‹ Atlas des lacs françaisChapitre 67 sur 360 · l'age · texte numérisé non relu

l'age

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DE LA TOPOGRAPHIE DES LACS. f>7

par 230 mètres de fond. Quelques petits monticules se dressent sur ces digues ; le plus important, à 1 000 mètres environ de l'embouchure du Rhône, domine, par 52",90 de fond, d'une vingtaine de mètres la partie de la digue sur laquelle il repose. Remarquons encore que le fond du ravin n'est en général qu'à une faible profondeur au-dessous de la surface générale du cône d'alluvion du Rhône. Si l'on suppose enlevées les deux digues qui limitent le ravin, il ne reste qu'un sillon à peine marqué sur cette surface.

L'existence de ces ravins sous-lacustres a été expliquée de deux manières fort différentes par M. Forel* et par M. Duparc^

M. Duparc admet que ce sont d'anciennes cassures imparfaitement comblées par les alluvions et dans lesquelles continuent à s'écouler les eaux du fleuve. Cette hypothèse ne me paraît pas exacte.

Évidemment, ainsi que j'ai eu l'occasion de le dire, nous ne savons pas en général ce qui se trouve sous la vase qui tapisse le fond d'un lac. Mais, quand nous aurons étudié l'histoire du lac et son mode de comblement par le Rhône, nous verrons que le delta torrentiel de ce dernier a, selon toutes probabilités, une épaisseur considérable et qu'il a complètement masqué les inégalités du sol sur lequel il se développe; si des cassures ont existé sur son trajet, il les a comblées depuis longtemps. D'autre part, une preuve, qui me semble décisive, contre l'hypothèse de M. Duparc, nous est donnée par l'existence d'un autre ravin sous-lacustre, à présent oblitéré en partie, devant une ancienne embouchure du Rhône, située à 900 mètres de l'embouchure actuelle, et qu'on désigne sous le nom de Vieux Rhône^ Cet ancien ravin, bien qu'il ne s'étende plus que sur une longueur d'environ 1 kilomètre, est encore parfaitement reconnaissable. De même, à côté du ravin sous-lacustre, semblable à celui du Rhône, que forme le Rhin k son entrée dans le lac de Constance, se trouve un second petit ravin en face de l'ancienne bouche d'Altenrhein*. Dès lors il parait évident qu'il y a une relation intime entre le ravin et le fleuve, et nous sommes amenés à conclure que le premier n'est qu'un accident superficiel produit sur le cône de déjection du second.

Telle est l'opinion de M. Forel, et voici à peu près comment il la développe ^ L'eau du Rhône provient, en été, principalement de la fonte des glaciers ; elle est trouble, comme celle de tous les torrents glaciaires; sa charge d'alluvions peut dépasser parfois 2^,5 par litre, et, dans ces conditions, elle est plus dense que Feau du lac. En conséquence, elle s'écoule le long des talus du cône d'alluvion sous-lacustre; elle cherche la ligne de plus grande pente jusque dans les grands fonds du lac, et, là seulement, s'étale en nappe horizontale. Pendant celte descente

Page 1