Forel, Léman y t. I, p
5. D'après le Bulletin de la Commission météorologique de la Haute-Savoie et des renseignements que m'a obligeamment donnés M. Mangé, architecte de la ville d'Annecy.
lion et évaporation, n'ont été mesurées comme à Lausanne. Toutefois, étant donné la similitude du climat, nous ne commettrons pas une erreur bien grave en supposant que l'épaisseur de cette tranche est proportionnelle à la hauteur de pluie. Or, nous avons vu qu'elle est, au lac de Genève, de 0",186 pour i mètre de pluie
tombée; elle sera donc sensiblement, au lac d'Annecy, dej^rTr^rX 1"*,32 ou 0",245.
La surface du lac étant de 27 kilomètres carrés, cette surface reçoit donc annuellement 27000000 X 0,245 ou 6615000 mètres cubes d'eau. D'autre part, le débit moyen de TémisTsaire du lac, mesuré pendant sept années, de 1862 à 1868, par Carnot, alors ingénieur des ponts et chaussées à Annecy, a été trouvé de jQmc 74 par seconde, soit, en nombre rond, de 340000000 de mètres cubes par an.
Le rapport de la quantité d'eau tombée sur la surface à la quantité totale qu'il reçoit 6615000 1 . ,
^^^ ^^^^ 340000000 ""sT^'^^^^^"'
Cherchons encore ce rapport pour le lac de Saint-Point où des observations pluviométriques et hydrologiques ont été faites également. La chute annuelle de pluie, mesurée à Sainte-Marie, à quelques centaines de mètres en amont du lac, est de l'",39 (résultat de quinze années d'observations, de 1858 à 1872) ^ L'évaporation, qui n'a pas été mesurée, est peut-être ici un peu plus active qu'aux lacs d'Annecy et de Genève ; car elle est favorisée par la diminution de la pression atmosphérique, le lac étant plus élevé (849 mètres au lieu de 372 mètres et de 446™, 50) ; d'autre part, le lac reste gelé trois mois de l'année, période pendant laquelle l'évaporation est beaucoup moins forte. Admettons que le rapport entre l'excès de chute d'eau et
la quantité de pluie tombée soit encore ^^; nous trouverons qu'il se déposera
annuellement sur la surface du lac de Saint-Point une tranche d'eau haute de
0",260; la surface du lac, étant de 398 hectares, recevra un volume de
0",260 X 3980000 ou 1035000 mètres cubes. D'autre part, le débit du Doubs à la
/ sortie du lac est de 4™%60 en moyenne^ soit 145000000 de mètres cubes par an.
Le rapport est ic. de j^gôôÔÔÔô"" ^^ÛÔ*
L'ordre de ce rapport pouvait d'ailleurs se prévoir facilement, si Ton songe que le bassin d'alimentation de ces divers lacs est beaucoup plus étendu que les lacs eux-
1. Bien que ce rapport soit très faible, il n'est pas exact de dire, comme le fait M. Duparc (Arch. S. P. N. G., t. XXXI, p. 196, 1894), que l'évaporation paraît l'emporter sur la pluie et la condensation réunies et qu'il est probable que les eaux du lac sont le produit exclusif, peut-être même concentré, de ses divers affluents. D'après lui, dans les régions suisse et savoyarde, une nappe d'eau, qui n'est alimentée que par les pluies, finirait par se dessécher, (.es expériences de Louis Dufour semblent prouver le contraire.
2. Mémoire sur un projet d^ aménagement du lac de Saint-Point (Département du Doubs, Service hydraulique, 1874, p. 10).