A. Heiji, die Seen des Obereagadin {Schwciz. Alpenclub
rinn par des affluents latéraux ; toutefois il semble, à l'inspection de la carte géologique S que ces lacs soient creusés dans des bassins rocheux et que les affluents les aient non pas formés, mais au contraire comblés en partie en y déposant des deltas torrentiels. Ainsi les trois lacs de Sils, de Silvaplana et de Campfer ne formaient autrefois qu'une seule nappe d'eau qui parait, d'après la carte, soutenue à l'aval, du côté du village de Campfer, par un barrage de roche en place. Cette nappe d'eau a été scindée en trois parties par les torrents descendus du Val Fex et du Julier, mais son origine parait être absolument indépendante de ces torrents.
B. — Les allumons de la rivièf^e principale arrêtent les cours cTeau
des vallées latérales.
Il parait probable que les puissantes alluvions de l'Isère ont contribué à la formation du lac de Sainte-Hélène^ (profondeur 11 '",50), situé dans la vallée latérale du Coisetan. M. Penck^ cite, sur les bords du Danube, certains lacs comme ayant une origine analogue, et, d'après M. Davis ^, il en existe sur les bords de la Red River, dans la Louisiane.
L'étang du Comte', reste des marais à présent desséchés des Baux, et l'étang de Meyranne', tous deux très peu profonds, situés dans deux petites vallées perpendiculaires à celle du Rhône, sont dus à l'arrêt, par les alluvions du grand fleuve, des eaux qui proviennent des Alpines et de la Crau.
Les alluvions des torrents qui sortaient des glaciers anciens ou, en d'autres termes, les alluvions fluvio-glaciaires ont aussi très souvent barré des vallées qu'elles ont transformées en lacs. Ainsi, à peu de distance du confluent du Rhône et de l'Ain, les deux petits lacs d'Hières (profondeur du plus grand 4 mètres à 4", 50) se trouvent dans une vallée latérale à celle du Rhône, dont les eaux paraissent avoir été arrêtées par la grande nappe d'alluvions qu'envoyait le glacier du Rhône lorsqu'il stationnait aux abords de Lagnieu^
Le lac de Pluvis (profondeur 12 mètres) paraît avoir une origine analogue. H se trouve, à peu de distance du coude si prononcé que décrit le Rhône aux environs de Saint-Genix, dans une dépression, située entre la montagne d'Izieu et le mont de Cordon, qui parait être un ancien lit du Rhône. A l'est, il semble être • bordé par du terrain morainique, mais, à l'ouest, il est soutenu par un barrage d'alluvions anciennes, qui forme une terrasse élevée d'une quinzaine de mètres au-
\ . Feuille XX(Son(irio-Bormio) de la Carte géologique suisse au
2. Carte géologique au gQÔôô» feuille Saint-Jean de Maurienne.
3. A. Penck, Morphologie der Erdoberflàche, Stuttgart, 1894, t. II, p. 293.