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ANALOGIE DES CHARBONS FRANÇAIS ET ÉTRANGERS

Les cartes n M VI et VII gravent immédiatement dans l'esprit les faits que des colonnes de chiffres laissent voir moins facilement ; les tableaux qui occupent les marges de ces feuilles précisent et accentuent l'Impression première.

Les houilles anglaises sont les plus répandues, les houilles belges les plus employées ; et cela se comprend. L’extension du commerce des houilles belges grandement facilitée par divers canaux, est bien vite arrêtée par les frais de transports, dès qu'on s’éloigne des régions desservies par les voies fluviales et qu’il est nécessaire de recourir surplus de 100 à loû kilomètres au chemin de fer. Les houilles anglaises au contraire se présentent grevées de frets presque identiques tout le long du littoral océanien et des armateurs habiles arrivent même, par de multiples combinaisons d'affrètements simultanés pour l’aller et le retour, à desservir le littoral méditerranéen aux mêmes conditions que les ports beaucoup plus voisins.

Quant aux houilles allemandes , si I on en excepte le tonnage assez important qui arrive jusqu’à Paris, elles n’ont qu’un rayon très limité. A lui seul le département de Meurthe-et-Moselle consomme près des trois quarts des houilles de cette provenance.

Pour les houilles anglaises, il convient de ne pas considérer seulement les chiffres du commerce spécial, c'est-à-dire le tonnage consommé en France, il y a lieu de tenir aussi grand compte des houilles qui, sans être débarquées à terre, sont transbordées directement du

cargoboat anglais dans les soutes des vapeurs français qui tout cji ayant leur point <F attache dans un port français, ne consomment souvent que des houilles étrangères. On a pu se demander, non sans quelque raison, si cette faveur douanière qui permet aux Compagnies de navigation à vapeur do consommer des houilles étrangères, sans payer de droits d’entrée, n T est pas une faveur excessive et meme dangereuse, puisque, à un moment donné, F absence de ces combustibles spéciaux jetterait dans ces services une perturbation profonde.

L’existence de voies fluviales pour la Belgique et de transports maritimes exceptionnellement économiques pour l’Angleterre, le voisinage immédiat d’un département aussi industriel que la Meurthe-et-Moselle, pour l’Allemagne, ne suffisent pas, à eux seuls, pour expliquer les bas prix auxquels peuvent arriver, aux points de consommation en France, les combustibles étrangers.

Un élément dont il y a lieu de tenir grand compte, est fourni par les conditions spéciales de prix que consentent pour l’exportation certains producteurs et surtout certains syndicats.

On a souvent employé à cet égard l'expression prime à F exportation ; il n’est presque jamais directement applicable; mais, sans intervention officielle, l’effet est obtenu. (Lest ainsi que nous voyons le syndicat des cokes de Westphalie maintenir les prix à l’intérieur et livrer aux hauts fourneaux étrangers (belges et français) des quantités considérables de coke à des prix voisins sinon inférieurs au prix de revient *. Il est vrai de dire que toute médaille a son revers et qu’on a vu, en particulier en 1892, les houillères belges arriver à faire entrer en Allemagne des quantités considérables de cokes qui allaient se consommer presque sur les lieux mêmes de production des cokes westphaliens

Le même effet, quoique moins caractérisé, s’est aussi produit pour certaines qualités de houilles.

U exportation des houilles françaises (941 400 tonnes en 1890, 906 100 tonnes en 1891) se fait presque exclusivement par voie de terre, à l’exception toutefois d'une seule direction, la Belgique, où les canaux participent pour une faible part dans ce trafic.

Malgré la faible distance qui sépare nos bassins lioailiers du Nord et da Pas-de-Calais du port de Dunkerque; du Gard, des Bouches-du-Rhône et de l'IIérault, de nos ports de Marseille, Cette, Porfc-de-Bouc, Saint-Louis-du-Rhône, cependant il ne sort par mer que des quantités très faibles de combustible

1 Exportation (les cokes allemands en France: 790 400 tonnes.

— totale des cokes allemands r i 717 000 tonnes,

* Les chiffres suivants, relatifs aux mouvements des cokes, justifient ces appréciations î

Importation en Allemagne de coke belge : 3S2 700 tonnes.

Exportation, vers la Belgique, de coke allemand i 200 000 tonnes.

3 II rFest sorti, en 1891, de Dunkerque que 8 325 tonnes; de Marseille, que 20 SOL tonnes*

Certainement, obligés comme nous le sommes, de recourir pour un total si important, a l'emploi de combustibles étrangers, nous ne pouvons prétendre a devenir une grande nation exportatrice pour les combustibles minéraux, mais sans prétendre concurrencer T Angleterre, la France doit cependant se préoccuper de faire arriver ses propres combustibles dans les ports de son littoral, et dans ceux de ses colonies ou pays de protectorat. Dans bien des cas aussi, il pourrait être très précieux d’avoir un fret de sortie pour nos ports où si souvent les navires sont obligés de sortir sous lest.

11 semble donc de la plus haute importance, non pas seulement au point de vue restreint des houillères, mais plus encore au point de vue du commerce général français, que les ports français voisins des mines soient aménagés, quant aux voies ferrées d’accès et aux appareils de chargement, de façon à permettre pour les charbons un embarquement rapide, économique et en môme temps soigneux quant aux conditions d’arrimage.

Si, pendant de longues années, il a été en quelque sorte admis que la France ne produisait pas de qualités de houilles similaires aux qualités étrangères, celle sorte de légende n’est plus guère admise aujourd’hui que par quelques consommateurs que d’anciennes préventions ont totalement empêchés de se rendre compte des faits réels.

Aux anthracites et houilles anthraciteuses de Swansea et de la partie occidentale du pays de Galles du Sud, correspondent toutes les couches de la région septentrionale du Nord et du Pas-de-Calais, ainsi que les couches inférieures des bassins de la Loire, du Creusot, de Bianzy, du Gard, etc.

Aux Cardiff s ou charbons à vapeur de la partie centrale du pays de Galles correspondent les houilles demigrasses si abondantes dans les bassins houillers du Nord et du Pas-de-Calais, une partie des houilles du System e inférieur de Sain LE tienne (Méo ns, lloche-la-Molière et certaines couches du Gard.

Aux charbons gras à coke et à gaz de la partie orientale du pays de Galles, des bassins du Durham, du Northumberland et du Centre de FAngleterre, correspondent les houilles grasses si nombreuses dans les bassins du Nord et du Pas-de-Calais, de la Loire et du Gard.

Enfin les houilles sèches à longue flamme si abondantes en Angleterre ont leurs similaires à Bianzy et dans l'Ailier,

Si, dans bien des couches, la houille est en France plus friable qu’en Angleterre, cette infériorité, due aux actions mécaniques très puissantes auxquelles ont été soumises les houilles de la plupart de nos bassins, n est cependant pas générale et certaines couches, tout au moins, fournissent des houilles à la fois aussi solides

et aussi pures que les meilleures exploitations anglaises.

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