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8. Voir les feuilles 17 (Vevey-Sion) et 18 (Brieg-Airolo) de la carte de la Suisse au yôôôôô'
en amont du confluent de la Massa, torrent issu du glacier d'AIetsch. Or, en admettant que ce thalweg ait été un plan régulièrement incliné depuis le seuil de Môrel jusqu'au fond delà plaine du lac, supposée débarrassée de ses alluvions, et en estimant, ce qui n'est pas invraisemblable, l'épaisseur de celles-ci à une soixantaine de mètres, M. Forel* a trouvé qu'il était coupé par le plan horizontal de la terrasse de 30 mètres à5 kilomètres en aval de Sion, à l'embouchure de la iMorge de Conlhey. Telle est, dans Tétat actuel de nos connaissances, la limite d'amont la plus probable que nous puissions fixer pour l'ancien Léman; encore faut-il remarquer combien elle est rendue incertaine par l'ignorance où nous sommes de l'épaisseur des alluvions qui recouvrent le plafond du lac.
Nous pouvons dès lors esquisser à grands traits 1 histoire du lac depuis la période glaciaire. Lorsque les glaciers se sont retirés du Léman, celui-ci occupait une cavité dont les limites viennent d'être à peu près tracées et dont le niveau était d'environ 30 mètres plus élevé que celui du lac actuel. Le glacier de l'Arve a fait, un peu en amont d'Annemasse, une station assez prolongée qui a eu pour conséquence la formation d'une moraine et d'une terrasse fluvio-glaciaire, terrasse qui est venue combler, probablement assez rapidement, toute la partie du lac située en aval de Genève. En même temps les autres affluents du lac ont produit les terrasses que j'ai mentionnées plus haut-. Le Rhône, lui aussi, a dû déposer dans cet ancien lac des alluvions puissantes, peut-être aussi d'origine glaciaire; car le glacier du Rhône n'est probablement pas rentré dans ses limites actuelles sans faire des stationnements multiples. Mais les terrasses que l'abaissement postérieur du lac a taillées dans ces alluvions, et qui ne sont qu'à 30 mètres au-dessus du niveau actuel, sont depuis longtemps couvertes par les dépôts plus récents du Rhône, qui exhausse son delta à mesure qu'il l'allonge dans le lac. Ainsi, en supposant que le lac ancien s'étendît jusqu'à l'embouchure de la xMorge de Conthey, comme en ce point l'altitude est, d'après la carte fédérale ^ de 485 mètres, la terrasse correspondant à l'ancien niveau de 402 mètres serait ensevelie sous plus de 80 mètres d'alluvions *.
Comme nous l'avons montré plus haut ^ le niveau d'un lac est réglé par le niveau de base de son émissaire. Or le seuil du fort de TÉcluse (fig. 148), formé des calcaires durs de l'urgonien, du néocomien et du jurassique supérieur, paraît avoir joué le rôle d'un niveau de base à peu près fixe par rapport à toute la partie du fleuve située en amont; il ne semble pas en effet avoir subi d'usure considérable depuis
i. Léman, t. I, p. 245.