‹ Atlas des lacs françaisChapitre 95 sur 360 · Pauc '\i · texte numérisé non relu

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NATURE DU SOL DES LACS. 101

les matériaux meubles, quels qu'ils soient, ne peuvent se tenir, au sein d'une masse liquide, sous un angle supérieur à 45"^. La sonde touche donc nécessairement la roche en place sur les talus que j'ai cités dans le chapitre précédent*, savoir : talus de Chillon au lac de Genève, talus de la montagne du Chat et du rocher de Châtillon au lac du Bourget, talus du roc de Chère et du promontoire de Duingt au lac d'Annecy, talus de la pointe de la rive est du lac d'Aiguebelette.

Il faut toutefois remarquer que ces talus ne constituent peut-être pas exactement le sol primitif du lac, tel qu'il existait au moment où celui-ci s'est formé. L'absence d'un manteau protecteur de vase les rend en efiTet attaquables par l'érosion.

Il ne saurait être question ici de l'érosion mécanique par les vagues et par les courants. En effet, dans les lacs que nous étudions, le travail des vagues ne s'exerce guère que sur la grève et sur la beine d'érosion ^, dont la profondeur ne dépasse pas 5 mètres. Au-dessous de cette limite, l'action des vagues est très faible, et, dans le lac de Genève, celui de tous nos lacs où l'agitation est la plus forte, elle devient nulle à la profondeur de 10 mètres; c'est en effet à cette limite que s'arrête l'apparition bien connue sous le nom de rides de fond^ Encore faut- il remarquer que, en formant ces rides, les vagues ont affaire à du sable très mobile ; leur effet sur la roche solide cesse évidemment à une profondeur beaucoup plus faible. Quant aux courants, ils peuvent être très intenses, même à de grandes profondeurs, comme nous le verrons dans un instant ; toutefois, leur action doit être bien peu sensible sur les murailles rocheuses du lac. Ils peuvent balayer la vase du fond ; mais, d'après tout ce que nous savons sur l'érosion, ils ne sauraient produire sur la roche solide qu'une usure inappréciable*. C'est l'érosion chimique, l'érosion par dissolution, qui peut, dans certains cas, exercer une action très importante sur les parois du lac. Si celles-ci sont formées d'une roche dont l'eau du lac n'est pas saturée, elles se dissoudront nécessairement. Nous verrons, en traitant de la composition des eaux lacustres, que, dans certains lacs, cette action chimique peut être importante^.

2^ CAS ou UNE CAUSE LOCALE EMPÊCHE l'aLLUVION DE SE DÉPOSER

Le dépôt de la vase ne peut s'effectuer que dans un milieu tranquille ; une agitation un peu intense de l'eau le rend impossible. Or, celte agitation peut avoir trois causes différentes : ou bien une source sous-lacustre, ou bien un écoulement sous-lacustre, ou bien enfin des courants.

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