‹ Atlas des lacs françaisChapitre 259 sur 360 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

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que par une oscillation du glacier ; après avoir recouvert la nappe inférieure, il a dû se retirer ; les eaux ont enlevé la boue glaciaire, sauf la languette qui est restée le seul témoin de ce mouvement, puis elles ont déposé ralluvion supérieure, que le glacier, dans un nouveau mouvement de progression, a recouvert de la grande nappe d'argile. »

Dans ces conditions, Talluvion ancienne pourrait correspondre à celle qu'on rencontre à Test de Lyon, sous les moraines de la dernière glaciation et que MM. Delafond et Depéret* ont appelée <( cailloutis de la période de progression des glaciers ». Il faut remarquer cependant qu'un temps assez long a dû s'écouler entre le dépôt de la nappe inférieure de l'alluvion ancienne et celui de la grande masse glaciaire qui la recouvre ; car, en certains points, le terrain glaciaire est en contact avec la molasse à un niveau inférieure celui qu*atteint l'alluvion ancienne. Ainsi, un peu en aval de la Plaine, la molasse qui forme le promontoire d'Épeisses supporte directement l'argile glaciaire, à quelques mètres au-dessus du lit du Rhône ; l'alluvion ancienne fait ici défaut^. On est donc amené à conclure que cette alluvion a eu le temps d'être ravinée assez fortement avant le dépôt de la couche supérieure de terrain erratique. On trouve du reste, en d'autres points du canton de Genève, des dénivellations considérables de l'alluvion ancienne ^

Quel que soit d'ailleurs l'âge de cette alluvion ancienne, son dépôt autour du lac de Genève est assez difficile à expliquer. Comment en effet a-t-elle pu traverser la dépression du lac sans la combler ? C'est une question que se sont posée la plupart des géologues qui se sont occupés du lac de Genève, et voici les principales réponses qu'ils y ont faîtes.

Alphonse Favre* suppose que l'alluvion ancienne est un produit des grands glaciers, que ses cailloux ont franchi la dépression du lac, alors que celle-ci était occupée par la glace, qu'ils ont fait ce voyage à l'état de blocs erratiques et qu'ils n'ont été roulés qu'après être arrivés dans le torrent au pied du glacier et avoir été remaniés par les eaux.

M. Ernest Favre '^ pense qu'elle provient de glaciers peu éloignés; les eaux qui sortaient de leurs diverses parties, et qui parcouraient les plateaux et toutes les dénivellations du sol, formaient leurs dépôts torrentiels aux hauteurs les plus diverses. 11 suppose, lui aussi, que le lac existaitdéjà, mais qu'il était comblé parla glace. Il reconnaît d'ailleurs que son explication est loin d'être satisfaisante.

M. Forel* prétend que Talluvion ancienne de Bougy et de la Dranse est un dépôt

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