‹ Atlas de la flora alpineChapitre 2 sur 21 · AUX LECTEURS · texte numérisé non relu

AUX LECTEURS

Le Comité central du Cliil) Alpin allemand et autrichien ayant bien voulu me charger de faire une édition française de son superbe atlas des plantes alpines, j'ai entrepris la chose avec la conviction que je rendais, en ce faisant, un service à mes nombreux collègues, alpinistes de langue française, qui aiment à connaître les fleurs de la montagne. Le choix des planches coloriées n'est pas celui que j'eusse fait s'il m'avait été permis d'imposer ma volonté à la puissante association qui a édité ce travail. Il a été fait plus spécialement pour les Alpes orientales et les espèces propres aux régions allemandes et autrichiennes y sont plus richement représentées que celles qui sont spéciales aux Alpes occidentales, piémontaises ou suisses. La plupart des espèces cependant sont nôtres et plusieurs ont été peintes d'après des échantillons que j'ai récoltés dans les Alpes occidentales ou piémontaises. Ceci dit, l'iconographie que je présente aujourd'hui au public de langue française et anglaise — car nous avons ajouté les noms anglais des plantes pour les touristes anglo-saxons qui, d'ailleurs, connaissent presque tous notre langue française — est la plus complète qui ait encore éfé faite jusqu'à présent. Sorties pour la plupart des ateliers de la maison Nenke et Ostermaier à Dresde, ces planches représentent, tout au moins'^celles d'entre elles qui ont été faites d'après le nouveau procédé photographique de la maison et dont les noms, sur l'Index, sont précédés d'un astérisque, ce qui a été fait de plus exact jusqu'à ce jour. Qu'on examine, par exemple.

les planches 329, 337, 3oo, 3o6. 3o7, 361, qm représentent des espèces naines et touffues, que recouvrent des masses de tleurs impossibles à rendre par la peinture; qu'on considère les planches des espèces tomenteuses comme l'Edelweiss, les Artémises. les Achillées si difficiles à rendre par les procédés employés jusqu'à maintenant; qu'on examine surtout les superbes feuillages des planches 277, 255, 344, 345, 414, 404, etc. et l'on se convaincra que rien n'a encore été publié qui puisse se comparer à l'œuvre que le Club Alpin allemand et autrichien présente aujourd'hui au public. L'art et la science y ont contribué pour une part égale et Tonne peut que féliciter la grande association alpiniste d'avoir entrepris un travail aussi beau et aussi complet.

L'édition française ne s'est point inspirée du texte allemand qui, d'ailleurs. n"a pas encore paru et dont je n'ai pas eu connaissance. .l'ai tenu à classer cet atlas d'après nos auteurs et nos systèmes à nous et ai élaboré mon travail de la manière la plus populaire possible. Un livre qui s'adresse au public alpiniste ne doit point être pédant ni même scientifique: il doit être compris de chacun et c'est pourquoi l'on y trouvera, en fait de termes techniques, ceux-là seulement qu'il m'a été impossible d'éviter et dont, d'ailleurs, on a l'explication dans une table spéciale, à la fin du volume (voir vocabulaire).

Le classement des genres est fait d'après l'ordre de Yindex gênera phanerogamorum de Durand et les noms des espèces sont, autant que l'usage admis chez nous m'a permis de le faire, ceux donnés par l'Index Kewensis.

Je n'ai point fait de clé analytique parce que je sais combien ce système est odieux au public qui n'a pas acquis les premières notions de la science botanique : après avoir constaté le succès inattendu qu'a obtenu ma « Flore coloriée de poche » qui est faite dans le même esprit de vulgarisation, j'ai tenu à satisfaire les goûts du plus grand nombre. A vous, lecteurs qui

n'êtes point des savants niais des amateurs de la belle tlore alpine, dédire si j'ai eu raison et à vous aussi de le prouver en faisant connaître cette édition française.

l^n chapitre spécial a été consacré à la culture des plantes alpines dans les jardins, parce que ce côté là, trop négligé dans les ouvrages de ce genre, est important à traiter aux yeux des alpinistes de langue française et anglaise qui, de plus en plus, s'adonnent à ces cultures.

La fécondation des fleurs de l'Alpe par les insectes est également un sujet trop souvent négligé et auquel j'ai consacré quelques pages dans l'espoir d'intéresser mes lecteurs. Devant être bref — les éditeurs m'ont tracé des limites sévèrement définies — je n'ai pu décrire que les plus importantes d'entre les espèces qui ne sont pas représentées par nos planches coloriées. 11 existe tant de flores et d'ouvrages spéciaux sur les plantes alpines qu'on trouvera aisément ailleurs à compléter les renseignements qui manquent ici. D'ailleurs, le but de cet atlas n'est pas scientitique mais avant tout vulgarisateur.

Faire connaître et surtout faire aimer la tlore de nos montagnes, telle a été notre intention: espérons d'y avoir réussi en partie.

Je ne terminerai pas sans remercier le Club Alpin allemand et autrichien qui a eu la belle pensée de vouer au culte des fleurs alpines une aussi riche publication et sans le féliciter pour la beauté des planches sorties des ateliers de MM. Nenke et Ostermaier.

H. CORRKVOX.

(ienève, le 15 septembre 1898.

A Miss Willmott,

l'artiste qui a, mieux que tout autre, acclimaté les fleurs de l'Alpe, qui les aime et les connaît, qui les comprend et les poétise,

et à sa sœur. M''"" Berkeley,

ce petit travail est dédié en cordial hommage et en affectueux souvenir par

r auteur,

H. Correvon.

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