Communication de M. J. Vallot
4. FoRBEs, Travels in the Alps, p. 88. D'après des notes inédites de M. Perrol-Droz, qu'a bien voulu me communiquer son petit-fils, M. Louis Perrot, ce lac s'est vidé brusquement le 3 août 1819 et a inondé la vallée de Chamonix.
5. FoREL et Du Pasquier, les Variations périodiques des glaciers des Alpes, 16« rapport, 1895 {Ann. du Club Alpin Suisse, 31® année, p. 255).
6. Atlas topographique de la Suisse, feuille Zermatt au 55-505 et Carte géologique de la Suisse au
, feuille 23 (Dorao d'Ossola-Arona).
ont une inclinaison qui varie en général de 45"" à la verticale. Leur ouverture, circulaire ou elliptique, atteint parfois 130 mètres dans sa plus grande longueur; la profondeur de quelques-uns dépasse 30 mètres. Ces cavités sont souvent complètement sèches ; mais parfois aussi Tun des ruisseaux qui sillonnent le glacier tombe dans Tune d'elles et, dans ce cas, ou bien il s'engoufTre au fond, dans un moulin, ou bien il s'écoule, au moyen d'une crevasse, dan& une cavité voisine. Enfin, comme je l'ai dit plus haut, certaines de ces cavités sont remplies d'eau.
Désireux d'étudier ces petits lacs, et séduit aussi par la perspective de naviguer sur un glacier, j'ai transporté, le 26 août 1892, sur le glacier de Corner, mon bateau démontable Osgood et l'appareil Belloc avec mes instruments habituels. J'étais accompagné du docteur Etienne Ritter et de trois porteurs. Mais, des trois ou quatre lacs que j'avais vus deux ans auparavant, un seul était présent le jour de ma visite; les autres avaient disparu. Ce petit lac occupait le fond d'une cavité à parois escarpées et hautes d'une quinzaine de mètres. Il était complètement gelé et nous dûmes faire avancer notre bateau en cassant la glace à coups de marteau.
Nous trouvâmes que la profondeur était de 5 à 6 mètres, sauf dans un trou où ma sonde est descendue jusqu'à 21 mètres. Ce petit lac était alimenté par deux ou trois ruisseaux glaciaires, mais il n'avait aucun déversoir apparent. J'en conclus que le trou dont je viens de parler n'est autre chose qu'un canal d'écoulement sousglaciaire.
Quelle est l'origine de ces cavités singulières du glacier de Corner ?
Elle est encore mal connue; mais leur disposition suivant des lignes parallèles au fil du glacier, en même temps que la présence d'un entonnoir au fond de celle qui est remplie d'eau, fait supposer qu'elles sont d'anciens moulins. On sait que l'on désigne sous ce nom des crevasses profondes élargies par les eaux de fusion du glacier, auxquelles elles servent de canaux d'écoulement. La faible pente du glacier entre le pied du Mont-Rose et le Riffelhorn préserve ces moulins contre une déformation trop considérable que pourrait leur faire subir le mouvement du glacier. A partir du pied du Riffelhorn, où la pente devient forte, ils disparaissent complètement. M. Heim' émet la supposition que ces cavités pourraient provenir d'effondrements causés par des sources sous-glaciaires; mais il me semble que de pareilles sources produiraient simplement une excavation dans la glace au contact de celle-ci avec la roche, la cohésion du glacier empêchant tout effondrement à la surface.
Ces dépressions cratériformes se rencontrent assez fréquemment sur d'autres glaciers, mais sont le plus souvent à sec. J'en ai vu une sur la Mer de Glace, entre le Tacul et le Montenvers; la carte que Wild a dressée en 1842 du glacier de l'Unteraar en représente 6, mais M. Heim* n'a pu les retrouver. 11 parait qu'il en