‹ Atlas du Comité central des Houillères de FranceChapitre 109 sur 152 · DEVIENT · texte numérisé non relu

DEVIENT

VEXÏE

Kün grammes

Marc?

Marcs

.Marcs

Marcs

Oi 402

dans le rapport annuel de Lasso dation pour la défense des intérêts matériels des mines de Westphalie des renseignements plus ou moins circonstanciés sur les syndicats suivants :

1° Syndicats régionaux :

Syndicat de vente des houilles de Dortmund ;

Syndicat de vente des houilles de Boehum ;

Syndicat de vente des houilles d’Essen;

Syndicat de vente des houilles de Steele-Mülheim,

2° Syndicats spéciaux :

Syndicat de vente des briquettes de Dortmund;

Syndicat de vente des houilles pour briquetteriés et fabriques de chaux ;

Syndicat westphalien-rhénan de vente des charbons maigres ;

Syndicat de vente de charbons menus ;

Syndicat westphalien d'exportation des houilles;

Syndicat westphalien de vente des cokes;

3° Syndicats généraux .

Association générale pour la vente des houilles du district minier de Dortmund.

Et Syndicat général westphalien des houilles, qui lui a succédé.

Les syndicats régionaux ont été constitués en vue d’empêcher la concurrence directe des houillères voisines ; ils étaient formés d’ailleurs avec la pensée qu’ils pouvaient s’entendre cotre eux et qu’ils constitueraient ainsi les premiers éléments d’une entente générale. C’est en effet ce qui a eu lieu. Mais leur action a été bien souvent paralysée par des concurrences d’isolés, ou par des concessions déguisées, plus ou moins régulières, de tel ou tel membre. Aussi ces syndicats n'ont-ils pu enrayer le mouvement de baisse des combustibles. Tout au plus ont-ils pu empêcher ce mouvement de se transformer en une déroute.

Ainsi, le syndicat de Dortmund, qui groupait, en 1892, des mines produisant en totalité 3 279909 tonnes, en a vendu 1 989 682 tonnes, tandis que 1 290 227 tonnes étaient consommées directement, vendues à la clientèle locale, ou cédées à des syndicats spéciaux. Malgré son importance, ce syndicat n'a pu que suivre le mouvement de baisse et a dû enregistrer les prix moyens de 9 m, 46

en janvier et de 8 m. 13 en décembre 1892, La tendance individuelle de chacun des exploitants syndiqués à forcer son exploitation en vue de répartir ses frais généraux, a été telle que le syndicat n’a pu parer à un avilissement complet qu’en décidant des limitations générales de production qui ont été successivement de 12 1/2 p. 100 en janvier 1892, 15 p, 100 en février, 20 p, 100 en mars et avril, 25 p. 100 en mai, en juin et dans les mois suivants*

Le syndicat de Boehum a eu, de son côté, à assurer la vente de 2 627 609 tonnes; celui de Steele-Mülheim, de 688150 tonnes, etc.

Les syndicats spéciaux, c’est-à-dire ceux qui ne visaient au groupement et à la vente que d’un produit spécial (coke, briquettes, bouilles maigres, etc.), ont tous aussi à lutter contre deux difficultés :

1° Les exploitations non syndiquées se développent largement, à l’abri de la hausse conventionnelle réalisée ;

2° Les exploitations syndiquées visent toutes à augmenter le chiffre de production auquel elles ont droit; cela étant, la puissance d’absorption du marché étant limitée, les syndicats n’ont que deux ressources :

a ) . Imposer aux coassociés des réductions proportionnelles de production sans cesse croissantes ;

b) t Chercher à placer à tout prix l'excédent de production au delà des frontières.

Il n’est pas d’exemple plus frappant de ces difficullés et de ces remèdes, ou plutôt de ces palliatifs, que dans le syndicat des cokes.

En 1885, les membres du syndicat des cokes produisaient 2 82G 697 tonnes ;

En 1889, ils produisaient déjà 3 813 027 ;

En 1892, ils arrivaient à produire 4 560 984 ; et pourtant. en 1885, ils marchaient en plein, et en 1892, la réduction syndicale a été presque tous les mois de

On voit donc avec quelle intensité la plupart sinon tous les associés ont, pendant ces huit années, augmenté leurs installations.

Le résultat a été une baisse du prix moyen de vente de coke de 13 m, 11 en 1891, à 10 m. 86 en 1892.

Le syndical général , qui s’était constitué au commen-

cernent de 1892 et qui s'était proposé d’établir un cours général des prix, par qualité, dont il serait interdit de s’écarter, n’a eu qu'une durée éphémère, malgré le nombre considérable des adhésions qu'il avait reçues ; en effet, dès sa première assemblée générale, ce syndicat dut reconnaître son impuissance à imposer une réduction générale de production de 15 p. 100, affirmée d’une façon générale comme nécessaire.

Aussi, à cette association a succédé, depuis quelques mois, un syndicat beaucoup plus puissant auquel tous les participants ont consenti à faire abandon de leur service commercial.

Le 20 février 1895 a été définitivement constitué, pour une durée de cinq ans, le Syndicat des houillères de la Province Rhénane et de la Westp Italie, par F adhésion complète d’un nombre de mines produisant 33 millions et demi de tonnes de houilles.

À partir du l" r mars, la vente de cette immense production était mise entre les mains d'une seule personne, le directeur du syndicat 1 .

La crainte d’une nouvelle crise houillère plus terrible que les précédentes a conduit la presque unanimité des compagnies houillères à faire abstraction de leur personnalité commerciale ; elles ont abdiqué entre les mains du syndicat, qui seul recevra et répartira les commandes, fixera les prix de vente et le tonnage à extraire.

Le syndicat a été constitué sous forme d’une société par actions au capital de 900 000 marcs, divisé en 3 000 actions de 300 marcs, prises par les compagnies proportionnellement à leur production.

Les compagnies houillères syndiquées représentent une production d’environ 34 millions de tonnes.

Huit compagnies ont seules refusé d’adhérer; elles représentent 679 000 tonnes de production. En dehors de l’association se trouvent aussi 18 petites exploitations dont le tonnage total n’atteint pas 40 000 tonnes et aussi les exploitations appartenant a des usines métallurgiques.

Les propriétaires de ces exploitations ont préféré se tenir en dehors du syndicat; mais ils ont consenti à se lier à lui par des engagements précis.

De telle sorte qu’au jour de sa constitution le syndicat groupait plus de 97 p. 400 de la production totale.

Le syndicat, dit V article 2 des statuts, « a pour objet l'achat et la vente des charbons, cokes et briquettes » ; il doit viser à mettre fin à la concurrence désastreuse que se font entre elles les diverses compagnies, à établir un lien aussi solide que possible entre les propriétaires ou associations de propriétaires, en vue de ia répartition de l'ensemble du marché charbonnier, et à régulariser. h la fois, les questions de prix et les conditions de livraison.

1 En fait, en raison de la difUcuHé de constituer l’organisation) de grouper le personnel nécessaire à un pareil service commercial! la centralisation de ventes n’est devenue effective ou Tl nartir'rin 1 er aoiU 1893, k

Chacun des membres a, le jour de la constitution définitive, signé un contrat avec le syndicat, et, en vertu de l’article I er de ce contrat : il cède le droit de vente de toute sa production en houilles, cokes et briquettes au syndicat, qui, de son côté, prend rengagement de recevoir et de placer la totalité de ces produits dans les limites du tonnage concédé à chacun ».

La vente locale aux particuliers reste libre, mais à un tarif établi; toutes les ventes à des industriels, mêmes voisins, doivent passer par le syndicat. La consommation par des établissements appartenant aux exploitants reste libre; mais cependant ces quantités doivent être déclarées et leur emploi contrôlé.

La quantité a extraire attribuée à chaque associé est la plus forte production réalisée en 1891 ou 1892. La convention prévoit d’ailleurs qu’il sera éventuellement fait une place aux fosses nouvelles; elle entoure de mesures très sévères et restrictives cette attribution de tonnage supplémentaire. Au cas où l’état du marché nécessiterait une diminution de production, le pour cent de cette diminution sera fixé par l’assemblée générale.

Le syndicat reverse A chaque exploitant la totalité du prix de vente obtenu, déduction faite d'une commission spéciale, pour toutlo charbon vendu dans les régions où il n’y a pas a tenir compte d’une concurrence spéciale.

Mais en dehors du rayon naturel de vente des houilles de Westphalie, dans les régions où il faut aller lutter contre des mines n’appartenant pas au syndicat, le syndicat pourra accorder aux mines chargées de ces livraisons des indemnités spéciales. Des pénalités extrêmement sévères {500 marcs par wagon de 10 tonnes) sont prévues contre toutes infractions aux statuts et conventions.

Constitué à partir du i* r février, le syndicat a trouvé, pour 1893, les marchés presque tous conclus, la production presque entièrement engagée a des prix extrêmement bas. Il n’a donc pu jusqu'ici que constater cette situation ; et son action réelle ne se fera sentir qu’a partir de l’automne, au moment où se négocieront les marchés pour 1894.

Voies de communication . — Très suffisamment desservi par des voies ferrées nombreuses qui, par des embranchements multiples, vont vers tous les puits importants, le bassin westphalien est, jusqu’ici, presque privé de moyens immédiats de transports par eau.

Les charbons sont obligés de gagner par wagon les ports de Ruhrort et Duiébourg sur le Rhin. Là ils trouvent des quais et appareils d’embarquement très vastes et bien installés. Aussi, dans ces dernières années, les transports par le Rhin ont-ils pris une importance considérable.

Mais la grande préoccupation d’avenir de tous les exploitants, c’est la création de tout un réseau de voies navigables à grande section, qui relieraient les différentes mines d’une part au Rhin par la Ruhr canalisée.

d'autre part à la mer du Nord par FF ms jusqu’à Ëmshafèn. Jusqu'ici il n’a point été pris de décision pour le tracé à adopter cri vue do relier les houillères au Rhin ; il n’y a pas moins de cinq projets simultanément à Fétudo ; à ces projets se relient d'autres projets, qui n’ont pas moins d’importance :

l’un qui tendrait à relier le bassin houiller westphalieïi à l’Elbe par une voie directe, qui ouvrirait ainsi FÀlIemagne centrale aux charbons wesLphalïens ; l'autre, qui a pour but la canalisation de la Moselle en vue de faire arriver plus facilement les houilles et cokes on Lorraine, dans le Luxembourg et dans l’Est de la France.

Dans un délai plus ou moins long, ces projets seront sans doute exécutés; ils donneront à la production houillère de Westphalie une nouvelle et puissante impulsion et porteront sans doute sa production assez rapidement à 45 et 50 millions de tonnes*

Page 1