‹ Atlas des lacs françaisChapitre 295 sur 360 · Voirfig. 131, page · texte numérisé non relu

Voirfig. 131, page

FiG. iiil. — Lac du Bourget (parlie aval) vu de la Chambottc.

Au tond, au pied du Colombier, on voit le Ithdae qui coule sur ta plaine d'alluvio

(D'après uns photographie de M. NkuRdkin.)

Fio. lie. — Dclla torrentiel du cours d'eau issu du col du Julier (Ova del Vallun), dans le lac du Silvaplaiia (Engadine (D'après auo pholoerBphio.)

qu'un seul bassin, aujourd'hui coupé en deux parle delta duDoubs; — le lac de Chaiilexony qui s'étendait vers Morteau et que le même Doubs comble progressivement; — k lac de Nanlua, qui atteignait les moraines frontales de Nurieux, et que les alluvions de FOignia et de l'Ange ont considérablement réduit ; — le lac de Barterand, qui se prolongeait an sud jusqu'à la moraine à laquelle il doit son origine, près du village de Saint-Champ (voir pi. Il), etc.

En Suisse, de pareils comblements se produisent d'une manière grandiose sous Taction des fleuves glaciaires ; tout le monde connaît la plaine formée par la Lûtschine, qui sépare les lacs de Thun et de Brienz et sur laquelle est bâtie la ville d'interlaken, les deltas si caractéristiques des affluents des lacs de Sils et de Sîlvaplana (flg. 146) dans l'Engadine, etc.

4^ l'émissaire se creuse un lit dans la digue qui soutient le lac, dont le niveau est ainsi progressivement abaissé

Comme je Tai dit plus haut, un lac n'est qu'un accident dans le profll en long d'un cours d'eau, accident qui tend à disparaître à mesure que celui-ci façonne son profll déflnitif. Ce profll est, on le sait, une courbe concave vers le ciel, tangente horizontalement au niveau de base et tendant à devenir verticale au point de départ, là où la masse de l'eau a pour limite zéro K

En chaque point du profll déflnitif, la pente doit être d'autant plus faible que la masse de l'eau est plus considérable. Or souvent, au point où le profll d'un cours d'eau rencontre un lac, la masse de l'eau, égale à celle de l'émissaire, est déjà assez importante et la pente AT de ce profll (flg* 147) est en général exagérée par rapport à cette masse ; il en résulte que cette pente doit diminuer et, pour cela, il faut que l'émissaire creuse son lit jusqu'à ce que celui-ci prenne la pente qui lui convient, c'est-à-dire jusqu'à ce que la tangente au profll en long devienne AT' ; le niveau du lac se sera alors abaissé de AB en A'B'.

L'abaissement du niveau des lacs, du chef du creusement du lit de Témissaire, est des plus variables. Il dépend de la position du niveau de base, du débit de l'émissaire et de la dureté de la roche qui forme le seuil du lac. Il atteint une trentaine de mètres au lac de Genève dont l'émissaire, qui est déjà un fleuve puissant, traverse des alluvions faciles à entamer; il n'est souvent que de deux à trois mètres pour les lacs de montagne dont le débit est faible et qui sont soutenus par une barre de roche dure, tels que les lacs d'Oo, de Gaube, d'Artouste, de Miguelou, de Garbet, etc. Il est à peu près nul pour beaucoup de lacs; même, comme nous le verrons dans un instant, le niveau de certains lacs s'est exhaussé depuis leur formation.

Le fait, très rare d'ailleurs, d'avoir deux émissaires, comme les lacs de Pradeilles

1 . De Lapparent, Leçons de géographie physique ^ p. 70. — De la Noë et de Margerie, les Formes du terrain, p. 54. — Heim, Mechanismus der Gebirgsbildung, t. I, p. 296, etc.

et de lasDougnes^ ne doit pas hâter rabaissement du niveau du lac; il a, au contraire, pour effet de le ralentir. Comme le débit moyen du lac, qui est réglé par rapport des affluents, reste le même quel que soit le mode d'écoulement, l'usure produite sur le seuil, qui est fonction de ce débit, se répartit en deux points différents; il en résulte que chacun des deux déversoirs est moins attaqué que sMl étail seul, et que le niveau du lac se maintient plus longtemps.

Ce double écoulement ne peut être d ailleurs que momentané; car le débit des

Fin, Ml. — Schéma de l'abaissement d'un lac par le creusement du Ut de l'émissaire.

deux émissaires n'est pas rigoureusement le métne et l'un deux doit finir par l'emporter sur l'autre. Nous sommes là d^ailleurs en présence d'un cas particulier des phénomènes de capture des cours d'eau si bien décrits par M. W. M. Davis*.

Pour les lacs à écoulement sous-lacustre, la cause de disparition que nous venons d'étudier existe tout aussi bien. Car l'émissaire souterrain tend en général, comme l'émissaire superficiel, à creuser son lit de manière à lui donner le profil qui lui convient; de ce chef, le canal d'écoulement doit s'agrandir et, à moins d'obstruction accidentelle, le niveau du lac doit baisser, absolument comme si la décharge se faisait par un seuil s'usant progressivement.

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