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ORIGINE DES PRINCIPALES MATIÈRES DISSOUTES DANS LES LACS

Silice.

La très grande abondance de silice dans tous les terrains explique facilement^ malgré sa faible solubilité, les légères quantités de ce corps qui se trouvent dans les eaux des lacs^ La silice peut d'ailleurs exister à l'état de silicate soluble de soude ou de potasse. Elle se trouve en quantité relativement abondante dans les eaux profondes du lac de la Girotte (0^,032) et dans les eaux du lac Pavin (0^^,0221) ; dans les autres lacs on n'en rencontre que quelques milligrammes.

Carbonate de chaux.

Il provient de la dissolution des calcaires dans l'eau à la faveur de l'acide carbonique de l'atmosphère. Les lois de cette dissolution ont été étudiées par

i. Voir Daubbér, les Eaux soiUenaines à V époque actueUCy t. II, p. 10 et IM.

M. Schlœsing' . Nous aurons tout à l'heure Toccasion de revenir en détail sur cette importante question .

Carbonate de magnésie.

Il provient de la dissolution des dolomies, des cargneules et même des calcaires ordinaires qui renferment toujours une certaine quantité de carbonate de magnésie^. Les lois de cette dissolution ont été étudiées par M. EngeP. Nous aurons également l'occasion d'y revenir.

Sulfate de chaux.

Il provient en général de la dissolution du gypse, dont la solubilité est environ de 2 grammes par litre ^. Aucun des lacs que j ai étudiés n'est d'ailleurs saturé de ce sel; le lac du Mont-Cenis, celui qui en renferme le plus, n'en a que 0»'',738 par litre; après lui le lac de Tignes en contient 0^,665.

Certains lacs, dont le bassin est entièrement formé de roches silicatées et parait dépourvu de sulfates, renferment cependant un peu d'acide sulfurique (lac de Gaube 0*'',0025, lac de Gérardmer 0^^,0029). Il provient soit des inclusions que renferment certains cristaux et dans lesquels des sulfates existent à l'état de dissolution'*, soit de l'oxydation de l'hydrogène sulfuré mis en liberté par la décomposition des matières organiques.

Il arrive parfois que cette oxydation se produit dans les bouteilles où l'eau est conservée et fausse les résultats de l'analyse; ainsi, en 1891, M. Duparc n'a pas, malgré des recherches minutieuses, trouvé trace d'acide sulfurique dans l'eau du lac de Paladru fraîchement récoltée, tandis que la même eau, étudiée de nouveau après un séjour de cinq ans dans des bouteilles, m'en adonné 0^^^,0024 par litre.

Sulfate de magnésie.

La quantité d'acide sulfurique contenue dans l'eau de la plupart de nos lacs est insuffisante pour saturer toute la chaux. Il est donc possible que tout l'acide soit combiné à cette base et qu'il ne s'y trouve pas de sulfate de magnésie. Il faut pourtant' faire une exception pour le lac du Mont-Cenis qui renferme, outre 0^,738 de sulfate de chaux, encore 0^,0585 de sulfate de magnésie, et pour celui de Tignes

1. ScHLŒsiNG, Encyclopédie chimique, t. X. Contribution à Vètude de la chimie agricole, p. 138.

2. L. DopARc, Calcaires portelandins des environs de Saint-Imier {Arch, S. P. N. G., 3« période, XXIII, p. 323, 1890).

3. Engel, Sur la solubilité des sels en pi^ésence des acides, des bases et des sels (Ann. ch. et ph,, 6« série, XIÏI, p. 349, 1888).

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