VARIATIONS DE NIVEAU
Un lac est alimenté, d'une part, par les affluents qu'il reçoit, d'autre part, par la pluie ^ qui tombe sur sa surface et par la condensation sur cette surface de la vapeur d'eau atmosphérique. Il tend à se vider, d'une part, par l'émissaire, simple ou multiple, qui emporte son eau, d'autre part, par Tévaporation qui s'exerce sur sa surface. La pluie, la condensation et l'évaporation agissent sur l'ensemble de la surface ; au contraire, les affluents et l'émissaire apportent ou emportent de l'eau en certains points déterminés. Il y a là deux phénomènes bien distincts; occupons-nous d'abord du premier.
1^ ACTIONS QUI s'exercent SUR LA SURFACE DES LACS
PLIJIE, CONDENSATION, ÉVAPORATION
Nous connaissons la hauteur de pluie qui tombe annuellement sur certains lacs. Ainsi les bords du lac de Genève possèdent un nombre suffisant de stations météorologiques pour nous permettre d'avoir une idée assez exacte de la quantité d'eau moyenne que reçoit annuellement la surface du lac. Elle est, en nombre rond, d'un mètre ^ La surface du lac, qui est de 582 kilomètres carrés, reçoit donc une quantité d'eau de pluie égale à 582 millions de mètres cubes.
La condensation de la vapeur d'eau atmosphérique doif s'exercer sur la surface du lac, lorsque la température de cette dernière est inférieure à celle du point
i. Je désignerai par pluie, d'une manière générale, toute chute d'eau, que cette eau soit à Tétat solide ou Uquide. Le mot pluie signifie donc pluie, neige, grêle ou grésil. Les mesures pluviomé triques donnent d'ailleurs la quantité de pluie ainsi définie.
2, Voir FoREL, Léman, 1. 1, p. 296.
de saturation de l'atmosphère. Ce cas se présente souvent au printemps, saison pendant laquelle le lac est en général plus froid que Tair ambiant. La condensation n'a pas encore été mesurée directement sur une surface aqueuse, à ma connaissance tout au moins. Mais MM. Forel et Ch. Dufour ont montré qu'elle était très énergique sur la glace des glaciers ^ Quant à l'évaporation, une série de dix années d'observations siccimétriques, faites à Lausanne de 1865 à 1874, a donné à Louis Dufour, le physicien bien connu de cette ville, une valeur moyenne de 738 millimètres ^ Il en résulte que la chute de pluie l'emporte sur l'évaporation.
Enfin des observations très ingénieuses faites également par Louis Dufour' ont montré que, pendant la même série de dix années, la résultante des trois facteurs, pluie, condensation, évaporation, se traduit à Lausanne sur une surface liquide par le dépôt d'une couche d'eau dont l'épaisseur annuelle est en moyenne de 186'°"',50. A la vérité, les conditions ne sont pas les mêmes sur un bassin tranquille, comme celui sur lequel opérait Dufour, et sur une surface perpétuellement agitée comme celle d'un lac. Néanmoins, en l'absence d'autres expériences, il semble que nous puissions, sans crainte d'erreur grave, appliquer au lac de Genève le chiffre trouvé par Dufour et dire que, par l'effet combiné de la pluie, de la condensation et de l'évaporation, il se dépose sur la surface du lac une tranche d'eau dont l'épaisseur ne doit pas s'écarter beaucoup de 186°^°^,50. Cette surface étant de 582 kilomètres carrés, le lac se trouve ainsi recevoir annuellement, en nombre rond, 109000000 de mètres cubes.
D'autre part, la quantité d'eau qui sort du lac par le Rhône peut être estimée, d'après les mesures des ingénieurs de la ville de Genève, à 252 mètres cubes par seconde*, ou annuellement à 7950000000 de mètres cubes, en nombre rond. Ce dernier chiffre représente aussi la quantité d'eau totale apportée au lac, puisque le niveau moyen de celui-ci reste constant. On voit que la quantité d'eau tombée
directement sur la surface du lac n'est que la „^^^^^^^^^, ou, en nombre rond, la
— partie de la quantité totale qu'il reçoit.
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Une conclusion analogue s'obtient pour le lac d'Annecy. Une moyenne de vingt et une années d'observations, faites de 1876 à 1896, donne 1",32 * comme hauteur d'eau tombée annuellement à Annecy. Cette hauteur doit d'ailleurs être sensiblement la même pour tous les points du lac, vu le peu d'étendue de ce dernier. Ni l'évaporation, ni la tranche d'eau résultant des trois facteurs, pluie, condensa-