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2. J. Revil et i. Vivien, le Pleistocène de la vallée de Chambéry {r. B., CXX, p. tl6, 1893).
elles renferment des mélaphyres labradoriques et des galets de brèche polygénique éocène caractéristiques de la Maurienne et de la Tarenlaise. Elles paraissent donc provenir du bassin de risère, les roches du Mont Blanc ayant pu être apportées dans celui-ci soit par la vallée des Chapieux, soit par un glacier qui aurait franchi la dépression de Mégève.
Comme celles du bois de la Bâtie, ces alluvions renferment une couche de lignite, visible en plusieurs points, notamment à la Chapure, à Sonnaz et à Voglans, où elle fait l'objet d'une exploitation.
Cette exploitation a permis à M. Vivien* de faire une constatation importante, dont M. Du Pasquier et moi avons pu vérifier l'exactitude. M. Vivien a trouvé, immédiatement au-dessous de ces lignites, une argile renfermant des cailloux polis et des blocs anguleux, dont l'origine glaciaire est manifeste. L'alluvion ancienne repose donc en ce point sur le glaciaire, et elle est, en conséquence, interglaciaire.
Sur la rive gauche de l'Isère, en face de Montmélian, on retrouve l'alluvion ancienne toujours recouverte par le glaciaire, et on peut la suivre assez loin en amont. Mais, ainsi que j'ai pu le constater dans une excursion faite avec M. Du Pasquier, à mesure qu'on remonte la vallée, cette alluvion perd peu à peu ses caractères de dépôts torrentiels, sa stratification devient confuse, des blocs anguleux et des cailloux striés apparaissent, et, à Chamousset, au confluent de l'Isère et de l'Arc, on se trouve en présence d'un terrain nettement glaciaire, reste probable d'une ancienne moraine où ces deux torrents ont fait une large brèche. 11 semble, sans qu'on puisse toutefois l'affirmer, que cette moraine soit l'amorce d'une terrasse fluvio-glaciaire constituée par l'alluvion ancienne, terrasse qui aurait été ensuite recouverte par le glacier dans sa marche en avant.
Nous nous trouvons d'ailleurs en présence de la même difficulté qu'au lac de Genève. Si l'on suppose que le lac du Bourget existait avant le dépôt de ces alluvions, on ne voit pas comment, au lieu de diminuer progressivement d'épaisseur et de se terminer en pointe, elles ont pu s'arrêter à l'extrémité méridionale du lac, en formant au-dessus de lui une falaise d'une cinquantaine de mètres de hauteur, comme celle qu'on voit à la Chapure. Tout s'expliquerait, au contraire, beaucoup plus aisément, si l'on admettait que le lac est dans une vallée creusée au sein de ces alluvions. La transformation de cetle vallée en lac n'a, d'ailleurs, guère pu se produire que par un afiaissement analogue à celui du lac de Zurich; mais on n'a pu, jusqu'à présent, trouver aucun indice de cet affaissement. Comme au lac de Genève, le mouvement parait être assez récent.
Toutefois il n'est pas impossible que l'emplacement occupé par le lac actuel ait été, avant le dépôt de cette alluvion, le siège d'un lac plus ancien. Des coquilles
i. Bull. s. G. F., 3« série, t. 24, p. xxxiv, 1896.
lacustres ^ trouvées près de Chambéry, dans des bancs de marne situés sous Falluvion ancienne, militeraient en faveur de cette hypothèse. Mais alors cet ancien lac aurait été comblé parTalluvion ancienne; une nouvelle vallée aurait été creusée au sein de celle-ci et cette vallée aurait été transformée en un lac, le lac actuel, soit par un affaissement des Alpes, soit peut-être encore, si Ton se range & Topinion de M. Brûckner^ par Texcavation des glaciers dans les dépôts meubles constituant cette alluvion.
Remarquons d'ailleurs que, dans le voisinage du Bourget, la vallée du Grésivaudan parait avoir été le siège d'un ancien lac. En effet, comme nous l'avons déjà vu^ aune trentaine de kilomètres à l'aval de Grenoble, près du village de Saint- Gervais, l'Isère qui, depuis Albertville, coulait dans une large plaine d'alluvions, entre dans des gorges étroites qu'elle a creusées au travers d'un plateau molassique. Ce plateau, qui, ainsi que j'ai pu le constater^ forme un seuil continu entre les deux versants rocheux de la vallée, domine d'une cinquantaine de mètres la plaine alluviale. Il y a bien là une ceinture de roche en place qui paraît avoir soutenu un ancien lac; ce lac s'est peu à peu comblé par les alluvions de l'Isère, du Drac et d'autres rivières de moindre importance, en même temps que l'émissaire se taillait un lit profond dans une molasse relativement tendre. Il est d'ailleurs difficile de dire jusqu'où ce lac s'étendait en amont, car la partie supérieure de la vallée est encombrée d'alluvions dont nous ignorons l'épaisseur. Il se pourrait que le petit lac de Sainte-Hélène, dont nous avons parlé plus haut^ relégué dans la vallée latérale du Coisetan, fût une portion de cet ancien lac respectée par les alluvions de l'Isère.
La plaine de l'Isère, depuis Albertville jusqu'à Saint-Gervais, est en maints endroits dominée par des alluvions anciennes horizontales, recouvertes par le glaciaire et formant falaise comme au lac du Bourget. Sans faire aucune hypothèse sur leur fige qui est encore assez mal déterminé, il est assez naturel de supposer qu'elles sont antérieures à l'ancien lac du Grésivaudan.
d, — LAC d'annecy' (fig. 113 ET 114)
Les alluvions anciennes semblent être beaucoup moins développées autour du lac d'Annecy qu'autour des lacs de Genève et du Bourget. Je ne connais qu'un point où l'on rencontre un dépôt qui paraisse avoir quelque analogie avec elles. C'est une
1. J. Revil et J. Vivien, /oc. cit, — Il faut observer toutefois que, au-dessous des bancs de marne en question, on retrouve des sables et des palets n'ayant aucun caractère lacustre et aussi le glaciaire, d'après la récente découverte de M. Vivien (voir page 307). Ce lac ne serait donc pas très ancien. L'épaisseur de ces marnes est d'ailleurs assez faible, et le lac où elles se sont déposées a pu n'avoir qu'une profondeur insignifiante.