Communication inédite
6. Ce lac est appelé sur certaines cartes lac des Marches et lac Léman ; il n'offre d'ailleurs qu'une ressemblance lointaine avec son grand homonyme.
7. Voir une étude très intéressante sur l'histoire de la chute du Granier par M. Henri Ferrand (Ann. C. A. F., IX* volume, 1882, p. 580).
8. On trouve aussi un certain nombre de petits lacs au milieu des célèbres éboulements de Goldau
et de Flims, en Suisse. Voir Atlas topographique de la Suisse, feuilles 209 (Lowen) à l'échelle de ^^^^ et 405 (Laax) à l'échelle de ^^. Voiraussiles feuilles VIII et XIV de la Carte géologique de laSuisseà ~L^.
11 n'est pas toujours très aisé de recoaualtre avec certitude si la digue qui soutient un lac se compose bien d'éboulis. Au lac de Montriond, une grande brèche, visible sur la montagne qui domine la rive droite, indique clairement la provenance de l'éboulement. Mais, pour peu que celui-ci soit ancien, toute trace peut en avoir disparu sur le flanc de la montagne. Parfois les blocs tombés sont très volumineux, et de gros quartiers d'assises stratifiées, que leur chute n'a poiut dérangées, peuvent donner l'illusion de la roche en place. Tel est le cas au lac de Montriood ; tel est aussi le cas au lac de Sylaas, à l'entrée nord-est du tunnel du chemin de fer; mais l'inspection du reste de la digue fait bien vite reconnaître que l'on ne peutêtre en présence que d'un éboulement.
Parfois encore, principalement dans les terrains granitiques et cristallins où les blocs charriés par les anciens glaciers sont loin d'avoir des stries aussi nettes que celles des blocs calcaires, on peut confondre des éboulis avec une moraine. Tel est le
cas au lac de Lovitel; la digue Fio. es. — Lac «le SaiDt-ADJré (Savoic), au mlUeu des Éboulis tuuibés ,, , , , du Granier. 21 octobre I89S.
qui soutient les eaux de ce lac ,„. , v , > „
^ {Daprùs nuo plioiographio de A. DaLEBEcquii.)
est généralement considérée
comme moraiaique. Mais les caractères pétrographiques de cette digue conduisent à rejeter cette opinion; car les matériaux dont elle est composée renferment une roche spéciale, la miuette, qu'on ne rencontre que dans les sommets qui dominent le lac et qui est totalement absente du reste de la région'. On a donc bien affaire à un éboulement dont, d'après M. Termier, la trace est visible sur la montagne ; malheureusement le brouillard qui, le jour de ma visite, descendait presque jusqu'au niveau du lac, m'a empêché de la distinguer.
La profondeur des lacs de cette catégorie est très variable et dépend de l'importance de l'éboulement. Rarement d'ailleurs le niveau du lac s'élève jusqu'à la digue ; car celle-ci, formée de blocs entassés, est presque toujours perméable; ainsi, dans les plus hautes eaux, le lac de Lovitel reste au moins à 7 mètres en contre-bas du barrage^. Le lac de Montriond ne l'atteint qu'au printemps, au moment de la fonte