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De I.appabb.nt, Traité de géologie, 3° ëdilioii, p

de ces mêmes projections ne serait pas une raison pour qu'on eût nécessairement afTaire à un efTondrement ; car l'explosion aurait pu les rejeter très loin. Il serait imprudent d'adopter l'une de ces deux théories d'une manière définitive.

Remarquons que ces cratères-lacs, comme on les appelle généralement, ont une profondeur importante. Ainsi, parmi les lacs de France jusqu'à présent explorés, le lac d'Issarlès occupe le quatrième rangetlelacPavinleseptième. ^ - , •«

Dansd'autresrégionsque I

laFrance.les cratères-lacsalteignent des profondeurs encore plusconsidérables. Ainsi, d'aprèsM. O.Marinelli'.lelac I d'Albano, dans le Latium, aurait plus de 110 mètres. Dans rOregon, le Craler Lake est, avec des fonds de 2 000 pieds, le lac le plus profond de l'Amérique du Nord'. Par contre, le plus profond des ^ ,„„ , ... ,, ,, ....

' " r " "' Plu, 100. j,ac il IssnrlÈs (AftlÈche).

lacs de l'Eifel, le Pulvermaar, ,„ . . , „„.i,,

n'a que 74 mètres*.

D'après certains auleurs, l'activité volcanique pourrait encore donner naissance à des lacs d'une manière très différente. Les épanchements basaltiques ont été parfois obligés de se mouler sur des terrains accidentés, et peut-être, lorsque la coulée s'est refroidie, s'est-il formé des dépressions sur sa surface, analogues aux petites cavités qu'on voit se produire sur la cire lorsqu'on la laisse se figer dans un vase. C'est ainsi que Lecoq explique la formation d'un certain nombre de petits lacs qui occupent les plateaux basaltiques du centre de la France*. Il ne paraît pas absolument impossible que les lacs peu profonds de Chambedaze, de la Faye, des Esclauzes (fig. 32, p. 77), de Bourdouze^ ainsi que ceux des environs d'Issoire* et les lacs éteints des plateaux basaltiques qui environnent Saint-Flour* aient pris naissance de cette manière. Toutefois nous n'en avons aucune preuve, et, comme nous l'avons vu', on peut leur attribuer un tout autre mode de formation, qui est beaucoup plus vraisemblable.

1. 0. Mahinellt, Escurzinne ai Lagki Laziali (Riv. Geogr,, anno III, fnsc. \, 1896).

2. DuTTON, Science, vol. VU, 1886, ]>. 179, cl Rcsskli., Lakes nf ^orlk America, p. 21.

3. Halbpass, Tiefen und TemperatunerhilIlnisKe der Eifelmaare, Pet. Mit., 1897, HeR. 7, p. 150.

4. Lecoq, Note fur Us petits lacs des terrains basaltiques de l'Ativergne.

5. Corle g^oloBiquc au ~^, fouille Ilrioude. B. Ibid., feuille Saiul-Flour, par PouqU(5.

T. Page 273.

iSH LES LACS FRANÇAIS.

B. — Bwisins produits par aes mouvements lents de Pécorce terrestre.

On sait que Técorce terrestre, plus ou moins sphérique primitivement, se déforme sous la compression latérale qu'elle subît; elle se plisse en constituant une série de vallons et de voûtes, ou, pour employer les termes usités en géologie, de synclinaux et d'anticlinaux, dont les angles sont souvent très aigus. Tout système de montagnes est composé d'une succession de pareils plis plus ou moins compliqués et plus ou moins facilement reconnaissables.

Ces synclinaux et ces anticlinaux sont loin d'avoir une forme géométrique et, en particulier, leurs axes ne décrivent pas en général une ligne droite, mais bien une ligne plus ou moins ondulée. Il n'est donc pas impossible de concevoir que des lacs viennent à se loger dans un synclinal par suite des ondulations de l'axe du pli. De pareils lacs s'appellent généralement lacs orographiques ou lacs tectoniques.

MM. delà Noë et de Margerie* ont fait remarquer que, lorsqu'on rencontre dans 1^ voisinage de lacs ou, plus généralement, de dépressions fermées, des couches d'âge plus récent que celles qui existent au fond de ces dépressions, ces dernières sont nécessairement postérieures au plissement. Les dépressions, disent ces deux savants, n'existaient pas encore lorsque les couches, dont le prolongement est reconnaissable un peu plus loin, ont été enlevées; car, avec une pente discontinue, les matériaux correspondants n'auraient pas pu disparaître complètement ; c'est donc depuis la disparition de ces couches que les dépressions en question se sont produites.

Cette observation serait parfaitement juste si le plissement avait été un phénomène instantané ; dans ce cas, il est bien évident que les couches superficielles des terrains soumis à une dislocation resteraient emprisonnées dans les dépressions qui prendraient naissance, et la contre-pente les protégerait contre une érosion ultérieure. Mais le plissement d'une chatne de montagnes n'a pas été l'œuvre d'un instant; il a fallu, pour l'édification de massifs tels que ceux des Alpes et du Jura, de longs espaces de temps, pendant lesquels l'érosion tendait sans cesse à niveler les rides nouvelles en formation, et, pendant cette lutte entre les forces internes et les forces externes, une partie des couches superficielles a pu disparaître avant que le travail des premières fût achevé. De plus si, comme c'est le cas dans beaucoup de montagnes calcaires, une fissure existe dans la roche, au fond de la dépression, l'effet de la contre-pente sera détruit, et les couches superficielles pourront disparaîlre souterrainement. Il ne paraît donc pas impossible qu'une dépression fermée soit contemporaine du plissement, même si l'on n'y rencontre pas les couches les plus récentes des terrains du voisinage.

Toutefois l'observation de MM. de la Noë et de Margerie est certainement applicable dans un très grand nombre de cas, par exemple lorsque les lacs sont situés au

1. De la Nok et de Margkrie, les Foiincs du terrain, Paris, Imprimerie nalionale, 1888, p. 157.

SITUATION GÉOLO<ilQUK ET OKIGINE DES LACS. 289

milieu de couches beaucoup plus ancienoes que celles dont nous retrouTons des témoins dans le voisinage. Ainsi le lac CorDu{fig. 101) et le lac du Brévent' sont dans les micaschistes, alors que la cime peu éloignée des Aiguilles-Rouges est couronnée par un chapeau de lias, qui lui-même surmonte le trias. D'autre part, le permien, le houiller et des schistes plus jeunes que les micaschistes sont visibles dans les environs. Ces divers étages, qui représentent une épaisseur considérable de terrain, existaient donc au-dessus de l'emplacement des deux lacs en question, et il est

Fif. 101. — Loc Cumu, vu de l'Aiguille- Pourrie. ID'aprfts uns phoiograpliie de M. 1. Vallot.)

absolument invraisemblable de supposer que, après leur disparition, un plissement final des micaschistes ail donné naissance à ces lacs.

Une observation analogue s'applique aux lacs du massif de Belledonne (lacs Crozet, du Doménon, Robert [fig. 46, p. 125], etc.) et à ceux du massif de Taillefer (lac Fourchu), situés dans les amphibolites et à la base de sommités recouvertes de chapeaux basiques ou triasiques, seuls témoins d'une série de couches emportées par l'érosion ^

i. Carie géologique au g;;^, feuille Annecy.

2. Carte géologique de France, feuilles Grenoble et Vieille, par Lory, — L. Dcpabc et A, Delebgcoite, Sur les gabbroi et les amphibotiles du massif de Belledonne {C. R., t. CXVlil, p. 673, 189t). — L. DtPABr.. Sur le* roches iruptivet de la chaîne de Belledonne {C. R., t. CXXII, p. 63t, 1896).

- 1^1- lie Saint l'oiiil, vu Uc ïe; lU'iprÊE BDo phoiogripliio du A

Parmi les lacs dont l'origine pourrait être due au plissement irrégulier d'un syoclinal, je citerai ceux de Saiol-Poiat {fig. 102} et de Kemoray' qui, autrefois, formaient une nappe d'eau unique, avant que le delta du Doubs l'eût coupée en deux.

Le cénomanien, étage du crétacé supérieur, est la couche la plus jeune de la ,tm^mb.^.^à ""figioD; car la mer molas- ^1 sique, dont la limite n'est d'ailleurs guère éloignée, ne paraît pas l'avoir atteinte.

Or les lacs de Saint-Point et de Remoray se trouvent au fond d'un synclinal où de val. 31 août 1895. n^^^breux affleurements de cénomanien sont visibles. On peut "citer encore, comme lacs ayant peut-être lajmème origine, le lac de l'Abbaye^ (fig. 103), situé dans un synclini\l avec affleuremeat de molasse marine

et les deux lacs d'Etival ', | — — -■ -- ■

dans un synclinal urgonien. [ Toutefois, comme nous le verrons plus loin, d'autres causes, très différentes, ont pu aussi contribuer à la formation de lous ces lacs.

Le lac du Bourget a souventotéconsidéré comme un lac orographique dû à la

mèmecause.D'aprcsM.Hol- I

lande', il résulleraitdu plissement des chaînes calcaires — - — à la (in de l'époque mio<:cnc. *■'"- 'o*- - '■«'" t^' ''s'"'"^ ''« 'Abbuye, i juillet ib95.

~ ■ 1 ■ Il , j (Uaiirès une pli..iO(!rapli[o do A. DuLiBiicoDii.)

Ce qui reste actuellement du

lac se trouve bien en effet dans un synclinal où affleure la molasse. Mais, avantd'être

envahi par les alluvions du Rhône, le lac ancien, dont nous étudierons les limites

J. Carte gt'olcigiqui^ île Franco à IV'chellc de ^^^- f'MiiHe Poiitailier, par Bcrlraod.

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