‹ Atlas d'ophthalmoscopieChapitre 3 sur 18 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Lorsque, en 1851, notre illustre physiologiste Helmholtz inventa l'ophthalmoscope à Kœnigsberg, j'eus le bonheur de lui être attaché en qualité de préparateur. C'est ainsi que je fus immédiatement informé par lui de sa précieuse découverte. Lorsque quelque temps après je me rendis à Berlin, j'y fis la connaissance de A. de Graefe, qui venait de faire les premiers pas dans sa brillante carrière. Avec lui, et sur ses malades, je pus faire les premières applications pratiques du nouvel instrument.

Gomme on s'avançait pas à pas, et avec une grande incertitude, sur un terrain encore tout à fait inconnu, le besoin se fit bientôt sentir de fixer par des dessins toutes les conquêtes nouvelles de cette science. II devint ainsi plus facile d'établir, par ces figures, une comparaison entre les faits déjà observés et les cas nouveaux qui se présentaient : les résultats fournis par les autopsies devinrent ainsi plus fructueux pour arriver à l'intelligence parfaite des données ophthalmoscopiques.

Les premières figures laissaient encore voir les défauts inhérents à un grossissement insuffisant. On n'observait alors ordinairement l'image renversée qu'avec une ampliation très faible , tandis qu'on ne se servait que rarement de l'im^age droite avec son champ visuel étroit, pour l'appréciation des détails. Bientôt, cependant, je reconnus qu'un fort grossissement de l'image renversée était indispensable, et qu'il est nécessaire aussi d'étudier l'image droite, eu égard aux variations qui sont dues, tant à la façon dont l'œil est éclairé, qu'à la manière dont on l'observe. Depuis lors, je pus représenter des portions plus étendues du fond de l'œil en en faisant ressortir avec soin les détails les plus déliés.

J'arrivai bientôt à réunir ainsi une collection de dessins qui, dans mes cours et mes démonstrations pratiques, me servaient à l'expUcation des idées émises et des faits présentés à l'observation, ou suppléaient aux cas dont je ne pouvais trouver l'exemple parmi les malades en traitement.

Quoique, depuis longtemps, beaucoup de mes collègues m'aient pressé de pubher ce recueil, je ne viens qu'aujourd'hui, après un travail de dix années, me conformer à leur demande. J'attendais que les études ophthalmoscopiques fussent assez avancées pour que cette branche nouvelle pût former une science parfaite et suffisamment définie.

Parmi le grand nombre de figures que j'ai dessinées, j'ai choisi les plus caractéristiques, au liombre de cinquante-sept, réunies en douze planches^ afin de pouvoir, avec une dépense relative-

ment modique, offrir le plus de matériaux possible. C'est dans le même but que j'ai abandonné la forme circulaire des figures usitée jusqu'à ce jour. Deux motifs seulement obligeraient à la choisir : représenter le champ visuel qu'on peut embrasser d'un seul regard, ou bien, figurer le fond de l'œil dans toute son étendue. C'est dans la première de ces conditions que se trouvent quelques-unes des planches pubhées autrefois. La seconde ne s'est pas encore offerte jusqu'aujourd'hui. La planche I de cet Atlas représente pour la première fois le fond de l'œil jusqu'à sa périphérie. Cette figure devait donc rester circulaire.

Dans les autres, la portion du fond de l'œil dont on s'occupe se trouve découpée sous une forme quelconque. Ainsi, il est possible, par exemple dans la planche II, de donner onze dessins du nerf optique, tandis que, d'un autre côté, dans la planche IV, fig. 1 et 2, planche IX, fig. 1, on voit les modifications du fond de l'œil représentées sur une étendue beaucoup plus grande qu'on ne l'avait fait jusqu'à ce jour.

Comme j'ai moi-même pris part à l'exécution hthographique, les originaux sont représentés avec la plus grande fidélité; et ces originaux, je les ai moi-même dessinés d'après nature, en évitant avec le plus grand soin tout ce qui pouvait être l'effet d'une conception idéale.

Je pubhe ces planches dans l'espoir qu'elles serviront aux professeurs d'ophthalmoscopie à faciliter leurs démonstrations et qu'elles seront un guide sûr et un secours puissant pour ceux qui s'occupent de cette science dans une sphère plus restreinte. Je désirerais aussi tout particuUèrement qu'elle fût bien accueillie par ces praticiens qui, sans faire de l'ophthalmologie une étude spéciale, désireraient se familiariser avec les maladies des membranes internes de l'œil, dépendantes de certaines affections générales.

C'est pourquoi le texte est disposé de façon que, tout en expliquant la planche, il résume tout ce qu'il est le plus nécessaire de connaître pour comprendre le' chapitre de l'ophthalmoscopie auquel elle se rapporte.

J'ai fait paraître ce texte en allemand et en français, dans l'espoir que ce travail sera accueiUi avec une égale faveur, et par les praticiens allemands dont je viens de me séparer, et par les médecins français, mes nouveaux confrères.

Paris, janvier 1863. ;

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