RÉGIME LÉGAL DES HOUILLÈRES DÉVELOPPEMENT DE LA PRODUCTION HOUILLÈRE
Le charbon de terre a été connu et exploité dans différentes parties de la Belgique et particulièrement dans le Hainaut depuis une époque très reculée. L’ancienneté de certaines exploitations, les droits acquis qui n’ont pu être annulés par les législations successives qui sont intervenues depuis un siècle, expliquent certaines particularités qui, à première vue, paraissent très étranges quand on étudie le régime de la propriété minière dans les districts exploités d’ancienne date.
Au premier coup d'oeil 1 on est frappé en examinant la carte des environs de Gharleroi, ou du Couchant de Mo ns de l’extrême division de la propriété minière ; les concessions de moins de 50 hectares ne sont pas rares, et étaient surtout fréquentes avant bien des fusions qui ont été régularisées. Mais ce que nos cartes ne peuvent indiquer, ce sont certaines particularités plus spéciales qui ont subsisté jusqu’à ce jour; nous voulons parler des concessions superposées, des droits d’exploitation accordées pour une couche unique ou pour un faisceau de couches, ou jusqu’à une profondeur déterminée.
La promulgation, en 1810, de la loi des mines, et son maintien dans le royaume de Belgique après 1815 et 1830, ont donné à toutes les propriétés minières constituées ultérieurement des conditions d’existence qui ont largement contribué au développement des travaux méthodiques, et ont permis de pousser les recherches et l’exploitation jusqu’aux grandes profondeurs en parfaite sécurité.
Les progrès économiques de la Belgique sont intimement liés au développement de son industrie houillère; c’est l’existence du combustible abondant et à bon marché qui, d’un pays agricole, en a fait l’un des plus industriels du monde ; les métallurgies du fer, du zinc et du plomb, les verreries, les glaeeries, les fabriques de produits chimiques se sont développées sur les centres de
1 Voir pi. XXVII et XXVIII.
production houillère, cl, auprès déliés, sont venus les ateliers de construction les plus divers.
Toutes ces industries dont la puissance de production n'a aucune relation avec les besoins propres du pays n’ont dû leur facile développement qu’aux conditions économiques spéciales résultant de cette production à bon marché des diverses variétés de combustibles appropriées à chacune des industries.
L’accroissement de la production des divers bassins s’est produit avec une remarquable constance, sans jamais de ces rapides pas en avant trop généralement suivis de recuis désastreux*
La production totale de la Belgique était en 1831 de 2 305 016 tonnes ; les progrès ont été les suivants :