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PLANCHE VIII

Dans la plupart des altérations pathologiques décrites dans les chapitres précédents, dans les opacités cristallines, dans les affections profondes de la rétine et de la choroïde, l'examen subjectif de la vision, révèle la présence de points fixes, de lacunes du champ visuel irrégulières, pointillées, multiples, séparées les unes des autres. La forme de ces interruptions visuelles est quelquefois même tellement saisissante, qu'elles mettent immédiatement sur la voie de l'affection qui les produit. Mais chez bien des malades on ne trouve aucune lésion, et cependant ils accusent la présence de corpuscules flottants qui ne laissent pas de leur causer une vive inquiétude. Ces phénomènes connus sous le nom de mouches volantes ne sont autres que des phénomènes entoptiques très-souvent insignifiants, et produits par des corpuscules qui se trouvent soit à la surface de l'œil, soit dans les chambres oculaires.

Ces corps opaques réfractent irrégulièrement la lumière , et produisent une ombre sur la surface de la rétine. Ces phénomènes entoptiques qu'on peut d'ailleurs artificiellement provoquer sur soi-même portent le nom de Spectre perlé, Spectre aqueux, Spectre] globulaire. On les obtient tous en regardant la flamme d'une bougie située à deux à trois pieds de distance, à travers une petite carte uoire, perforée avec la pointe d'une aiguille fine.

Le spectre perlé est ordinairement transversal et très-rapproché de l'œil. Il est constitué par de petits globules sans noyau réunis en forme de filaments. Ces filaments sont entortillés, limités par deux lignes noires, au milieu desquelles est la chaîne de globules. Ces lignes sont mobiles en haut et en bas , et semblent en parties isolées, en parties réunies h d'autres formations. (Centre de la figure).

Le spectre aqueux est formé de plis, de petites bandes transparentes entourées de lignes obscures peu accusées. On le voit au bas du dessin.

Le spectre globulaire (partie haute de la figure), est formé de petits disques isolés, clairs au centre et â contours pâles ou sombres. Ils se présentent quelquefois réunis en groupe.

Quand on contemple les spectres ainsi produits, on remarque qu'ils sont situés chacun dans des plans différents, les uns derrière les autres. Ainsi le spectre perlé semble toujours le plus rapproché, puis viennent les globules isolés nettement limités , ensuite les globules mal limités ; enfin les spectres ou filaments aqueux qui sont les plus éloignés.

Tous ces phénomènes, qui prennent le nom de mouches volantes, troublent considérablement la vision ordinaire. Ils apparaissent à celui qui ne les examine pas attentivement , sous la forme de petits points noirâtres ou d'une légère pellicule grise comme l'aile d'une mouche, ou enfin de filaments grisâtres et demi-transparents semblables h ceux d'une toile d'araignée. Mais si le malade les regarde avec attention et discernement sur un fond blanc, un ciel clair, un léger nuage , sur de la neige, sur le sol, il peut reconnaître que ces mouches présentent les aspects précédemment décrits et représentés sur la figure. D'ailleurs, elles sont mal vues dans un jour sombre ou lorsqu'on regarde un objet noir ; il en est de même lorsqu'on fixe des objets rapprochés.

Les causes de ces mouches sont les ophthalmies, les maladies du cœur, l'hypocondrie, les veilles prolongées, les dyspepsies, la fatigue des yeux sur de petits objets , enfin toutes celles qui peuvent congestionner l'organe visuel et affaiblir l'irradiation de la rétine. La papille des malades affectés de mouches volantes est ordinairement contractée.

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