Alph. Favre, Recherches géologiques, t. I, p
rasses de TboDOD paraissent d'ailleurs beaucoup moins régulières que les terrasses inférieures; il est probable qu'elles sont dues à des dépôts formés par la Dranse dans des lacs temporaires soutenus par le glacier du Rhône^ alors que celui-ci occupait la cavité du Léman, lacs dont celui de Mârjelen^ dans le Valais peut nous donner une idée, fort atténuée il est vrai. De nombreux restes de deltas torrentiels sont également visibles à des altitudes bien supérieures encore, non seulement dans les environs de Thonon, mais encore en bien d'autres points des rives du lac ; ils sont les témoins isolés de petites nappes d'eau formées soit par le barrage de l'ancien glacier, soit par l'enchevêtrement de ses moraines latérales ou profondes; mais ils ne représentent nullement, comme on l'a prétendu*, d'anciens niveaux du lac de Genève.
Examinons d'un peu plus près la terrasse de 30 mètres formée par l'Arve. Celte terrasse, sur laquelle est bâtie le quartier de Genève appelé les Tranchées, et qui est bien, comme nous l'avons vu plus haut^ une terrasse d'origine lacustre, se prolonge en remontant le cours de l'Arvè jusqu'au delàd'Annemasse^ et en restant sensiblement à un niveau supérieur de 30 mètres à celui de la rivière. En la suivant un peu en amont de cette localité, j'ai constaté qu'elle se raccordait à une puissante moraine^. Il semble donc que ce soit une terrasse fluvio-glaciaire^.
Quelles sont les limites de l'ancien lac de Genève? A l'aval elles paraissent assez faciles à déterminer. Ce lac s'appuyait, soit sur le barrage d'alluvion ancienne qui réunissait les collines de Saint-Jean et de la Bâtie, soit sur une moraine qui existait devant ce barrage et que les efforts combinés du Rhône et de l'Arve ont emportée^; dans le premier cas, il occupait en outre la vaste dépression où coulent l'Aire et l'Eau-Morte et où se trouve la ville de Carouge. A l'amont, les limites sont plus incertaines ; car nous ne connaissons pas la forme du thalweg rocheux sur lequel se sont déposées les alluvions du Rhône; mais nous pouvons tout au moins nous la représenter approximativement. En effet, le premier seuil rocheux qu'on rencontre dans le lit du Rhône, en remontant le Valais, se trouve à la gorge de MôreP, un peu