‹ Atlas des lacs françaisChapitre 210 sur 360 · I. C. RussELL, Lakes of North America, p · texte numérisé non relu

I. C. RussELL, Lakes of North America, p

Si nous remplissons un ballon de Teau de surface d'un lac et que nous Texposions à une température supérieure à celle du lac, nous voyons, au bout d'un certain temps, lorsque l'équilibre des températures s'établit, des bulles gazeuses se dégager. Mais, et c'est là un point très important, le dégagement est loin d'être instantané. J'ajouterai que celui de l'acide carbonique lié aux carbonates est extrêmement lent. On peut conserver longtemps une eau sursaturée de bicarbonate de chaux sans qu'aucun dépôt se produise. Ainsi j'ai fait passer pendant huit heures un courant d'air, puisé dans un jardin au-dessus de Thonon, à travers un ballon rempli d'eau du fond du lac de Nantua, eau fortement sursaturée de carbonate de chaux par rapport à la tension de l'acide carbonique de l'atmosphère, et je n'ai obtenu aucun précipité; l'eau avait la même teneur après qu'avant l'opération ^

On peut donc recueillir simplement l'eau de surface d'un lac dans un ballon qu'on s'arrangera ensuite pour fermer hermétiquement avant que l'échappement des gaz dissous ait eu le temps de se produire, tout en permettant à la dilatation du liquide de s'exercer. Mais, pour l'eau des profondeurs, n'y a-t-il pas quelque précaution spéciale à prendre ?

Parmi les bouteilles employées généralement pour récolter les échantillons d'eau au fond des lacs ou des mers, les unes (bouteilles de Mill, de Buchanan) ne sont pas construites pour résister à la pression. Dans la bouteille de Mill, l'obturation se fait au moyen d'une enveloppe cylindrique légèrement effilée qui vient peser sur un disque de caoutchouc ; à mesure que l'eau se décomprime pendant la remontée de la bouteille, elle s'échappe entre l'enveloppe cylindrique et le caoutchouc. Dans ces conditions, si, comme on l'a cru longtemps, l'eau des profondeurs renfermait des gaz en quantité considérable, nous n'aurions aucun moyen sûr de nous en apercevoir ; car les gaz pourraient s'échapper en même temps que l'excès d'eau résultant de la décompression. Les autres bouteilles (celles du Travailleur et du Vôringen^ par exemple^) ne peuvent résister à la pression que par l'intermédiaire de joints, de soupapes ou de robinets; dans ces conditions, pour des variations de pression qui atteignent 30 atmosphères, comme au lac de Genève, des fuites paraissent bien difficiles à éviter.

A la vérité l'accumulation des gaz dans les profondeurs des lacs est très invraisemblable. Car cette eau des profondeurs a été apportée dans le lac soit parla pluie, soit par des affluents dont les eaux, tout au moins celles des affluents superficiels, ne renferment pas un excès de gaz. De plus, la même eau ne séjourne pas indéfiniment au fond des lacs; les courants et les convections thermiques verticales la

1. Ce résultat paraît être en contradiction avec les lois de Schlœsing. Il s'explique probablement par ce fait que, la pression de l'eau dont je disposais pour appeler l'air au moyen d'une trompe étant assez faible, le passage de cet air à travers le ballon se faisait trop lentement pour que la décomposition du bicarbonate eût lieu pendant la durée de l'expérience. La même expérience, répétée sur l'eau du lac de Chaillexon, a donné un résultat analogue.

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