‹ Atlas des lacs françaisChapitre 113 sur 360 · A. Magnin, les Lacs du Jwra^ p · texte numérisé non relu

A. Magnin, les Lacs du Jwra^ p

2. E. Chaix, le Désert de Plate et le lac de Flaine [GlobCy Genève, XXXIU, 1894, p. 16).

3. Atlas topographique de la Suisse, feuilles 288, 291, 297, 299 et 300.

4. RussELL, Lakes of North America, p. 72. Celte teneur dépasse parfois 100 grammes par litre.

5. Bertrand Houx, Description géognostique du Puy-en-Velay, 1823, p. 208. — On pourrait objecter que les eaux- des sources qui alimentent le lac du Bouchet doivent être elles-mêmes très peu chargées; celte observation est exacte; cependant il est probable que, depuis les milliers d'années que le lac existe, ses eaux auraient eu le temps de se concentrer assez fortement, quelque pauvres en sels dissous qu'elles aient pu être à Torigine. De plus, il semble bien que, dans la région, la précipitation remporte sur l'évaporation, en sorte que les eaux du lac déborderaient si elles ne pouvaient s'échapper souterrainement.

meuter le fond du lac, d'autre part que le lac n'a point d'émissaire souslacustre .

Ces écoulements sous-lacustres sont parfois visibles, comme au lac de Montriond où, en eaux basses, on voit les eaux s'infiltrer à travers les pierres formant la digue d'éboulis qui soutient le lac. Ils se manifestent souvent par la présence d'un entonnoir, soit dans la vase, comme au lac de ChaillexonS soit dans les débris rocheux qui forment la beine ou le talus du lac, comme au lac d'Allos (Basses- Alpes) ou au lac d'Armaille (Ain). Les entonnoirs de ces deux derniers lacs sont parfaitement visibles quand les eaux sont basses; .même, au lac d'Armaille, l'entonnoir est parfois à découvert, et les eaux s'y rendent alors par un chenal de quelques mètres de longueur.

Lorsque, comme au lac de Chaillexon, ces entonnoirs sont trop profonds pour que le sens du mouvement puisse être visible, on distingue les émissaires des sources par la mesure des températures et l'étude de la composition chimique de l'eâu. Nous avons vu plus haut* que, au point d'entrée d'une source dans un lac, la température et la composition de l'eau ne sont pas en général les mêmes que dans les régions voisines. Au contraire, rien de semblable ne doit se passer au point cle sortie d'un émissaire sous-lacustre. Dans l'entonnoir par où s'échappe cet émissaire, le renouvellement de l'eau est trop rapide pour qu'une stratification thermique puisse s'établir ou pour que des actions chimiques puissent s'exercer; la température et la composition de l'eau doivent donc être sensiblement les mêmes dans toute l'étendue du trou. Ainsi, dans l'entonnoir du lac de Chaillexon, j'ai mesuré, le 30 septembre 1891, une température de 11°, 5 à la fois à 23 mètres de profondeur, près du bord de l'entonnoir, et à 30 mètres, presque au fond de celui-ci. Il semble donc bien qu'il y ait là un écoulement et non une source.

Mais parfois, comme pour les sources, aucun accident topographique ne vient révéler la présence de l'émissaire sous-lacustre. Il peut y avoir non pas ! écoulement en un point déterminé, mais infiltration par toute une surface sur

laquelle la vase ne se dépose pas. Dans ce cas, il est souvent malaisé de savoir si l'on est en présence de sources ou d'un écoulement; car, comme nous l'avons vu à propos de la moraine immergée d'Yvoire^ l'assemblage d'une série de petites sources sous-lacustres ne produit pas toujours sur la température et la composition chimique de l'eau des effets faciles à reconnaître.

Souvent la présence de sources qui jaillissent sur les talus externes des murailles du lac, et qui sont manifestement alimentées par les eaux de ce dernier, vient lever

notre doute en nous montrant que nous avons affaire à un écoulement sous-lacustre.

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