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DES AVALANCHES* TOMBENT DANS LES LACS

Ce phénomène est particulier aux lacs de montagne, qui sont en général entourés de pentes escarpées. 11 se produit surtout dans les lacs pyrénéens et a été

\. Le mot avalanche désigne ici, non seulement les masses de neige et de glace, mais encore les matériaux de toute espèce qui sont entraînés sur les pentes des montagnes. Il est pris ici dans son sens le plus général.

très bien décrit dans les ouvrages de MM. Vallol* et Belloc*. J'ai déjà dit^ que ces avalanches étaient Torigine des nombreux monticules ou îlots qui s'élèvent sur les talus de ces lacs à une faible dislance du rivage (50 mètres au plus), en formant souvent du côté de celui-ci de petits bassins secondaires que représente la figure 143. On en voit, en parliculier, des exemples aux lacs d'Oo, d'Espingou, de CaïUaouas, d'Estom, de Gaube. Dans ce dernier, on voit même, sur la rive droite, un petit bassin complètement isolé et formant une nappe d'eau indépendante du lac (fig. 144).

Il semble, au premier abord, assez singulier que les avalanches, au lieu de s'arrêter au pied même des talus du lac, viennent former des monticules à quelque

Fio. 143. — Schéma du mode de disparition des lacs par les avalanches. A, Avalanche tombée dans le lac et formant un monticule ou un tlot. — BC, Petit bassin secondaire entre le rivage et le monticule.

distance de ces talus. MM. Vallot et Belloc ont donné une explication très satisfaisante de ce phénomène. Les avalanches tombent en hiver et au printemps sur la surface gelée du lac et, comme c'est le cas général pour les éboulements, ne se déposent pas suivant un cône qui s'appuie sur la montagne, mais s'étalent sur cette surface en formant une saillie k quelque distance du rivage^. Lorsque le dégel arrive, tous ces matériaux tombent dans le lac, et la partie la plus épaisse de la masse forme sur ces talus un monticule, quelquefois même un Ilot.

Ces avalanches sont un agent assez énergique de comblement et elles diminuent d'une quantité notable la superficie de beaucoup de lacs de montagne ; toutefois elles ne peuvent en général les anéantir complètement; car elles s'arrêtent nécessairement à une certaine limite du rivage, limite qui ne parait guère dépasser une centaine de mètres et au delà de laquelle le lac est à peu près à l'abri. Cepen-

1. J. Vallot, Comblement des lacs pyrénéens y Paris, Jacques Lechevalier, 1887.

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