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Atlas de microbiologie

L’insuffisance du dessin, déjà si flagrante en anatomie descriptive et en histologie, devient telle en Microbiologie, que les planches les plus soignées n’ont servi bien souvent qu’à jeter la confusion entre des espèces parasitaires voisines.

Une épreuve photographique seule est susceptible de représenter avec précision la structure et la morphologie des infiniment petits. On y retrouvera les moindres détails, souvent presque inappréciables à l’œil aidé du microscope, mais qu’aura fixés, dans son exquise sensibilité, la plaque de gélatino-bromure.

Nous passerons successivement en revue les Mucorinées et les Moisissures qui infectent le plus souvent nos milieux de culture : les Àspergillus et les Pénicillum; — nous étudierons ensuite les Botrytis et les Teignes, — les Oïdium, — les Beggiatoa, — les Fusisporium, — les Cladothrix, — les Streptotrix et particulièrement l’Actinomycose, — puis les Saccharomycètes.

ATLAS DE MIGUOIilOLOGIE

Cette étude préliminaire, dont l’importance croît en Microbiologie depuis qu’on y différencie des espèces pathogènes de plus en plus nombreuses, nous conduit à la description des Microcoques, des Bacilles et des Spirilles.

Nous terminerons en représentant des parasites moins bien connus, tels que les Coccidies, qui, tout en s’éloignant du règne végétal pour atteindre les degrés les plus infimes du règne animal, n’en sont pas moins, en raison de leurs dimensions exiguës, du domaine de la Microbiologie.

Nos clichés ont été obtenus dans notre laboratoire privé, à l’aide des instruments les plus perfectionnés. Nos appareils optiques proviennent de la maison Cari Zeiss, d’Iéna ; les plaques sensibles orthochromatiques d’Otto Perutz jusqu’en 1892 et, depuis cette époque, les plaques isochromatiques d’Attout-Tailfer, fabriquées par la maison Lumière, , de Lyon, sont celles qui nous ont donné les meilleurs résultats.

Grâce à une série de dispositifs particuliers, nous photographions sans difficulté les préparations incolores, moisissures et levures. Les préparations colorées peuvent être indifféremment teintes en bleu, en violet, en rouge ou en brun.

Les teintes les moins photogéniques donnent d’excellents résultalsf'si l’on modifie convenablement l’éclairage de la préparation à l’aide d’une cuve remplie d’une solution plus ou moins concentrée d’acide picrique ou de bichromate d’ammoniaque. Nous employons de préférence comme source de lumière une lampe à arc de 60 volts, débitant 16 ampères.

Les tubes et les cristallisoirs ont été photographiés à la lumière du jour, dans le laboratoire de M. Rothier.

Avant de passer à l’étude des dilîérentes espèces microbiennes, nous sommes heureux d’adresser nos remerciements à tous les bactériolog istes qui ont apporté, chacun à une partie de notre ouvrage, leur précieuse collaboration: MM. les professeurs Cornil, Laveran, Nocard, Saiifelice, Macé; MM. Roux, Metchnikoff, chefs de service à l’institut Pasteur; M. Netter, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris; M. Nicolle, professeur de médecine expérimentale à Constantinople; M. le D" Tullio Rossi Doria, assistant à la clinique gynécologique de Rome; MM. Yvon et Berlioz; MM. Sabouraud, Bodin, Borrel, Cantacuzéne, etc....

Nous indiquerons l’origine de toutes celles des préparations figurées dans ce livre qui ne proviennent pas de notre laboratoire privé.

Tous nos clichés sont reproduits dans le texte, tout en étant tirés sur gélatine bichromatée.

Le lecteur appréciera les avantages de cette disposition sur les planches intercalées à part, telles qu’on les observe dans les publications analogues (Atlas de Frænkel et Pfeiffi'r, etc.).

C’est à M. Silvestre qu’appartient l’ingénieuse idée de réunir sur une même planche, et de tirer d’un seul coup le texte, primitivement typographié, et les figures, reproduites en pholotypie.

Le mérite de l’édition revient particulièrement à MM. Ruelf et C‘% qui n’ont reculé devant aucun sacrifice pour assurer à celte nouvelle publication toute la perfection et l’originalité désirables.

MUCORINÉES

Les Mmm-mées, qui affectionnent tout particulièrement les milieux sucrés, se développent également sur la gélatine peptone ordinaire. Le moût de bière, houblonné ou non, est leur milieu de prédilection.

PHYCOMYCES NITENS

' Phycomyces nitens (grandeur naturelle).

Nous figurons ci-contre une colonie de Phycomyces brillants, espèce remarquable par le développement de la tige ou pédicelle, qui peut alteindre 10, 15 et même 20 centimètres de longueur (fig. 1).

Un grossissement de soixante diamètres (fig. 2) nous montre le mode d’impiantation des sporanges sur le pédicelle. On devine, dans Tinté-

MÜCORINÉES

rieur des sporanges, l’existence des spores, qui sont encore dans le premier stade de leur développement.

180 diam.).

Les spores se laissent entrevoir figure 5, où Ton distingue leur forme ovale et la disposition régulière de la couche péri

Fi6. 2.

Sporanges de Phycomyces nitens (gr. 50 diam.).

La figure 4 représente l’aspect des spores ovalaires du Phycomyces

MÜCORINÉES

représente une colonie de Mucor spmoms sur l’agar-agar, au grossissement de 20 diamètres.

Nous représentons, figure C, un groupe de Mucor spinosiis au grossissement de 150 diamètres; on y observe des sporanges à tous les degrés de maturité. Les sporanges mûrs sont d’un noir intense.

Fig. 6.

Sporanges de Mucor spinosus (gr. 150 diam.).

A gauche du sporange le plus volumineux, qui se trouve en haut et sur la gauche de la préparation, une columelle mise à nu par suite de la déhiscence de la membrane d’enveloppe montre deux prolongements épineux terminaux qui ont donné lieu à l’appellation de cette espèce (Jôrgensen).

La figure 7 montre le développement d’un pédicelle sur les rameaux Siériens du Mucor spinosus, qui offre à ce niveau une cloison transversale. Le sporange, très jeune, est hérissé à sa surface de petites aspérités.

MUCOR RACEMOSUS

Le Mucor racemosus (fig. 8) est remarquable parle développement et les ramifications enchevêtrées des rameaux aériens. Ces rameaux forment,

la surface des liquides sucrés et des milieux de culture solides, non

Fig. 7.

Sporange jeune de Mucor spinosus (gr. 400 diam.).

plus des tiges droites comme celles du Phycomycea nitem, du M'iicor

mucedu ou du Mucoi^ spinosus, mais un paquet de filaments grisâtres où l’on remarque, à un examen attentif, de nombreux pédicclles surmontés

MUCORINÉES

chacun d’un sporange d’abord grisâtre, puis franchement noirâtre. Nous représentons, figure 8, trois de ces sporanges encore jeunes, qui laissent entrevoir leur contenu au travers de la membrane d’enve-

Fk. 9.

Sporanges jeunes de Mucor racemosus écrasés (gr. 160 diam.).

loppe. Cette membrane est plus résistante que celle du Mucor spinosus et se plisse après s’être rompue sous la pression de la lamelle.

On voit, figure 9, deux sporanges écrasés, ayant déversé leur contenu dans le liquide de la préparation.

MUCOR MÜCEDO

Nous figurons, page 14 (fig. 10), uii sporange de Mucor mucedo qui vient dè céder à la pression de la lamelle et déverse ses spores au dehors. Les pédicelles du Mucor mucedo sont blanchâtres, et atteignent 10, 15 et jusqu’à 20 millimètres de hauteur.

MUCOR STOLONIFER

Le Mucor stolonifer ou. Rhizopus nigricans (fig. 11 et suiv.) se développe avec rapidité sur les poires cuites, sur le pain imbibé d’une solution sucrée, etc., et présente cette particularité que ses filaments

ATLAS i)L MlCllUJMOLOGIIi;

iiériens (loniierit naissance à des prolongements de plusieurs cenli-

ITg. '10.

Mucor mucedo igr. Ifio diaiii.).

inèti'es, qui viennent se fixer, coinine le lierre à une muraille, sur les objets voisins; de ci's nouveaux i)oints d’altacbe s’élancent hienlùt autant de petits groupes d(.' coluinelles léililes.

Fig. 11.

Ithizopus nifinaais (.Mucor (gr. S diam.).

MÜCORISÉES

La figure 11 représente le couvercle d’un cristallisoir où se sont développés des bouquets secondaires de Rhizapiis nigricans.

Fie. 12.

Groupe de Mucor stolonifer (gr. 15 diam.).

Un de ces bouquets est reproduit, figure 12, au grossissement de 15 diamètres. Les sporanges se sont rompus au montage de la préparation.

Fig. 13.

Déhiscence du Mucor stolonifer (gr. 200 diam.).

A un grossissement de 200 diamètres (fig. 15) on remarquera mieux le mode de déhiscence du Mucor stolonifer, déjà visible sur la préparation

précédente. La membrane des sporanges, très résistante, se retourne en forme de parapluie et demeure adhérente à l’extrémité du pédicelle.

THAMNIDIUM ELEGANS

Le Thamnidium elegans est remarquable par son double mode de fructification. Autour d’un pédicelle central, porteur d’un sporange arrondi, se développent des sporangioles secondaires, portés par des pédicelles dichotomiquement divisés. Nos cultures de Thamnidium elegans proviennent du laboratoire du professeur Macé, de Nancy.

La figure 14 représente un sporange vide et un groupe de sporangioles secondaires photographiés dans l’air sans aucun artifice de préparation.

Il nous a été impossible de monter sousune lamelle, sans en détruire le groupement remarquable, les éléments àuîhamnidium elegans.

. La figure 15 démontre l’identité de structure des sporanges centraux

MÜCORINÉES

avec ceux des autres espèces de Mucorinées. On y remarque, au milieu

Fig. 15.

Groupe de Thamnidium elegans (gr. 70 diam.).

des sporanges principaux à divers degrés de maturité, deux groupes de sporangioles secondaires.

Fig. 16.

Sporangioie de Thamnidium elegajis {gr 100 diam.).

Nous avons représenté figures 16 et 17 deux de ces sporangioles secondaires. Le premier (fig. 16) est photographié dans l’air.

Le second (fig. \1) est monté dans l’acide acétique cristallisable. On y distingue le mode de ramification du pédicelle et le groupement des spores.

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