‹ Atlas des lacs françaisChapitre 92 sur 360 · C. — Interpré talion des résultats obtenus · texte numérisé non relu

C. — Interpré talion des résultats obtenus

De l'examen des tableaux ci-dessus se dégagent quelques lois intéressantes :

1® La composition des vases varie, comme on devait s'y attendre, avec les

roches qui forment les bassins des lacs. Dans les lacs à bassin calcaire (lacs du Jura)

le résidu insoluble ne forme en général qu'une fraction assez faible du poids total (de4,50 p. 100 à 11,60 p. 100 au lac de Chalain, de 8,35 p. 100 à 24,20 p. 100 au lac de Sylans, de 12,70 p. 100 à 16,90 p. 100 au lac de Saint-Point), et le carbonate de chaux est la substance dominante. Lorsque le bassin renferme des marnes oxfordiennes, qui sont assez riches en silice, le résidu insoluble augmente (de 15,35 p. 100 à 33,45 p. 100 au lac de Nantua) '. Il augmente encore quand le bassin renferme de la molasse, où la silice est souvent abondante^ (de 45,85 p. 100 à 71,53 p. 100 au lac d'Aiguebelette, de 15,78 p. 100 à 64,83 p. 100 au lac d'Annecy). Par contre, il est remarquablement faible au lac de Paladru (de 7,15 à 27,15 p. 100), si Ton considère que ce lac est situé au milieu de poudingues miocènes et de terrains glaciaires qui renferment beaucoup de roches cristallines.

Dans les lacs situés en terrains formés de roches silicatées, la proportion de résidu insoluble augmente considérablement. Ainsi, au lac de la Girolte, où dominent les quartzites du trias, les schistes et les grès très siliceux^ du houiller et les schistes cristallins, elle varie de 78,30 p. 100 à 91,45 p. 100. Elle est aussi très considérable dans les lacs des Vosges (Gérardmer, Retournemer), du Plateau Central (Pavin, Chauvet, Bouchet), des Sept-Laux (Cos), de Belledonne (Crozet) et dans certains lacs des Pyrénées (Bleu, Naguille, Oo, Lanoux), dont les vases renferment, dans leur partie minérale, presque exclusivement de la silice et des silicates de fer et d'alumine insolubles.

2^ La composition moyenne des vases d'un lac n'est pas identique à la composition moyenne des roches du bassin. Ainsi on ne trouve pas d'acide sulfurique dans les vases du lac de Genève, dont les affluents traversent d'importants gisements de gypse, ni dans celles du lac du Mont-Cenis, qui baigne des parois formées de cette même roche; cela tient & ce que le gypse, apporté par les affluents ou arraché au rivage par les vagues, se dissout dans les eaux de ces deux lacs qui, ainsi que nous le verrons plus loin*, ne sont point saturées de sulfate de chaux. L'acide sulfurique se rencontre au contraire, en faible quantité il est vrai, dans les vases de certains lacs dont le bassin ne renferme pas de gypse (lacs du Bouchet, Chauvet, de Cos, d'Oo, Bleu, de Naguille) ; il provient sans doute des inclusions qui se trouvent dans les minéraux insolubles de certaines roches ^.

Un examen de la composition des vases des lacs situés dans les terrains à roches silicatées nous montre que ces vases sont en général beaucoup plus riches en silice que les roches dont elles proviennent. Ainsi le lac Pavin, entouré

i. Je fais abslraclion de certains échantillons récoltés dans une position exceptionnelle, comme les n<»» 9 de Nantua, 1 j et 15 bis d'Aiguebelette, 1 de Paladru, et dont je parlerai plus loin.

2. Certaines molasses renferment plus de 80 p. 100 de résidu insoluble (Alph. Favre, Descr, géol. du canton de Genève^ t. I, p. 79).

3. L. Ddparc et E. Ritter, les Formations du carbonifère et les quartzites du trias dans la région nordouest de la première zone alpine [Mém. Soc, Phys, et Hist. nat. de Genève, t. XXXII, 1" partie, n» 4).

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