let Laci du Jura, p
Lorsque l'émissaire superficiel a un parcours superficiel imporlant, il est très rare qu'il soit double. Je n'en ai vu d'exemple que sur deux lacs, tous les deux situés dans les Pyrénées-Orientales, sur le désert de Carlitte, et peu éloignés l'un de l'autre. Ce soDt le lac de las Dougoes, au nom caractéristique, et celui de PradeiUes (fig. 45), qui déversent leurs eaux à la fois dans la vallée de la Sègre et dans celle de la Tet. Le . déversoir du lac de PradeiUes qui est dirigé vers la Tet ne fonctionne d'ailleurs qu'en hautes eaux; le jour de ma visite, le 30 juillet 189i, il était à sec. Ces deux cas ne sont d'ailleurs pas uniques. D'aprèsCh.Grad', entre le plateau de Laugres elleballua de Servance, se trouve une petite nappe lacustre qui verse à la fois ses eaux dans la Saône et dans la Moselle.
D'autre part, Elisée Reclus" cite également comme ayant un double déversoir le Lesjeskogeovand, lac qui alimente au Qord-ouest la Kauma,tributaireduMolderjord, au sud-est le Lougen, tributaire du grand Mjôsen et du fjord de Christiania. Ce double écoulemeald'uolac n'est d'ailleurs qu'un cas particulierdelabifurcation descours
d'eau ohéDOmène assez rare ^"^' ^^' ~ ''^ ''^ Prsdeîtles (Pyrénées-Orienlales) à double écoulement.
' L'émissaire qui se dirige vers la Tet est visible sur la gauche ; celui qui
et dont je ne connais qu'un ^^ dirige vers la Sègre se trouve à droite, ea dehors de la ligure.
, „ , . 30 juillet 189*.
exemple en r rance, en dehors
(D'après une pholognphie da A. DiijtBKcquB.)
de ceux qui ont trait aux lacs
précités; il nous est fourni par le torrent qui descend des lacs du Doméuon, sur le versant nord-ouest du massif de Belledonne, et qui, un peu avant d'arriver au chalet de la Pra, refuge du Club Alpin Français, se divise en deux branches ^: l'une traverse le lac Crozet et va se jeter dans l'Isère à Lancey, l'autre passe au chalet de la Pra, h rOursière et à Revel, et tombe dans l'Isère à Domène. (Voir la feuille Grenoble sud-est de la Carte d'état-major et la feuille le Bourg-d'Oisans du ministère de l'Intérieur. La bifurcation a lieu au point coté 2253*.)
1. Lacs et riservoirt de* Vosges (Ann. C. A. P., 1877, p. 497). a. Géographie universelle : Europe Scandinave et riMw, p. 83.
3, Des travaux d'art, qu'on a i^lablis au point de partage, oui un peu modifié les conditions de cette bifurcation, qui cependant parait bien être naturelle.
4. Une semblable bifurcation, bien connue des géographes, existe dans lAmérique du Sud, où les eaui du Cassiquiare sont â la fois tributaires de l'Orénoque et du Kio Negro (Elisée Reclus, Nouvelle Gtographie universelle, l. XVIH, Amérique du Sud, p. 125), — M. E.-A. Martel en a signalé une autre en Irlande {Compt. Rend, des Séances de la Société de géographie de Paris, 1896, p. 70), où la rivière de Ballylee, près de Gort, a aussi un double écoulement.
in LES LACS FRANÇAIS.
Je ne connais pas d'exemple de triple émissaire, à moins d'appeler de ce nom les trois ruisseaux (dont les deux extrêmes sont distants de 100 mètres) qui s'échappent du lac de Narlay et qui vont converger dans un entonnoir commun, après un parcours de 100 à 150 mètres (voir PI. X ).
Au contraire, dans les bassins fermés, Técoulement multiple parait être assez fréquent. Ainsi, d'après M. A. Magnin', le lac d'Onoz, dans TAin, se vide au moyen de deux entonnoirs, dont l'un ne fonctionne qu'en hautes eaux. D'après M. E. Chaix*, l'eau du lac de Plaine, dans la Haute-Savoie, s'échappe par plusieurs entonnoirs. Mais l'exemple le plus remarquable d'un écoulement multiple nous est donné par la nappe d'eau que forme l'assemblage des deux lacs suisses de Joux et Brenet, sur les bords de laquelle la carte fédérale n'indique pas moins de neuf entonnoirs'.
b, — ÉMISSAIRE^ SOUS-LACUSTRES
Les écoulements sous-lacustres sont très fréquents. Tous les lacs d'eau douce qui n'ont pas de déversoir en sont forcément pourvus; car, comme je l'ai dit plus haut, si l'eau apportée à ces lacs par les affluents s'échappait exclusivement par l'évaporation, elle se concentrerait indéfîniment, et l'on aurait un lac salé analogue à ceux de TUtah et de la Nevada, dont la teneur en matières dissoutes est en général de plusieurs grammes par litre ^ Ainsi le lac du Bouchet (Haute-Loire), qui n'a pas d'émissaire apparent, s'infiltre nécessairement à travers les scories basaltiques qui l'entourent; c'est en effet un lac d'eau douce par excellence; ses eaux, qui renferment seulement 0^,024 de matières dissoutes par litre, sont parmi les plus pures de France; il n'est donc pas possible d'admettre, avec Bertraud Roux', qu'il y ail équilibre entre la quantité d'eau qu'il reçoit des sources qui l'alimentent et celle qu'il perd par évaporation. Tout autres sont les conditions du lac d'Entressens, dans la Crau, lac qui n'a pas d'émissaire visible, et dont les eaux saumâtres renferment, comme nous venons de le voir, 3^',638 de résidu sec par litre. Il est possible que ce lac n'ait d'écoulement d'aucune sorte et que ses eaux se concentrent par évaporation ; il serait, toutefois, téméraire de l'affirmer, car rien ne prouve, d'une part, que des sources salées ne viennent point ali-