‹ Atlas des lacs françaisChapitre 260 sur 360 · Léman, t. I, p. iT · texte numérisé non relu

Léman, t. I, p. iT

d'affluents torrentiels latéraux qui, venant se butter contre le corps du grand glacier occupant la cavité du lac, y formaient des étangs locaux. Il n'hésite pas à admettre que Talluvion ancienne s'est déposée après le creusement de la vallée et qu'elle est un revêtement superficiel des murailles du bassin.

D'après M. Schardt*, les trois dépôts du bois de la Bâlie, de Bougy et de la Dranse se rattachent à une époque où le glacier du Rhône n'occupait que la dépression du lac Léman jusqu'aux environs de Nyon. La région entre le glacier et le Jura servait de champ de dépôt aux alluvions glaciaires de Bougy et de Genève ; l'aire comprise entre le glacier et les Alpes du Chablais a été comblée par l'immense amas de graviers que le torrent du glacier de la Dranse projetait par les défilés de Bioge.

Ces diverses explications ne s'accordent guère, malheureusement, avec ce que nous connaissons des terrains glaciaires.

D'après Alphonse Favre et M. Ernest Favre, l'alluvion du bois de la Bâtie aurait été déposée par le torrent issu d'un glacier occupant la cavité du lac Léman et s'étendantau moins jusqu'à la ville de Genève, point où le lac actuel finit. Mais un pareil glacier a dû faire un stationnement prolongé, si l'on en juge par l'énorme quantité d'alluvions à laquelle il a donné naissance depuis Genève jusqu'au fort de l'Écluse, et ce stationnement a eu comme conséquence nécessaire une moraine terminale. Chaque fois que, dans le territoire occupé par les anciens glaciers, on remonte la pente d'une terrasse fluvio-glaciaire de quelque importance, on arrive toujours à une moraine, plus haute que cette terrasse, qui séparait cette dernière du glacier. Or rien de semblable n'existe dans les environs de Genève. Nous ne trouvons rien d'analogue à la moraine sur laquelle est bâtie la ville de Zurich et qui a donné naissance à la terrasse de la Limmat. Le glaciaire y forme un simple placage sur les alluvions, il envoie au milieu de celles-ci quelques lentilles d'argile et de cailloux striés, mais la moraine terminale qui devrait se trouver en avant, et qui, à en juger par l'extension des alluvions, avait, semble-t-il, un développement considérable, fait complètement défaut. On pourrait cependant admettre qu'elle a été entièrement emportée par les efforts combinés du Bhône et de l'Arve, ou bien encore qu'elle a été balayée par le glacier lui-même, dans une nouvelle marche en avant.

M. Schardt, en supposant que, lors du dépôt des couches du bois de la Bâtie, le glacier ne s'avançait que jusqu'à Nyon, ne fait que déplacer la difficulté de Genève à Nyon, mais ne la résout point. Dans cette hypothèse, une moraine transversale devrait exister en avant de Nyon et s'élever au moins jusqu'au niveau des alluvions de la Bâtie, soit à 30 mètres au-dessus du lac ; de plus, toute la partie du lac située en aval de Nyon devrait être comblée par les alluvions issues de cette moraine.

Page 1