‹ Atlas des lacs françaisChapitre 266 sur 360 · Bblloc, Ann. C. A. P., 1894, p · texte numérisé non relu

Bblloc, Ann. C. A. P., 1894, p

3. A. DELBBïcguE, Sur quelques lars des Alpes, de l'Aubrac et des Pyrénées (C. S., t. CX.\, p. Si, 1835).

duire; rien d'ailleurs, dans les études qu'on a faites des massifs montagneux, n'a révélé jusqu'à présent un morcellement aussi prodigieux de la croûte terrestre.

Les observations géologiques faites à l'occasion de la construction du tunnel du Saint-Gothard sont peu favorables à celte hypothèse. Le tunnel passe à 300 mètres au-dessous d'Andermalt ', qui parait être le siège d'un ancien lac important à présent comblé par les alluvions de la Reuss, et, à cet endroit, les géologues suisses

Pio. (16. — Lois du Port Je Vi;ii,ist|u<:. ID'Bprés H no pholograpliio do M. TmiNTmii,.)

n'ont observé aucune modificalîon dans l'allure des couches ^ Il semble donc que la formation des lacs de montagne ne peut être rapportée que tout à fait exceptionnellement à des affaissements analogues à ceux qui paraissent avoir donné naissance aux grands lacs subalpins.

Je suis loin de prétendre, d'ailleurs, que certains effondrements ne peuvent figurer au nombre des causes qui ont présidé à la formation des lacs; mais ces effondrements ont, comme nous le verrons plus loin, une tout autre origine et ne peuvent être rapportés aux forces internes qui agissent sur l'écorce terrestre.

1. Carte géologique du Saint-Cotliard au jj^, par Von Frilsch, publii.-e aux frais de la ConfédéralioD helvétique.

2. Stapff, Observaliom géologiques dam le tunnel du Gothard (Arch. S. P. JV. G., 1873 et 1876, pas.tim).

2^ BASSINS PRODUITS PAR LES FORCES d'oRIGINE EXTERNE

QUI AGISSENT SUR l'ÉCORCE TERRESTRE

Les agents d'origine externe qui peuvent travailler avec le plus d'énergie Técorce terrestre sont le vent, Teau et la glace. Examinons-les successivement.

A. — Action du vent.

On sait que le vent, entraînant des particules sableuses, peut user même les roches les plus dures*. D'après Gilbert ^ la partie sud-est du Colorado renferme un nombre considérable de petites dépressions peu profondes dues à l'action du vent sur des surfaces privées de végétation. Pumpelly^ a constaté que, partout où le terrain situé entre la frontière sibérienne et la grande muraille de Chine est formé de roches cristallines, il était rempli de dépressions auxquelles il ne manquait que de l'eau pour être transformées en lacs. 11 les attribue à l'enlèvement par le vent des parties décomposées de la roche.

En ce qui concerne le territoire français, je ne vois guère de point où cette explication pourrait être admise. Il est évident qu'elle ne saurait rendre compte des profondes cavités qui existent dans les vallées alpines ou pyrénéennes. Certains plateaux montagneux sont, il est vrai, très exposés au vent; tel est, par exemple, le désert granitique de Carlitte^ qui est constellé de petits lacs dont la profondeur ne paraît guère dépasser 15 mètres '• Mais la surface de ce plateau, situé à une altitude supérieure à 2 000 mètres, est protégée par la neige pendant plus de la moitié de l'année. Il faut d'ailleurs remarquer que des dépressions causées par le vent ne peuvent exister que dans des climats très secs; car, dans un climat humide, où la précipitation atmosphérique l'emporte sur l'évaporation, elles se rempliraient d'eau aussitôt ébauchées et seraient par suite à l'abri d'une excavation ultérieure.

B. — Action de Veau.

a. — ACTION MÉCANIQUE OU CHIMIQUE DES EAUX SUPERFICIELLES

Il serait superflu de rappeler ici le pouvoir mécanique de l'eau; tout le monde est d'accord aujourd'hui pour admettre que, dans la formation des vallées, une part

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