QUANTITÉ
d'à CIDE NITRIQUE
DR LA PRISB.
DE LA PRI8K
par litre.
niilligr.
Lac de Genève
15 juin 1896.
Au large de Thonon.
Lac d'Annecy
28juin 1896.
A 1 kilomètre d'Annecy.
Lac du Bourget
28 juin 1896.
Au large de Port Puer.
Lac de Gérardmer
10 septembre 1896.
A 500 mètres de Gérardmer.
Lac de Ghaillexon .....
29 septembre 1896.
Au milieu du lac, en face de
la grotte de la Toffîère.
i. ZiRREL, Lehrbuch der Pétrographie, I, 171. — Sorby, Quart. Joum, GeoL Soc, 1858, p. 472.
2. On trouve les argiles salifères à Bassussarry, à 4 kilomètres à l'est du lac de Mouriscot. Voir Jean Seunes, Recherches géologiques sur les terrains secondaires et Vèocène inférieur de la région sous-pyrénéenne du sud-ouest de la France (Ann, Min., 8« série, t. XVIII, p. 238, 1890).
3. Schlœsing, Contribution à Vétude de la chimie agricole, p. 153.
La couleur jaune ^ des eaux de ces deux derniers lacs nous fait supposer qu'elles sont riches en matière organique; mais les analyses de M. Schlœsing nous montrent que cette matière ne donne pas naissance à une quantité importante d'acide nitrique. Remarquons d'ailleurs que la nitriBcation ne pourrait se produire qu'en été, et dans les couches superficielles, puisqu'elle est à peu près nulle au-dessous de 5^^ D'autre part, il est possible que la végétation aquatique consomme une partie des nitrates apportés par les affluents ^
Il faut remarquer que les matières qu'on trouve dans l'eau d'un lac ne sont pas toujours nécessairement apportées par les affluents; elles peuvent provenir de la dissolution des talus immergés, si ceux-ci, par suite de leur forte pente, ne sont point recouverts par la vase et si l'eau du lac n'est point saturée de la roche dont ces talus sont composés. Ainsi, il est évident que la petite falaise de gypse qui domine le lac du Mont-Cenis sur la rive nord, et au pied de laquelle se développe une beine constamment rongée par les vagues, est sans cesse attaquée par la dissolution de l'eau du lac qui, renfermant seulement 0^'',738 de sulfate de chaux par litre, n'est point saturée de cette roche. Nous verrons plus loin que les talus calcaires, et aussi le carbonate de chaux des vases, peuvent, dans certains cas, être dissous par l'eau des profondeurs, si celle-ci est riche en acide carbonique. Enfin, si les parois sont formées de roches silicatées (granit, basalte, schistes cristallins, etc.), elles peuvent subir une kaolinisation, et les alcalis mis en liberté se dissolvent dans l'eau du lac.
7° VARIATION DE LA COMPOSITION DE l'eAU d'uN MÊME LAC
A. — Variations observées aux lacs cTAîguebeleltè, de Nantua, de Saint-Point, de Remoray, de Paladru, du Bourget, d'Annecy, de Genève, du Mont-Cenis, de Géî'ardmery de la Girotte,
Nous venons de voir que la composition de l'eau varie considérablement d'un lac à l'autre; il nous reste à étudier ce qui se passe au sein d'un même lac. La composition de l'eau est-elle la même dans toute l'étendue du lac? Est-elle constante d'une saison à l'autre? Ou bien, au contraire, varie-t-elle suivant certaines lois?
Longtemps on a considéré comme un axiome que cette composition était absolument invariable. On pensait que la masse de l'eau d'un lac était trop considérable pour être affectée par les variations que peut subir soit l'eau des affluents, soit celle
i. Voir page 176.