U)c.^ cit. p
existe sur le glacier de Tasman, en Nouvelle-Zélande, et sur celui de Malaspina, dans TAlaska*.
L'étude de ces cavités a été faite d'une façon très détaillée par M. le docteur Robert Siéger^; elle n'est guère d'ailleurs du domaine de la limnologie, car ces lacs ne sont plus sur la terre ferme; ils appartiennent au monde glaciaire.
C. — Lac^ situés à Fintérieur des glticiers. — Catastrophe de Saint-Gervais.
Enfin, à côté des lacs qu'on voit sur la surface des glaciers, paraît exister une autre catégorie de lacs peu connus, inaccessibles, qui, jusqu'à présent, n'ont révélé leur présence que par des catastrophes. Ces lacs sont cachés dans les entrailles mêmes des glaciers ; ils remplissent des cavités entourées de glace de toutes parts, qu'on ne découvre et qu'on ne peut explorer que lorsqu'elles sont vidées.
C'est à un lac de cette nature qu'est due la catastrophe célèbre qui, dans la nuit du 11 au 12 juillet 1892, désola la vallée de Saint-Gervais; une avalanche d'eau et de boue, descendue du glacier de Tête-Uousse% détruisit le village de Bionnay, les bains de Saint-Gervais et une partie du hameau du Fayet, en faisant environ cent cinquante victimes humaines. Le 19 juillet, j'ai pu, en compagnie de M. J. Vallot, bien connu par ses remarquables travaux sur le Mont-Blanc, explorer le glacier de Tète-Rousse; et voici le résultat des observations que nous transmettions immédiatement à l'Académie des Sciences* :
La catastrophe survenue à Saint-Gervais le 12 juillet 1892, à la suite d'une avalanche descendue des glaciers du Mont Blanc, a élé si extraordinaire que nous avons tenu à en déterminer les causes d'une façon très précise. Le 19 juillet, acconapagnos de M. Etienne Riller, étudiant à l'Université de Gennve et des guides Gaspard Simond et Alphonse Payot (tourneur), de Chamonix, nous sommes montés jusqu'à la base de l'aiguille du Goûter, à l'altitude de 3200 mètres, et nous avons, les premiers, exploré complètement la région d'où Tavalanche s'est détachée. Voici le résultat de nos observations :
A la base de l'aiguille du Goûter se trouve le petit glacier de Tète-Rousse, formant un plateau presque horizontal. L'extrémité de ce glacier s'avance, sans surplomb, sous une inclinaison de 40^, entre deux arêtes convergentes, terminant le bassin de réception, au-dessous duquel se trouve un couloir rocheux escarpé.
Nous avons reconnu que la partie frontale de ce glacier avait été enlevée, laissant à sa place un espace demi-circulaire, limité en amont par une muraille de 40 mètres de haut, dont l'inclinaison se rapproche beaucoup de la verticale (tig. 72). A la base de cette paroi s'ouvre, dans la glace mémo, une caverne de forme lenticulaire, parfaitement visible de différents points