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TAXONOMIE DES TRICHOPHYTONS. — LES BOTRYTIS

A quelle famille de Mucédinées rapporter les trichophytons? Leur sporulation externe en grappe les rapproche nettement du groupe des Botrytis dont on connaît déjà des représentants Saprophytes (‘t parasitaires. (B. tenella, cinerea, Bassiana, etc....)

Le Botrytis Bassiana en culture n’est })as identique aux trichophytons. Son mycélium est plus hn, ses grappes sont composées de spores plus petites, etc. (fig. 147).

11 est impossible cependant de nier l’étroite parenté morphologique des Trichophylons et des Botrytis. L’agmination des spores en grappe,

LA TLKiM-; TlilCIIOI’IlVTloLL

leur p(HliciilG court sont aiilaiil do points de l•('ss(‘luld;m(!(' IVaiipanlc

(lig. 148 (d. 141)).

Fig. 147.

Botrtjiis Bassiana, culture en gautle de 6 jours (gr. 2ù0 diain.).

Faut-il ajouter que dans sa vie parasitaire le Botrytis de la nius-

Fig. 148. -

Bolnilis Bassiana, culture en goutte de G jours. Mise au point superticielle montrant le relief des grappes (gr.- 2u0‘-diam.).

KT LA TKIGNE SPKCIAI.E DE CRCüV.

cardiiie, commo les Jrichophytüiis daiisla vie parasitaire ne iiionlre (pie

Botrytis Bassiana, culture en goutte de 6 jours. Détail de la grappe (gr. 500 diaiii.).

des mycéliums grêles OU sporulés, mais jamais de spores externes comme

Fig. 150.

Trachée respiratoire d’un ver à soie, envahie par le parasite de la imiscardiiie.

dans la vie en culture. Ainsi le prouvée cette ligure (loû) (jni inontn le B. Bassiana A’égétant dans une trachée respiratoire de ver à soi(‘

LA TKir.NR Tr,l(;ilOI'IIYTiQi:|,’

LA TONDANTE A PETITES SPORES.-- mAI.ADIE J)E GRÜPY MICROSPOllüM AUDOUhl GRÜBY

Non seuleiiKMit ou cmyuil, jusqu’à ces dornicrs temps, à riiiiité du Ti‘icho})hyloii ; non seulcmenl on confoudail oiiln? elles les espèces de iricliopliytons endolhidx, el celles-ci avec les tricliopliylons animaux, mais dans le taldeau clinique gi-ossier de la Trichoi)liytie on conlbmlait uiu' antre mycose linmaine, toute dillereule, n’ayant avec

Fm. I.M.

['laques multiples <le tondante à petites spores de Grnliy, — après l'épilation.

la trichopliytie aucnne ressemblance, si ce n’est qu’elle attaque le cheveu : une mycose aussi dilTérente de ht trichophytie de tons sièges, dont nous venons de ptirler, que peut l’ètre le Farm.

Cette maladie esl plus fréquente que la teigne tondante tricliophylique. Elle attaque exclusivement le cheveu, et se cîiractèrise par des plaques couvertes de squames grisâtres (Pityri.asis alba parasitaire), plaques sur lesquelles les cheveux sont gris et décolorés. Ouand ces cheveux malades sont épilés, leur portion rtidicnlaire c.assée dans répiderme dessine une cocarde grise, qneb[uefois marquée en surface par un centre et un liséré rouge (lig. loi). Cette forme (ui cocîirde ne s’observe que sur les lésions larges de 4 centimèlres.

Le microsponim Audouïni (Grüby) qui cause celte tondante s[»éçiale

f:ï la teioe spéciale de grOby

spores extrêmement petites

tm Autlotüni a ut oui

Audoi

Ce parasite n’attaque pas rintérieur du cheveu comme le tricho))fivto)i

LA TKIO’E TRICIIOL'IJYTIQUE

endolhrix, il n’habite pas non plus exclusivement sa gaine lolliçulaire

L’enveloppe de spores du Microspormn Audouini après décortication du cheveu (gr. ÜÜÜ diain.L

comme le îrichophylon ectothrix; il forme autour de la partie radi-

t'iG. 155.

/licruxim-um Aitduuïni autour du cheveu (gr. 200 diain.).

ET LA TEIGNE SPÉCIALE DE GRÜBÏ

culaire et aussi de la partie aérienne du elieveu, dans la hauteur de 5 millimètres environ une gaine continue de spores (lig. 155).

De plus, sa direction n’est pas ascendante comme celle de tous les trichopliytons. Sa progression se hût au contraire en sens inverse de la croissance du cheveu, c’est-à-dire de haut en bas.

Quand par l’action de la potasse on arrive à décortiquer le cheveu de son enveloppe de spores pour mettre en pleine lumière les fragments de cette gaine {fig. 154), on peut voir que les spores du parasite sont agrégées Tune près de l’autre, comme les cailloux d’une mosaïque, sans former de files articulées distinctes (fig. 154 et 155).

Qu’on suppose une baguette enduite de colle et saupoudrée de sable lin. Tel est l’aspect du cheveu atteint par lemicrospomm Audo'uïni.

Ge parasite, admirablement décrit en 1845 par -M. Grüby sous le nom dé'microsponim Audouïni, fut nié pendant cinquante ans et scs caractères mievosco- ])iques confondus avec ceux des trichophytons.

Même au point de vue objectif, cependant, il s’en distingue, car sur une lésion non traitée, le cheveu qu’il entoure montre une gaine pseudo-épidermique de 5 millimètres de haut, au-dessus de Torilice pilaire, cuiimvdim iedu

i I • • cheveuaUeiiitde

G est la game parasitaire. MiampommAu-

Cette maladie est la teigne tondante cliniquement connue sous le nom de teigne rebelle. Elle n’atteint (- semailles), que le cuir chevelu de l’enfant et ne cause jamais ni lésion pilaire de la barbe chez l’adulte, ni lésion mycosique de Tongle.

Cultures .— Si l’on porte un fragment de cette gaine parasitaire sur les mêmes milieux de culture que nous connaissons, la culture sera tout autre que celle des trichophytons. Et d’abord on peut obtenir d’emblée des séries de cultures pures en partant du cheveu, sans rencontrer les associations cryptogamiques qui, dans les trichophyties, sont constantes (fig. 15(5).

lA im.m Tuiciioi'iivTioi !■;

(les s('iiieiu‘('s j)()i‘l(!(‘S iui Ibiid (run niîilr:is sur iiin'^('losr ;iii mkm'iI (1(‘ hirre doniK'nl des c'idliiivs loul ;i l'ail spdrialcs(lig. IbT. IbS, \l)[)y.

Fig. ir»?. Fig. 1Î)8. Fig. 1Î)U.

('.iiUiiiTS (lu MIcrosporiiin Audou'ini sur gi'lose au iiioùl di* liièrc, ‘2. ü et 4 semailles.

Klles sont caraclérisées par un l)Oii(iuet de diivel (•entrai parlaiteinent Itlanc, antonr duquel se formenl peu à peu nin; série de eercles coneeniriques duveteux, séparés par des cercles glabres.

Si l’on porte C(‘s seuieiic(îs sur la gélose peploiie lualtoséci (loruiule

Fig. i()0. Fig. 161.

Cullures du Microsporum Audoiiini sur milieu (r('‘i)reuve (5 et 4 semaines).

11 “ “2) iiiilieu d’épreuve, la culture doirue lieu à un lapis duceteiix d’uii blanc grisâtre, amiaiitacé, le plus souvent marqué au ceiiire par un ombilic duvelcux saillant (fig. 100, 161).

La culture d’un grand nombre d’i^xemplaires de celle mycose permet de distinguer sur ce milieu d’épreuve qmdques variétés (iiii si'inbleiil

90 L.V ÏEKiNE TIIICIIOPIIYTIQUE

Col 1(3 innla(li(‘ (jiii ne so rencontre chez l’homme (jiie dans renfance et seulement au cuir chevelu sous la forme de tondanle, existe aussi cIk'z le cheval, et de nmme pendant les premi('‘rcs aniK'es. C’est l’herp(''S contagieux vulgaire des poulains (tig. 106, 167).

Les dillercnces héréditaires de la culture é(|uine et de la culture humaine permettent de croire que ce sont deux espèces distinctes d’un même groupe botanique. En vieillissant, la culture éqnim' qui forme un lapis grisâtre, s’enlonre d’nn cercle de duvet saillant et blanc (ng. 167).

Mycologie — Taxonomie

■Vu point de vue botani(jue, le microsporum Audouini est absolument

Fig. 108.

Naissance du mycélium jeune du Microsporum Audouini eu culture (gr. 2U0 diam.).

distinct des trichophylom. Ce n’est pas un Botrytis, sa fructilication n’est pas la grappe. D’abord son mycélium n’est pas régulier comme celui des trichophytons, il est fuselé et massué (fig., 168), chaque cellule mycélienne présentant un renflement, en sorte que quand la

ET LA TEIGNE SPÉCIALE DE GliÜBY.

ciillui'G est adulte, tous ses lilauieiils mycéliens sont régulièrement moiiilirormes (11g. 109).

Fig. 1G9.

-Mycéliiuii aclulle du Microspomm Audouïni en culture (gr. 250 diain.).

Qiia-ud la culture vieillit, autour de certains points du mycélium, il se

fr^.

Fig. 170.

Jlycêliiun vieilli du Microspomm (gr. 500 diain.).

i,.\ ïi':[(;>'E Tiiiciioi'iiYTiQUi':

Ibrine, comme de Im mousse sur iiiu; hraiielie, des eirrlies ou a mas gelât ineuxuupeujauuàtresqiieleuioiitageilela pré|)aralioiidissocie(lig. 170). \près quelques jours, si !(' milieu nulrilir de la culture en goutte

Fig. 171.

Premières ébciuches des organes de Iruelilication (gr. 20U diam ).

est bien favorable (azote albuminoïde el sucre), on voit naître au pour-

* Fie. 172.

Premières ébauches des orgaiies’de Iruclification (gr. 2Ü0 diam.). tour de la culture des rameaux mycéliens qui ne sont plus monililbrmes mais grêles et élancés, conlournés en tous sens (tig. 171 etH^).

ET U TEKi.NE SPÉCIALE T»E GP.ÜBV.

Dans la plupart des cidtiii'es, ces raïueaiix qui sont le (léiuil di* ioi-

Fig. 175.

Apparition des denticules sporifères (gr. 200 diarn.).

matioii des hyphes sporitëres ne fructifient ])as, et la culture s’arrête à ce point de son déA'elojipement.

Fig. 174.

Sporulation externe complète (gr. 250 diam.).

Mais le A'égétal, quand les conditions de friictiücatioii lui sont plus propices, forme sur ces rameaux contournés des organes .spéciaux sporifères.

LA TEIGNK TIUCIIOPIIVTIQUH

Stii' ini aeul côlé de ces ramean.r^ luiisseiit |)ai‘ des exci'oissanees ress<‘iii])]aiit aux dents d’un peigne (lîg. 173).

Sur ees excroissances prennent naissance les spores exiernes, une sur chaque denticule; ces s|)ores sont très sessiles, et d’nne extrême fragilité (fig. 174).

La place botanique du mkrosporim Audouuü est discutable. Je ne crois j)as qu’aucun système analogue (hy[)he sporifère pectinée) ait été décrit j)arini les Mucédinées. En tous cas cette fornie n’a rien de commun avec la grappe des Tricliophytons et des Botrylis.

Et C(‘tte démonstration botanique appuyant la dillérenciation fondée sur rexamen microscopique et la culture permet de séparer nettement et définitivement la teigne à petites spores de toutes les tricliophyties étudiées plus haut.

iiiitrie ].Aifci!i:, !), riio ilc à l'jiris

LA TEIGNE PAVEUSE

Le Favus, comme nous l’avons signalé plus haut, a été confondu jusqu’au commencement du siècle avec les maladies les plus diverses du cuir chevelu, sous les noms génériques de Teigne, puis de Porrigo.

La contagiosité de la « Tinea vera » de Lorry fut reconnue bien avant sa nature parasitaire, puisque ce n’est qu’après la découverte du champignon de la Muscardine, le Botrytis Bassiana, en 1835, que Schœnlein et Grüby entrevirent les parasites du Favus (1839) et des Teignes tondantes.

La division des dermatoses en dermatoses simples, ce qui signifie uniquement que la cause en demeure encore inconnue, et en dermatoses- parasitaires, permit enfin de consacrer, par la différenciation des parasites, la spécificité du Favus, déjà entrevue cliniquement depuis les travaux d’Àlibert et de Biett.

Le Favus, de même que la Trichophytie, peut atteindre les ongles (onychomycose faveuse) et lés parties glabres.

Comme les Teignes tondantes, il est une maladie de l’enfance.

Nous allons étudier avec le D' Bodin les parasites qu’il a isolés de divers cas de Favus.

L’étude de YAchorion Schœnleinii, au point de vue morphologique, est moins avancée que l’étude du Trichophyton tonsurans.

VAchorion Schœnleinii n’a pas encore sa place désignée dans la classification des infiniment petits.

Les recherches du lY Bodin nous font entrevoir toutefois la solution prochaine de cet intéressant problème : YAchorion Schœnleinii, loin de demeurer un type unique et indivisible, tend, comme le Trichophyton, à devenir le nom générique de toute une variété de parasites, auxquels correspondraient, chez l’homme et les animaux, autant de Teignes faveuses différentes.

ATLAS DB MICROBIOLOGIE

L’ACHORION SCHŒNLEINII

Dans le cheveu, le parasite du Favus occupe toujours une étendue assez considérable et se montre composé de mycéliums et de spores mycéliennes.

Le champignon habite l’intérieur même du poil, sans le remplir

Fig. 175.

Cheveu favique (gr. 250 diam.).

complètement. La direction générale de ses éléments est celle du cheveu, mais les mycéliums présentent des directions variables et irrégulières et peiivent faire avec Taxe du poil un angle plus ou moins ouvert, qui atteint quelquefois l’angle droit.

Parmi les tubes mycéliens, il en existe de très petits, sans trace de division ; les plus nombreux sont assez volumineux et divisés en spores rectangulaires.

FAVÜS

Les spores l'orinent, soif des chapelets, soit de petits amas irréguliers provenant de la division des tubes mycéliens.

Elles sont inégales, toutes quadrangulaires ou anguleuses, et ne présentent jamais la forme arrondie. Ce fait est de la plus haute importance et permet de distinguer sûrement dans le cheveu YAchorion du Trichopliylon.

Le groupement de YAchorion Schœnleimi est très évident dans la ligure 175, où l’on remarque combien la répartition en est irrégulière.

Le cheveu représenté fig. 170 a été mis au point de manière à bien faire voir le double contour des éléments parasitaires, qui sont, dans cette préparation, colorés à l’éosine.

La division des mycéliums se fait par tri et tétratomie, de sorte qu’un rameau mycélien, en se divisant, figure grossièrement des tarses.

L’examen d’un godet favi(|ue sur une coupe parallèle à son axe y montre les mêmes éléments, ils y sont plus tassés que dans le

cheveu et présentent une disposition en forme de cône à sommet inférieur qui, sur une coupe verticale, donne grossièrement la figure d’un éventail (fig. 177).

li’examen microscopique du champignon dans le cheveu et dans le godet ne saurait suffire pour son étude. 11 faut donc l’isoler et le cultiver sur des milieux nutritifs artificiels.

Pour faire des cultures (ÏAchorion Schœnleinii, le premier point est d’avoir un milieu remplissant certaines conditions bien déterminées. 11 faut aussi qu’on puisse le fabriquer toujours d’une façon rigoureu-

Coupe d’un godet favique (gr. 700 diam.).

sement identique. Ce détail est essentiel en raison des variétés d’aspect que revêtent les cultures d’un même champignon sur des milieux nutritifs présentant des variations qualitatives ou quantitatives même légères. 11 faut, en outre, que ce milieu contienne des éléments nutritifs favorisant le développement rapide et intense du parasite.

11 est probable que, sur un milieu lui convenant parfaitement, YÀchorion donnerait des formes de reproduction spéciales; mais actuellement ce milieu est encore inconnu.

Ce que l’on sait, c’est que ce champignon utilise surtout les matières albuminoïdes. C’est avec des milieux peptonisés à fortes doses (|iie

FAVÜS

nous avons obtenu les meilleurs résultats. Sur l’agar peptonisé à 5 pour 100, et de réaction légèrement alcaline, les cultures nous ont toujours montré leur maximum de développement.

Les matières sucrées ne sont aucunement utilisées par le cham-

Fig. 178.

Culture d’une variété d’Achorion

sur agar au moût de bière.

Fig. 179.

Culture d’une variété d’Achorion

sur agar peptonisé à 1 "/o-

Fig. 180.

Culture d’une autre variété d’Achorion

sur agar peptonisé à 1 7o.

pignon ; leur addition aux milieux de culture est donc inutile. Sur le moût de bière, par exemple, FAchorion végète avec peine.

Il suflit, pour constater cette particularité, de comparer la fig. 178

Fig. 181.

Fig. 182.

Même culture que fig. 179, transportée sur agar peptonisé à 5 “/o.

Même culture que fig. 180, transportée sur agar peptonisé à 5 7 ..

(culture sur moût de bière) aux figures 179 et 180 (cultures sur agar peptonisé à 1 7o)» et enfin aux cultures les plus vivaces, fig. 181 et 182 (cultures sur agar peptonisé à 5 7o)*

Sur la pomme de terre, la culture des diverses espèces d’Âchorions est facile ; ils s’y développent rapidement et avec abondance.

Sur Tagar-agar peptonisé à 2 7o* oo peut donc obtenir des cultures d’Âchorion, mais ces cultures ne demeurent bien vivaces que si on les transplante sur un milieu plus riche.

Les cultures de Favus ne présentent jamais un aspect analogue à celui des cultures des divers Trichophytons. On en jugera en se rapportant au mémoire du D' Sabouraud et en comparant les figures 183 et 184, qui représentent, sur agar peptonisé à 27o» l’une une cul-

Fig. 183. Fig. 184. Fig. 185.

Culture directe d’un cas Culture comparative Culture

deSycosistrichophytique du sur pomme de terre

phlegmoneux, Favus du Chien d’un Achorion

d’origine équine probable (Nocard). d’origine humaine.

(Doyen).

ture directe d’un Sycosis trichophytique phlegmoneux, culture importante en ce sens qu’elle démontre, chez l’homme, les propriétés pyogènes de ce Trichophyton, d’origine équine probable, l’autre figurant une culture sur le même milieu du Favus du Chien.

Les cultures en séries nous ont conduit à plusieurs conclusions du plus haut intérêt.

Si l’on étudie plusieurs cas de Favus en faisant des cultures ;omparatives, on est frappé de deux faits qui ont une analogie emarquahle avec ceux que l’on observe pour les Trichophytons :

FAVÜS

1“ A côté de l’Achorion végètent habituellement divers commensaux;

2“ La diversité d’aspect des cultures en série d’Achorions de diverses provenances paraît correspondre à des espèces cryptogamiques différentes.

1® Associations Cryptogamiques

Dans toutes les cultures faviques, même dans celles qui semblent

Culture d’Achorion montrant le début du développement d’un commensal sous forme de très petites colonies blanches.

primitivement les plus pures, on voit, au bout d’un certain temps, apparaître des colonies d’un champignon différent.

Fie. 187. Fig. 188. Fig. 189. Fig. 190.

Cultures de diverses variétés d’Achorions Variétés de commensaux des cultures

sur pomme de terre. d’Achorion isolés sur agar peptonisé à 1 %•

Ce fait, que vient de signaler Kral de Prague, est analogue à celui

que l’on observe clans les cultures des Trichophytons à grosses spores.

Les nouvelles colonies diffèrent absolument des cultures faviques. Leur aspect est tout autre et leur manière de se comporter vis-à-vis des milieux nutritifs est absolument inverse : sur les milieux sucrés ils poussent avec activité, tandis qu’ils végètent sur les milieux

Fig. 191. Fig. 192. Fig 193.

Commensal des cultures faviques Le meme, sur agar peptonisé Le même, sur agar peptonisé sur agar au moût de bière. à 1 %• ® ^ V»*

azotés et s’y développent d’autant plus mal que la proportion de matière azotée est plus forte (fig. 191, 192 et 195).

(Comparer les cultures d’Achorion, fig. 178 à 182).

Commensal des cultures

faviques sur Achorion Schœnleinii. Achorion Euthytrix. Achorion Aiakton,

pomme de terre.

Le rôle de ces champignons est encore complètement inconnu, mais tout porte à croire que ce sont de simples commensaux.

FAVUS

2“ Variclén de Favus

Le second fait important c’est que, sur un môme milieu, plusieurs cas de Favus donnent des cultures très différentes. Ces différences persistent sur tous les milieux et, môme après une longue série de

Fig. 198. Fig. 199. Fig. 200. Fig. 201.

Types de variétés d’Achoriua sur agar peptonisé à 5 %.

passages successifs, demeurent irréductibles les unes aux autres,

Fig. 202 Fig. 203. Fig. 204

Types de variétés d’Achorion sur agar peptonisé à a “/o-

Ces différences caractérisent-elles des espèces distinctes d’Achorion ou bien correspondent-elles simplement à des variétés d’une même espèce? La solution de ce problème ne peut encore être donnée d'une manière définitive, mais la similitude des réactions des Aeborions

(le provenance variée (Homme, Chien, Chat, etc., etc.) sur les milieux nutritifs d’une part, la ressemblance d’aspect et ruuiformité cliiiicpie des diverses espèces de Favus d’autre part, semblent appuyer la première hypothèse.

Fig. 205.

Favus de la poule sur agar peptonisé à 5 °/„.

MM. Unna et Neebe ont isolé un certain nombre de variétés d’Achorion et leur ont donné des noms spéciaux. Nous avons reproduit fig. 195, 196 et 197 plusieurs de ces champignons cultivés sur agar peptonisé à 5 pour 100. Nous avons pu nous-mème, en étudiant une cinquantaine de cas de Favus, en isoler quelques-uns dont les principaux types sont représentés page 103 (fig. 198 à 204).

Enfin, à côté des variétés précédentes, il yen a d’autres qui ont reçu une dénomination spéciale, telle que : Favus du Chien, Favus de la Poule, Favus de la Souris, en raison de leur fréquence chez certaines espèces animales. M. Nocard, l’éminent Professeur de l’École Vétérinaire d’Àlfort, nous a conlié toute une série de cultures d’Achorion, provenant de son laboratoire. Le Favus du Chien a été étudié tout particulièrement par MM. Coslantin et Sabrazès. 11 ne faudrait pas dédiiiic toutefois de ces appellations que ces variétés d’Achorions ne puissent se rencontrer chez l’homme et soient spéciales aux espèces animales chez lesquelles on les a primitivement observées.

Fig. 206.

Oospora canina (Costantin-Sabrazès) sur agar peptonisé à 5 ’/o-

FAVUS

Une longue série de culture sur des milieux artificiels et l’inoculation d’une espèce animale à une autre peuvent seules résoudre celle question im[)ortanle de la multiplicité des « Teignes Faveuses ».

Fig. 207.

Appareils conidiens des cultures de Favus (gr. 250 diam.).

Fig. 208.

Appareils conidiens des cultures de Favus (gr. 500 diam.).

Le mode de reproduction du champignon n’est connu que dans le cheveu et dans l’épaisseur des éléments épidermiques.

Chez les sujets atteints de Teigne Faveuse, VAcliorioji Schœnleinii se reproduit par spores mycéliennes.

Oïdies dans une vieille culture de Favus (gr. 500 diain.).

Sur les cultures, on n’observe jamais de ces fructifications externes si remarquables qui ont fait rentrer les Trichophy tons dans V espèce Botrytis.

Formes de reproduction en bouquets de quelques cultures de Favus (gr, 150 diam.}.

FAVUS

On constate simplement pendant les premiers jours une ramification irrégulière du mycélium, puis vers le quatrième jour on voit se former, à l’extrémité des rameaux terminaux ou sur les rameaux latéraux, des renflements arrondis orésentant un double contour (lig. 207 et 208).

Ces appareils conidiens ne tardent pas à se multiplier.

Si on laisse vieillir les cultures, on ne rencontre plus au bout d’un certain temps que des oïdies arrondies d’un volume variable (fig. 209). Ces éléments se montrent isolés ou bien se groupent bout à bout en forme de chapelets.

Fig. 211.

Forme de reproduction en bouquet de quelques cultures de Favus (gr. 800 diam.).

Il est évident que les spores mycéliennes et les formes oïdiennes ne constituent pas le mode de reproduction parfait du Favus. La sporulation externe de l’Achorion est encore à découvrir, d’où l’incertitude de sa place définitive dans la classification des champignons.

Il est en effet impossible de considérer comme des organes parfaits de fructification externe les éléments- représentés figures 210 et 211.

Ces sortes de bouquets, portés par une hyphe terminale, nous semblent être le rudiment d’un appareil reproducteur externe dont nous n’avons jamais obtenu le complet développement.

PITYRIASIS VERSICOLORE

Le Pityriash tersicolore est une maladie bénigne de la peau qui

Fig. 212.

Microsporon ftirfur dans les squames épidermiques (méthode de Gram) (gr. 200 diam.).

Fig. 215.

Microsporon furfur dans les squames épidermiques (méthode de Gram) (gr. 500 diam.).

PITYRIASIS VERSICOLORE

se caractérise par des taches jaunes ou jaune-brun. Ges petites lésions sont tantôt isolées, tantôt réunies en groupes confluents, et elles

Microsporon fur fur dans les squames épidermiques (méthode de Gram) (gr. 500 diam.).

peuvent envahir dans certains cas d’assez larges surfaces sur le thorax, qui est leur siè^e de prédilection.

Fig. 215.

-Nid de spores du Microsporon urfnr méthode de Gram) (gr. 500 diam.).

La véritable nature du Pityriasis versicolore ne fut connue

qii’en 1840, époque à laquelle Eischleidt découvrit dans les lésions le champignon auquel on donna le nom de Microsiporon furliir.

Spores et mycéliums du Microsporon furfur (méthode de Gram) (gr. 500 diam.)«

Dans les squames épidermiques, qui seules contiennent le parasite, le Microsporon furfur se présente sous la forme de mycéliums et de

Fig. 217.

Spores du Microsporon furfur colorées à l’éosine (après l’action de la potasse) (gr, 500 diam.).

spores. Ces éléments sont toujours en très grande abondance, aussi leur recherche est-elle très aisée.

PITYRIASIS VÇRSICOLORE

Les mycéliums sont courts, irréguliers, dirigés dans tous les sens, peu ramifiés, non segmentés et ne contiennent pas de spores.

Sur les parties latérales ou à l’extrémité des mycéliums se voient des amas ou « nids » de spores.

Ces amas, plus ou moins abondants, sont composés de spores inégales entre elles, mais toutes parfaitement rondes. Elles présentent un double contour très net dans les préparations colorées à l’éosine après chauffage dans la solution de potasse à 40 pour 100, suivant la méthode de M. Malassez (fig. 217).

Avant de traiter les squames épidermiques par la potasse en solution concentrée, M. Malassez conseille de dissoudre les gouttelettes graisseuses qui les imprègnent par un séjour de plusieurs heures dans un mélange à parties égales d’Éther à 65° et d’Alcool absolu.

Le Microsporon furfur se colore parfaitement par la méthode bien connue de Gram (fig. 212 à 216).

ÉRYTHRASMA

chtunpigiioii de l’Érythrasma (Microsporoii minulmimum de

Fig. 219.

Microsporon minidissiiniim (méthode de Gram) jqqq jj,

ERÏTHRASMA

Burchkardt), se montre, dans les squames épidermiques, sous la forme d’éléments extrêmement petits.

Fig. 220.

Amas de spores du Microsporon minutissimum {méthode de Gram) (gr. iOOO diam.).

Les mycéliums sont courts, peu ramifiés, dirigés en tous sens comme ceux du Pityriasis versicolore et ne contiennent pas de spores.

Fig.- 221,

Microsporon minutissimun dans les squames épidermiques (méthode de Gram)

(gr. 1000 diam.).

Ces dernières forment des amas très irréguliers d’aspect et de dimen-

sions : elles sont inégales entre elles et n’onl pas toujours la forme arrondie.

La disposition de ces éléments rappelle beaucoup celle que l’on observe dans le Pityriasis versicolore, mais il est facile de voir, aux seules dimensions, que le Microsporon minutissimum se distingue nettement du Microsporon fur fur.

L’exiguïté très grande du parasite exige donc toujours dès recherches microscopiques à de forts grossissements.

On trouve aisément et en abondance le Microsporon minutissimum dans les lésions qui constituent la maladie. Ces lésions sont des taches arrondies»et à contours bien nets, de couleur rouge pâle ou brun foncé. On les observe tout particulièrement à la face interne des cuisses et dans les plis inguino-scrotaux. C’est une affection beaucoup plus fréquente qu’on ne pourrait le penser, mais d’une bénignité absolue.

Le Microsporon minutissimum, comme le Microsporon fur fur, se colore par la méthode de Gram.

oïdium

Les Oïdium sont des champignons inférieurs d’une structure très simple. Les microbiologistes ne cultivent guère sur les milieux artificiels que deux espèces d’Oïdium : Y Oïdium luteum et Y Oïdium lactis. Nous décrirons ce dernier en raison de sa diffusion dans la nature.

oïdium lactis.

VOïdium lactis est ainsi nommé parce qu’il est un des Saprophytes

du lait. Nous représentons fig. 22*2 le mode de développement des tilaments mycéliens à la surface d’une plaque d’agar-agar.

Le mycélium présente de nombreuses cloisons et se ramifie en forme de fourche. La croissance de YOïdinm lactis est beaucoup plus rapide sur les milieux liquides.

Les filaments mycéliens prennent alors en vingt-quatre heures un développement considérable, et on observe déjà au bout de ce temps

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la pi’oduclioii dos spores car;iclérisrK|ues de l’espèce Oulium

Fig. ^23

Oulium laclis. Chambre humide Cullure de 24 heures (400 diam ).

Les spores, sur la figure '^'20, ont été dissociées par la simple application de la lamelle.

Fig. 224

Oïdium lactis. Culture sur agar-agar (150 diam.).

La figure 224 est destinée à faire voir le mode de fructification de VOïLlium laclis. On. \ remarque plusieurs rameaux mycéliens fructifères qui se terminent chacun par un chapelet de spores rectangulaires.

OÏDIUM

On peut voir la germination d’une de ces conidies en haut et à droite de la figure.

Fig. 225.

Oïdium lactis. Culture sur agar au moût de bière, âgée de 10 jours (400 diam.).

Les conidies de VOïdium lactis présentent comme particularité

Fig. 226.

Oïdium lactis. Culture sur agar (méthode de Gram) (1000 diam.).

leur aspect rectangulaire, qui est plus ou moins marqué suivant les milieux.

Cette particularité est des plus saillantes sur les fig. 225 et 226, qui

représentent, Tune sans coloration, l’autre, après coloration par la méthode de Gram, des cultures à’Oïdium lacth sur agar au moût de bière et sur agar peptonisé.

Fig. 227.

Trkhophijton du cheval. Culture de 17 jours (méthode de Gram) (1000 diam.).

On sait que V Oïdium lacth a été longtemps confondu avec les para sites des

Fig. 228.

Trichophyton de l’homme (méthode de Gram) (1000 diam.).

Quelques auteurs, partisans exagérés du transformisme des espèces,

OÏDIUM

ont prétendu que les teignes étaient toutes dues sans distinction à ce champignon.

Cette analogie n’est pas soutenable, et les simples préparations colorées par la méthode de Gram démontrent qu’on ne saurait confondre VO'idium lactis avec les diverses espèces de Trichophyton et de Favus.

En effet, si les fig. 226, 227, 228 et 229 semblent de prime abord offrir une certaine similitude au point de vue de l’aspect des filaments mycéliens et de leur gaine, il en est tout autrement de l’aspect des

Fkj. 229.

Achorion Schœnleinii. Culture sur agar (Préparation par là méthode de Gram) (1000 diam.)

spores. Les conidies de YOïdium lactis sont rectangulaires (fig. 225 et 226), tandis que celles du Trichophyton sont ovales et en forme de larmes (fig. 227, 228).

Quant au Favus, les préparations faites avec les cultures de ce parasite par la méthode de Gram ne donnent qu’un mycélium irrégulier, mal coloré, et on n’y rencontre aucune trace de spores (fig. 229).

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