PLEURÉSIES
La pleurésie, pas plus que la péritonite ou la péricardite, n'est une affection toujours identique à elle-même; susceptible de se développer sous des influences étiologiques diverses, elle a des caractères subordonnés à ces influences et constitue ainsi, non pas une individualité, mais des individualités multiples et distinctes. Envisagée à ce point de vue, cette affection exigerait une étude plus complète que celle que nous impose retendue limitée de ce travail.
Obs. CXCV. Plearésie hémorrhagtqoe. Abcè* osslflaents. — L..., âgé de quarante-huit ans, boulanger, est admis à THôtel-Dieu (8 juillet 4 863), venant de la préfecture de police. C'est un individu malheureux, débilité et amaigri, ayant une plaie de la jambe gauche avec altération de la partie inférieure du tibia, de l*empfitement dans la fosse iliaque du même côté et une tuméfaction des glandes lymphatiques de l'aine correspondaDte. Peadant un mois de séjour à Thôpital, ce malade s'affaiblit de plus en plus. Ses urines sont albumineuses, il est enfin atteint d'une pleurésie qui l'emporte, ri. si,flg.4et4'. Autopsie, — Les poumons sont œdématiés. La plèvre n'est pas altérée à droite; mais à
gauche, la moitié inférieure de sa cavité est occupée par un épanchement liquide séro-saDgmnolent, de teinte chocolat. Sa surface interne est tapissée dans presque toute son étendue par une fausse membrane mince, difficile à détacher, et de teinte rougeâtre ou opaline. CeUe fausse membrane, dont nous avons deux échantillons (pi. 31 , fig. 4 et 4'] provenant, l'un de Ja surface péricardique, l'autre de la surface diaphragmatique, est constituée par un exsudât composé de fibrine, de globules sanguins et d'éléments jeunes ou en voie de formation. Le cœur n*ést pas sensiblement lésé. Le foie et les reins sont un peu gras.
Le mélange de sang et de sérosité qui constitue ici Tépanchement pleural, est un fait rare dont il convient de rechercher les conditions particulières. Sans aucun doute, la coloration de cet épanchement est Teffet d'une exsudation sanguine ayant sa source dans les vaisseaux dilatés de la plèvre et en partie aussi dans la fausse membrane, comme l'indique la légende. Nous savons que des exsudations de môme nature se rencontrent aussi dans la péricardite et la péritonite, dont elles ne sont d'ordinaire qu'un simple accident. Mais en présence d'un malade atteint d'albuminurie et de suppuration osseuse, il est naturel de se demander si l'un ou l'autre de ces états pathologiques n'a pas contribué à produire la pleurésie. L'existence relativement fréquente de cette affection dans de la maladie de Bright,ses caractères mêmes portent à croire qu'il y a dansce le cours fait plus qu'une coïncidence, et qu'une relation causale réunit la pleurésie aux désordres des reins. Ainsi s'expliquerait la fréquence de l'inflammation pleurale dans le cours des affections des voies urinaires. Par conséquent, il y a des pleurésies primitives et des pleurésies consécutives. La pleurésie primitive peut être l'effet d'un traumatisme, apparaître sous l'influence d'un refroidissement, survenir dans le cours ou au déclin d'une maladie générale telle que le rhumatisme, la scarlatine, la fièvre puerpérale, etc. La pleurésie consécutive se montre, au contraire, dans le cours de la tuberculose de Tinfection purulente, des lésions des organes génito-urinaires, et d'autres affections encore qu'il serait utile de déterminer.