Voir chapitre IX
NATURE DU SOL DES LACS. 99
de basaltes dont la teneur en silice n'atteint pas 50 p. 100 \ possède une vase où l'analyse a révélé 74,60 p. 100 de silice. Si Ton réfléchit que cette vase qui, traitée par Tacide chlorhydrique, ne donne pas d'effervescence, ne renferme pas de carbonates en quantité appréciable, et que, partant, la perte de 17,80 p. 100 obtenue par calcination représente principalement des matières organiques étrangères aux roches encaissantes, on voit immédiatement que la proportion de silice contenue dans la partie minérale de la vase du lac Pavin est notablement supérieure à 74,60 p. 100. Une remarque analogue s'applique au lac Chauvet, situé également dans les basaltes. On peut en dire autant du lac granitique de Gérardmer, dont la vase renferme, dans sa partie minérale, à peu près 85 p. 100 de silice, c'est-à-dire notablement plus que le granit des Vosges ^ Par contre, la chaux et la magnésie, très abondantes dans les roches basaltiques, et les alcalis, très abondants dans les roches granitiques, sont à peine représentés dans ces vases. Cela tient à ce que les roches silicatées sont soit attaquées par les agents atmosphériques ^ soit décomposées pendant leur transport par les affluents à l'état d'alluvions^; les bases alcalines et alcalino-terreuses se dissolvent et on les retrouve dans les eaux ^, principalement à l'état de carbonates, tandis que la silice peu soluble se dépose au fond du lac. Remarquons qu'une partie de cette silice est absorbée par les diatomées et restituée au sol du lac après la mort de ces organismes.
Le carbonate de chaux étant plus soluble que la siHce, surtout à la faveur de l'acide carbonique, les vases des lacs calcaires doivent être aussi en général plus siliceuses que les roches traversées par les affluents, puisque, dans les alluvions charriées par ces derniers, la silice reste en suspension, tandis que les calcaires se dissolvent; mais l'extrême variété dans la composition des roches calcaires a empêché jusqu'à présent de faire des études comparatives. Comme nous le verrons plus loin®, une partie du carbonate de chaux dissous par les affluents se précipite très probablement dans la plupart des lacs et tend à diminuer l'écart signalé ; mais, ainsi que je Tai dit plus haut ^ il ne m'a pas été possible jusqu'ici de constater celte précipitation: les vases de nos lacs n'ont aucun rapport avec la craie lacustre*.
3"* Dans un même lac la composition des vases peut être très variable. Au lac de Chalain, la proportion du résidu insoluble varie de plus du simple au double,
i. De Lapparent, Traité de géologie j 3* édition, p. 6;i7. — Zirkel, Lehrbuch der Pétrographie, Bd. II p. 901.
2. Le granit le plus richo en silice paraît en contenir environ 75 p. 100 [TschoTnak's Min. tmd Petr, Mit., Bd. XI, 1891, p. 199-252).
3. BiscHOF, Lehrbuch der chemischen und physikalischen Géologie, t. II, p. 322.
4. Daubrée, Études synthétiques de géologie expérimentale, p. 268 et se({.