ScHLŒsiNG, Encycl. chim., loc. cit., p
3. L'ammoniaque que les marchands français vendent sous le nom d'ammoniaque pure, et les marchands allemands sous celui d'ammoniaque puriss., est en général un mélange des produits les plus extraordinaires, qui n'a de nom ni en français, ni en allemand.
La filtratioD était faite rapidement, le carbonate de ntiaux séparé était dissous par l'acide chlorhydrique; la chaux était enfin dosée par l'oxalale d'ammoniaque. Je n'ai d'ailleurs pas, par celte méiliode, évité complètement le 1
premier des deux inconvénients signalés, puisque nous ne savons pas si le carbonate de chaux est absolument • insoluble dan? l'eau sucrée; d'autre part, pendant le temps qui sépare la précipitation de lafiltralion, les bactéries vivant dans l'eau peuvent produire un peu d'acide carbonique. En conséquence, bien que cette méthode me paraisse préférable à celle qu'on emploie généralement, je ne puis, pour le moment, présenter que comme approximatif le résultat que j'ai obtenu au lac de Nan-
tua, pour l'eau prise le 18 septembre 1895 à la surface *
de ce lac. J'ai trouvé 0s'",0856 d'acide carbonique total dissous par litre d'eau, ce qui parait correspondre sensiblement à la quantité de chaux et de magnésie dissoutes, déduction faite de la portion de ces bases combinée à l'acide sulfurique.
D. — Dosage complet. — Résultats obtenus.
J'ai exécuté, avec la collaboration de M. A. Le Royer, quelques dosages complets sur de l'eau puisée à difTérentes profondeurs du lac de Genève.
Des ballons de 600 à 700 centimètres cubes, exactement jaugés, étaient remplis de l'eau à analyser; quelques cristaux d'acide chromique étaient jetés dans le ballon, de façon à décomposer les carbonates; l'acide chromique a été choisi parce que, en solution étendue, il n'attaque pas le fer qui formait la fermeture des ballons. Puis on introduisait dans le ballon un petit tube de verre fermé à la lampe, de 10 à 12 centimètres cubes de capa- I
, 1 1 -j •, ,, . p -, . . f"»' 6'- — Fermeture des ballons
Cité et à Imténeur duquel le vide avait été fait; ce tube ,icHmesàrécoiteriesé<:hanuiions était muni à l'une de ses extrémités d'une pointe en verre effilée. Aussitôt après, les ballons étaient hermétiquement fermés au moyen d'une sorte de bouchon métallique représenté par la figure 61 et consistant : 1 " en un premier cylindre de fer creux C luté avec de la cire sur le col B du ballon et fileté intérieurement; 2" en un deuxième cylindre C également creux et fileté intérieurement, vissé sur le premier; 3" en une tige en fer/, vissée sur le second cylindre
l'analyse des gaz.
et sur laquelle était luté avec de la cire un tout petit tuhe en verre muni d'une pointe effilée P ; 4® en un troisième cylindre en fer creux C\ vissé sur le premier. Du mercure M M était introduit dans l'espace annulaire compris à l'intérieur des cylindres i et 3, de façon à avoir un joint absolument étanche. Pendant ces opérations, un petit excès d'eau sortait du ballon par la pointe effilée du petit tube supérieur. Puis on donnait un coup de chalumeau sur cette pointe pour la fermer et, par un coup sec, on brisait la pointe effilée du tube intérieur, de façon à laisser dans le ballon l'espace nécessaire pour la dilatation du liquide ; une partie des gaz que ce dernier contenait se dégageait aussitôt dans le vide mis à sa disposition. Le ballon était, dans le laboratoire, mis en communication avec une trompe à mercure. La pointe supérieure était brisée et les gaz qui se dégageaient étaient refoulés dans une éprouvette. On chaufiait le ballon à 40^ ou 50® pour être sûr que le dégagement était complet. La lecture des volumes se faisait sur une cuve à mercure par les procédés habituels.
Cette manière de procéder était extrêmement précise; aucune rentrée d'air n'était possible, et, en prolongeant longtemps l'opération, on était sûr que tous les gaz contenus dans l'eau étaient chassés. Toutefois il reste encore une cause d'erreur difficile à éliminer; la teneur de l'eau en oxygène et en acide carbonique peut, comme nous l'avons vu plus haut, varier entre le moment de la prise et celui de l'extraction des gaz.
Voici les résultats que nous avons obtenus sur le lac de Genève : 19 juin 1895, eau du port de Genève, température 20*^ (l'acide carbonique a été absorbé par la potasse dans le ballon même, sans être dosé) :
Oxygène