que la matière colorante y est plus abondante
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Cette matière, qui occupe le centre de la concrétion, dont elle est presque toujours le point de départ, se trouve en outre fréquemment à la circonférence, oji elle forme plusieurs zones. L'espace compris entre ces zones et le noyau central est comblé par des lamelles radiées de cholestérine (fig. 9 B) qui se montrent sous le champ du microscope comme des cristaux aplatis et imbriqués (%. 9 G}. Au lieu d'un noyau brunâtre et fendillé, le centre des calculs desséchés présente dans certains cas une cavité irrégulière et anfractueuse, comme si le dépôt de cholestérine avait eu lieu au pourtour d'une masse de substance organique qui se serait peu à peu rétractée et aurait fini par tomber en poussière. Les calculs de cette espèce rappellent tout à fait les pierres qui, en géologie, ont reçu le nom de géodes. Moins denses que l'eau, les calculs de cholestérine brûlent en donnant lieu à une flamme blanche et laissent un résidu composé de carbonate de chaux, car ce sel leur est généralement associé en plus ou moins grande quantité.
Les calculs du troisième groupe , beaucoup plus rares que les précédents, sont formés par la combinaison des acides biliaires avec la chaux ; ils ont une coloration blanchâtre, et quand ils renferment de la matière colorante, ils présentent des zones concentriques, tes une.s blanches, les autres verdâtres ou brunâtres. De même que les calculs de cholestérine, ils peuvent avoir, comme le représente la figure 10 A, une cavité anfractueuse à leur centre. Dissoute
dans l'alcool, la substance qui constitue les zones blanches de ces calculs donne naissance h des cristaux qui ont la forme d'aiguilles prismaUques le plus sou- Tent entremêlées ou allongées et effilées à leurs extrémités, et qui sont composés de cholate de chaux (Cg. 10 B).
Les calculs formés par la combinaison de chaux et d'acides gras, plus rares «ncore, sont, au point de vue physique, peu distincts de ceux qui précèdent; mais leurs réactions chimiques ne permettent pas de les confondre. Un calcul «le stéarate de chaux fait partie de la collection du musée de Hunter (Catalogue «fcalcuti, part. II, p. 188, et pi. XVII, fig. 1). Frerichs et Taylor ont examiné
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des calculs en grande partie composés de margarale de chaux. Ces divers calculs sont toutefois plus fréquents dans la race bovine que chez Thomme.
Les calculs du quatrième groupe ne sont pas d ordinaire uniquement composés de carbonate de chaux ; car, à part un cas décrit par Marcet {Essay on calculons disorders\ toujours ce sel s'est trouvé mélangé ou combiné avec d'autres substances. Le plus souvent, le carbonate de chaux ne forme que l'écorce du calcul, dont les parties centrales sont constituées par de la matière colorante biliaire et de la cholestérine. Telle était la composition d'environ 60 calculs logés dans la vésicule d'un de mes malades. Ces calculs,quela figurell représente entiers ou sectionnés, sont plus légers que Feau, de forme
polygonale, du volume d'une féverole, blanchâtres et d'aspect nacré à leur extérieur. Ils sont formés : 1^ d'un noyau central de matière colorante ; 2« d'une couche blanchâtre de cholestérine ; 3^ d'une zone de matière colorante ; â* enfin, d'une épaisse écorce feuilletée et nacrée, faisant effervescence par l'acide acétique et presque tout entière composée de carbonate de chaux. Toutes ces couches sont parfaitement nettes sur les surfaces de section.
Ces variétés de calculs ne produisent pas des accidents toujours identiques; vraisemblablement aussi elles ne se développent pas sous les mômes influences, mais à cet égard il n'existe que des données incertaines. Il serait intéressant de rechercher les conditions étiologiques plus particulières à la formation de l'une ou l'autre des concrétions biliaires. A côté de l'âge avancé et du sexe féminin, qui sont regardés d'une façon générale comme des causes prédisposantes, on note la vie sédentaire, une alimentation azotée et l'abus des spiritueux comme des circonstances favorables au développement des calculs hépatiques; mais on ne dit nullement quelle est la variété qui se forme en pareil cas. Quoiqu'il en soit, tout ce qui apporte un obstacle à l'écoulement de la bile contribue au développement de ces concrétions.