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Forel, Léman, t. F, p

NATURE DU SOL DES LACS

est le sommet primitif de la montagae et B le nouveau sommet neigeux qui vient se substituer au premier.

Il n'est pas impossible d'imaginer qu'un phénomène semblable se produise au fond du lac ; la barre couverte de vase serait alors l'équivalent de la corniche neigeuse et le sol nu de la moraine celui de l'arête rocheuse de la montagne. Mais ce phénooiène suppose l'existence d'un courant toujours dirigé dans le même sens ; or, au fond du lac de Genève, les courants de retour des grands vents sont dirigés tantôt du nord-est au sud-ouest, tantôt du sud-ouest au nord-est, suivant que c'est le venl du sud-ouest ou la bise qui souffle. D'après les observations faites à l'observatoire de Genève de 1847 à 1875 *, le vent du sud-ouest a soufflé en moyenne pendant 44,2 jours par an, et la bise pendant 42 jours. Il y a donc à peu près équivalence entre ces deux vents, et, partant, entre les courants de retour qu'ils provoquent.

Les seiches ou oscillations périodiques du lac peuvent également produire des

Fifl. 40. — Superposition d'une corniche neigeuse ou vaseuse B à une arête rorheuse A et déplacement du sommet de cette aréte.

courants de fond, qui ont été estimés à 28 millimètres par seconde*. Mais ils sont beaucoup moins intenses que les courants de retour des grands vents, et, de plus, par suite de la nature du mouvement des seiches, ils agissent rigoureusement avec la même fréquence et la même intensité dans chaque sens. Le seul courant dont Faction s'exerce toujours dans le même sens est le courant d'écoulement du lac. M. Forel a calculé^ que, sur la barre d'Yvoire, sa vitesse la plus grande était de 4"™ 5 par seconde. La direction de ce courant, qui a lieu du nord-est au sudouest, pourrait à la rigueur expliquer l'absence de vase sur le talus est de la barre ; mais sa vitesse est si faible qu'une pareille explication semble tout à fait invraisemblable. Et puis, je le répète, pourquoi l'action de ce courant s'exercerait-elle plutôt sur la barre d'Yvoire que dans les autres régions du Petit Lac ?

L'hypothèse que des sources sous-lacustres viennent jaillir sur la barre d'Yvoire est infiniment plus vraisemblable. Aucun accident topographique ne vient, il est vrai, en trahir la présence; mais nous avons vu* qu'il en était ainsi pour un certain

i. Plantamour, Climat de Genève, U, 209 et 2i2.

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