ET DU NERF OPTIQUE
Bien que la choroïdite syphiUtique puisse revêtir toutes les formes de la choroïdite disséminée et que par suite aucune d'elles ne caractérise absolument la nature spécifique de l'affection, elle se montre le plus souvent sous la forme représentée par la figure 2 de cette planche. La lésion est constituée par des taches d'infiltration petites, disséminées, disposées en groupes serrés et qui laissent, après leur disparition, de très profondes altérations de tissu. Ces macules, d'un blanc clair, bordées d'un liséré foncé, se détachent vivement sur le fond commun et ne montrent point de tendance à la fusion ; aussi demeurent-elles encore très marquées lorsque la choroïde a pris en général un aspect atrophique, tel qu'il se voit dans la figure 2. Les vaisseaux choroïdiens qui offrent, même dans le tronc veineux dessiné vers l'angle supérieur gauche de la figure, une réduction notable de leur cahbre, se dessinent pourtant d'une manière très tranchée.
L'atrophie de la rétine et du disque optique atteignait dans cet œil un degré que l'on a rarement l'occasion d'observer dans les cas de même nature. Dans sa forme, et surtout dans sa coloration, la papille offrait les caractères d'une atrophie très prononcée, et, même à l'aide d'un grossissement beaucoup plus fort que celui de notre dessin, on ne réussissait à découvrir sur cette papille que les minces vestiges de deux vaisseaux rétiniens qui se voient sur la figure 2. Dans tout le reste du fond de l'œil, on eût cherché vainement d'autres traces de l'existence de la rétine^ évidemment amincie au suprême degré.
11 arrive souvent, dans diverses formes de choroïdite, que la rétine présente un certain degré d'atrophie, causée^, soit par l'infiltration de pigment dans cette membrane, soit par l'adhésion qu'elle contracte avec la face interne de la choroïde. Mais on comprendra aisément que dans le cas représenté par ce dessin, il faille admettre une affection préalable et fort étendue de la rétine même, affection qui a eu pour résultat l'atrophie complète de la membrane nerveuse de l'œil. Il est probable qu'il s'agissait d'une rétinite syphihtique. Cependant il est bon de remarquer qu'en général, dans l'atrophie consécutive à cette forme d'inflammation, la dégénérescence fibreuse de la rétine se caractérise par un aspect trouble et strié de la papiUe (voy. pl. XI, fig. 3), aspect qui, dans ce cas, manquait absolument. On ne peut rien affirmer de certain à ce sujet, attendu que le malade ne se présenta à l'observation chnique qu'après la terminaison du processus inflammatoire.
Observation. — Les petites taches choroïdiennes occupent en réalité toute une zone circulaire du fond de l'œil ; nous n'en avons pu faire entrer qu'une section dans le champ de notre dessin, qu'il faut compléter en se figurant les mêmes altérations s'étendant tout autour du fond de l'œil, à distance égale du centre.
FlG. 3. — HÉMORRHAGIE CHOROÏDIENiNE près de la iMACULA EN VOIE DE RÉSORPTION.
Le sang épanché avait d'abord envahi toute la région de la choroïde occupée par la tache claire dans notre dessin. Tandis que la demi-lune rouge représente les restes de l'épanchement, le stronia, primitivement infiltré de sang, laisse déjà apercevoir une diminution de son pigment. Cette place claire est séparée de la portion environnante par un Hséré plus fortement pigmenté.
FiG. k- — RÉSIDIj d'un FOYER CIRCONSCRIT DE CHOROÏDITE SITUÉ AU COTÉ INTERNE DU NERF OPTIQUE.
Cette lésion est probablement le résultat d'un traumatisme. Dans la région de la tache claire, la choroïde n'est pas complètement atrophiée, car on y voit encore des restes de son tissu, ainsi que plusieurs vaisseaux, très amincis i\ est vrai. L'aspect marbré doit être attribué en partie aux restes du stroma, en partie à l'aspect naturel de la surface interne de la sclérotique.
La pigmentation plus abondante sur les bords de la locahté atrophiée, en ce qu'elle se compose d'un pointiUé noir , est due aux cellules épithéhales , nettement reconnaissables comme éléments isolés ; la coloration sous-jacente, d'un gris foncé, qu'on remarque surtout près du disque optique, provient des ceflules du stroma.
FiG. 5, — Exsudation choroïdienne dans la région de la macula avec altération peu commune
DES VAISSEAUX RÉTINIENS.
Dans un cas de chroroïdite avec infiltration de pigment dans la rétine, qui s'étendait à une partie assez nettement circonscrite de la moitié externe du fond de l'œil, on voyait, dans la région du pôle postérieur, une exsudation légèrement proéminente. A la suite d'un traitement mercuriel énergique, cette exsudation disparut en grande partie et laissa voir alors les taches pigmenteuses qui s'étaient formées au-dessous. Mais la turgescence des vaisseaux rétiniens, qui passaient par-dessus ce foyer, persista telle que notre dessin la représente. La forme singulière de ce petit vaisseau, à peine visible sous le même grossissement dans les circonstances normales, provient sans doute de ce qu'un certain nombre de ramuscules ordinairement imperceptibles, distendus fortement par suite de la stagnation du sang, sont devenus très distincts sur le fond blanc qu'ils traversent.