F. -A. PoHEi., le Léman, t. I, p
6. Voir la carie du caiiloti de (ienrvo au ^—,, par Alphonse Favre.
renferme toutes les roches des bassins de l'Arve el du Rhône ; on y trouve en particulier les euphotides caractéristiques de la vallée de Saas dans le Valais ; à sa base s'y voient des couches de lignite. Cette alluvion se prolonge d'ailleurs en amont dans la vallée de l'Arve et en aval dans celle du Rhône; elle est, en maints endroits, visible dans les méandres encaissés de ces deux rivières et parait former au-dessous du terrain glaciaire un soubassement continu de Genève au fort de l'Ecluse.
2° Sur la colline de Bougy, au-dessus de Rolle, où elle s'élève jusqu'à 275 mètres au-dessus du lac. Elle est, comme à Genève, horizontale et recouverte par
Fin. III. — Falaise d'alluvion am-icnnc Jii roteau itc Sainl-Jean, en Tece du bois de la Bdtie. au-dessus du coniluent du Ithùne et de l'Arve.
(D'après une photographia ds U. Jullirh.)
le glaciaire, et repose aussi sur la molasse ; elle est constituée par les cailloux de la vallée du Rhône.
3° Dans la vallée de la Dranse du Chablais, principalement entre Thonon et Bioge, et entre Bioge et Chevenoz, dans la vallée de la branche de la rivière Issue d'Abondance. Elle est en général horizontale, sauf en certains points où elle a une inclinaison, assez irrégulière d'ailleurs, de quelques degrés vers le lac. Elle est recouverte par de puissants amas de terrain glaciaire et repose sur les couches, souvent très fortement redressées, à travers lesquelles la vallée a été creusée. Elle est constituée par des cailloux qui appartiennent au bassin de la Dranse ; les roches cristallines y sont très rares et peuvent d'ailleurs provenir des pointements voisins des Gets, dans la partie haute de la vallée.
Quelle que soit la région où on l'examine, l'alluvion ancienne constitue un dépôt torrentiel et nullement un dépôt lacustre ; ses matériaux ont été déposés à l'air libre
et non pas sous les eaux. Jamais Ton n'y a trouvé les couches caractéristiques des deltas torrentiels, si apparentes dans les terrasses voisines qui bordent le lac. L'inclinaison locale des alluvions de la Dranse, signalée plus haut, est trop irrégulière pour pouvoir être attribuée à un dépôt lacustre * ; elle provient vraisemblablement d'éboulements ou de tassements locaux dont le voisinage immédiat du gypse^ roche facilement attaquable par les eaux souterraines, rend compte aisément.
La faune et la flore, assez pauvres d'ailleurs, de cette alluvion lui font attribuer un âge relativement jeune. On y a trouvé des ossements d'animaux vivants de nos jours', une défense qu'Alphonse Favre* attribue, avec beaucoup de doutes, à ÏE/epha^ antiquns, des mollusques, des insectes et des plantes semblables à ceux qui vivent actuellement dans la région'. M. Forel* n'hésite pas à dire en conséquence que l'alluvion ancienne appartient au terrain quaternaire et non au pliocène, dont on considère généralement que le Deckenschotter fait partie. Le peu d'altération des roches qui la constituent milite également en faveur de sa jeunesse ; à cet égard, elle est fort différente de l'alluvion des plateaux du Lyonnais que MM. DelafonJ et Depéret rangent dans le pliocène supérieur ^
Il semble d'ailleurs que l'alluvion ancienne ne soit pas très éloignée d'être du même âge que les moraines qui la surmontent. M. Ernest Favre ^ a constaté en effet que, au bois de la Bâtie, à peu près à mi-hauteur de la falaise qui domine la rive gauche du Rhône, une lentille de terrain glaciaire, composée d'argile avec cailloux striés, pénètre comme un coin dans l'alluvion ancienne. Cette lentille fait, d'après M. Favre, très nettement partie de la grande masse de terrain glaciaire qui recouvre cette alluvion, et en effet, d'après le dessin qu'il joint à son mémoire ^, elle s'en détache visiblement. Non loin de là, dans la gravière de Mategnin, sur la rive droite du Rhône, une disposition analogue a été constatée par Alphonse Favre *®. « Ces faits, dit M. Ernest Favre avec beaucoup d'apparence de raison, ne peuvent s'expliquer
1. Je ne sais pourquoi M. Brûckner qui, d'ordinaire, est un observateur très avisé, veut voir dans ces dernières couches un ancien delta torrentiel de la Dranse dans le lac de Genève, à une époque où son niveau aurait été de 130 à 150 mètres au-dessus du niveau actuel (Ed. BrOckner, die Verglelscherung des Salzachgebietes^ in Penchas Geograph. AhhandL, Bd. I, Heft 1, p. 165, 1886). 11 reconnaît tout le premier à la même page que leur inclinaison est des plus irrégulières, même qu'elles penchent tantôt vers le nord, tantôt vers le sud.