‹ Atlas d'anatomie pathologiqueChapitre 40 sur 73 · HÉMORRHAGIE DES POUMONS · texte numérisé non relu

HÉMORRHAGIE DES POUMONS

pulmonaire est flasque et plutôt affaissé que saillant. Ces taches ne disparaissent pas par le lavage, et le parenchyme est un peu friahle à leur niveau. Les vaisseaux qui s*y rendent contiennent des caillots mous dont il s*échappe un liquide purulent; quant à la membrane ▼asculaîre avec laquelle ces bouchons sont eu contact, elle est un peu ramollie, teintée en brun, de sorte que raltération du parenchyme parait irradier du vaisseau. La muqueuse de Teslomac est ardoisée et légèrement mamelonnée. Le foie, les reins et les autres organes sont peu ou pas lésés.

Une femme est atteinte de gangrène sèche, et, au pourtour de llnfarctus gangreneux, il se produit un travail phlegmasique d'élimination ; les vaisseaux veineux s'enflamment et des parcelles fibrino-purulentes vont obstruer les branches de l'artère pulmonaire, où elles deviennent le point de départ d'une irritation qui donne lieu à des extravasats sanguins d'un rouge brunâtre. Distinctes tant par leurs caractères anatomiques que par leur condition pathogénique, ces dernières lésions ne se présentent pas, comme les précédentes, sous forme de gros noyaux apoplectiques fermes ou granuleux, mais sous l'apparence de foyers peu étendus, légèrement friables, traversés par des vaisseaux qu'obstrue quelquefois un coagulum purulent de petite dimension. Liés à la présence du caillot qui, par son contact, a altéré la paroi vasculaire et le tissu environnant, ces foyers ou infarctus emboliques diffèrent par leur nature des hémorrhagies des poumons produites par l'asphyxie et par les substances toxiques. Voici un exemple de ces dernières, qui intéressent principalement le médecin légiste :

Taches hémorrhaglqaes disséminées * la sarfaee des poumons el stéatose Pt* SI, fig. 3. de plnslenr^ organes dans un eas d'empoisonnement par le phosphore. — Un

jeune homme de ?ingt -trois ans meurt quatre jours après avoir avalé une dissolution d'allumettes chimiques. La plupart de ses organes sont affectés d'une dégénérescence graisseuse (▼oy. obs. LXXI, p. 88). En outre, les poumons, dont une portion est représentée planche 31 , figure 3, sont parsemés de taches sanguines superficielles peu étendues, rougeâtres ou noirâtres, selon la plus ou moins grande abondance de sang épanché. L'incision de ces taches laisse apercevoir en quelques points un petit caillot sanguin. 11 y a de plus une infiltration sanguine des parties déclives des poumons et des ecchymoses multiples sur les feuillets pariétaux des plèvres et sur les deux feuillets du péricarde. Les vaisseaux pulmonaires sont partout libres.

Il résulte de ce fait que l'empoisonnement par le phosphore peut donner heu à des extra vasions sanguines occupant de préférence le tissu sous-pleural et la périphérie des poumons. Le siège , le nombre et l'étendue de ces foyers les distinguent assez nettement des hémorrhagies dont il vient d'être question, pour que nous n'ayons pas à insister sur leurs signes différentiels. A côté du phosphore, il est un certain nombre de substances toxiques susceptibles de produire des hémorrhagies pulmonaires analogues ou semblables. L'arsenic et l'antimoine sont de ce nombre, et beaucoup d'autres poisons minéraux ou végétaux peuvent produire les mêmes effets ; aussi une étude sur cette matière serait-elle des plus utiles.

8i4 APPAREIL DE LA RESPIRATION.

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