‹ Atlas des lacs françaisChapitre 261 sur 360 · Arch, S. P. 2V. G., 3« période, t. XXXIII, p · texte numérisé non relu

Arch, S. P. 2V. G., 3« période, t. XXXIII, p

Quant aux alluvions de Bougy et de la Draose, leur situation est encore plus énigmalique. Elles devraient être, d'après M. Ernest Favre, le produit d'émissaires latéraux du glacier. Mais cette explication ne peut évidemment rendre compte des dépôts de la vallée de la Dranse ; car ils sont presque exclusivement calcaires et ne sauraient provenir d'un glacier descendu du Valais où abondent les roches cristallines.

Enfin les alluvions de Bougy et de la Dranse ne peuvent être, comme le pense M. Forel, des dépôts d'affluents latéraux dans des étangs soutenus par le grand glacier du Valais et analogues au lac de Mârjelen ; car ces dépôts sont, comme nous l'avons vu*, d'origine fluviatile et non d'origine lacustre.

Les auteurs de ces diverses théories supposent tous que, au moment du dépôt de l'alluvion ancienne, le lac était occupé par un glacier. Il est évident que ce dépôt est encore beaucoup plus difficile à expliquer, si l'on suppose que, lorsqu'il s'est produit, le lac n'était pas rempli par la glace. Car il est évident que, dans ce cas, celui-ci aurait dû être comblé. Comment admettre, en efTet, qu'une nappe d'alluvions, issue du Valais, ait pu traverser la cavité du lac sans la remplir ou que les dépôts provenant de la vallée latérale de la Dranse se soient arrêtés brusquement au bord de cette cavité, sans s'y précipiter?

Il serait peut-être plus naturel de penser que la formation du lac est postérieure au dépôt de l'alluvion ancienne. Le lac serait alors dans une vallée creusée au milieu de cette alluvion, et dont les murailles seraient constituées par les falaises que celle-ci forme à la Bâlie, à Bougy, à la Dranse. Il est d'ailleurs possible, probable même, que cette vallée a été transformée en lac par un affaissement du massif alpin, analogue à celui que M. Heim a constaté au lac de Zurich ^ On ne peut guère en effet expliquer la présence du lac que par un mouvement de celte nature'. Toutefois je répète que, jusqu'à présent, sur le versant occidental des Alpes, on n'a encore trouvé aucune trace d'un pareil affaissement. De plus, si la formation du lac de Genève a suivi le dépôt de l'alluvion ancienne, le mouvement a dû se produire postérieurement à celui qui a donné naissance au lac de Zurich, puisque l'alluvion ancienne parait être plus récente que leDeckenschotter.

On pourrait encore admettre, avec M. Brûckner*, que l'alluvion ancienne a comblé un ancien lac, à peu près semblable au lac de Genève, et que l'érosion glaciaire a, pour employer une locution peu française, mais expressive, « réexcavé »le lac actuel dans cette alluvion. Nous verrons en effet tout à l'heure que l'excavation

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