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FORME ET INCLINAISON DU BASSIN

Diamètre oblique.

Détroit supérieur .

Excavation. Partie moyenne ou large Détroit inférieur obstétrical . . .

Détroit inférieur anatomique . . .

12 cm.

12 cm.

A l’état dynamique, les diamètres du bassin osseux ne se modifient que très faiblement, quelle que soit l’énergie de la pression excentrique exercée par la tête pendant son passage, et quel que soit le degré d’inclinaison du bassin par rapport aux membres inférieurs et à la colonne vertébrale (nutation).

Il n’en est pas de même au détroit inférieur qui, formé par les parties molles du plancher pelvien, y compris le coccyx, s’agrandit au contraire considérablement pendant le passage du fœtus. La fente pubo-coccygienne en effet, à l’état de repos, mesure d’avant en arrière 8 cm. 5 et transversalement 3 à 4 cm. Au contraire, à l’état dynamique, pendant la période d’expulsion, elle s’agrandit de façon à mesurer d’avant en arrière 11 cm. et transversalement 9 cm, 5.]

§ 4. — Forme et inclinaison du bassin de la femme

adulte. Manière dont il dérive du bassin infantile.

Le bassin de la femme se distingue de celui de l’homme par sa plus grande étendue transversale. 11 dérive du bassin infantile par une série de modifications, telles que la formation du promontoire, l’agrandissementdansle sens transversal, la disparition de la forme en entonnoir.

11 est très important de connaître l’anatomie du bassin fœtal et son évolution ultérieure pendant l’enfance et à l’Age de la puberté pour bien comprendre le mode de développement des formes pathologiques du bassin.

La forme et l’inclinaison du bassin adulte résultent de l’action simultanée, sur le bassin infantile, de trois forces : le poids du corps, la pression des fémurs et la résistance de la symphyse pubienne, et de trois mouvements résultant du développement proprement dit des os.

1° Le premier mouvement exécuté par le bassin est une projection en avant qui le place en antéversion ; c’est donc un déplace-

Fig. 49. — Bassin normal de femme adulte dans l'aitiludèa debout (fig. orig. d’après une pièce de la Clinique obstétricale dej Munich).

Fig. 50. — Bassin régulièrement et généralement rétréci,

c’est-à-dire semblable à une réduction photographique d’un bassin- 1 normal, mais ordinairement aussi avec persistance de quelques ca->J ractères du bassin infantile, tels que, par exemple, la petites!?® absolue et relative des fosses iliaques, la faible saillie du promon- 'U toire (fig. orig. d’après une pièce de la Clinique obstétr. deMunich).

Fig. 51. — Bassin très rétréci en entonnoir, bassin couché, avec persistance de la forme infantile (voir || 4 et 19). Sacrum droit à pente raide, fosses iliaques petites et planes, détroit supe^ rieur arrondi au lieu d’être élargi transversalement, rétrécissement considérable du détroit inférieur. Ces déformations sont la consc-9 quence d’un séjour au lit de plusieurs années pendant l’enfance, m séjour au lit qui a été prolongé jusqu’à la mort survenue à l’époque,-;! de la puberté. Ici, il n’y a eu intervention ni de la pression du tronc, ni de la contre-pression des fémurs, -ni de la traction muscu- ,/ laire (fig. orig. d’après une pièce de la Clinique obstétr. de Munich). ••

ment analogue à celui d’où dérive l’antéflexion de l'utérus. De ce »*;'■ mouvement résultent les phénomènes suivants : la projection promontoire en avant, l’incurvation du sacrum dont l’extrémité inférieure se soulève en arrière, la rotation en avant des ailes M iliaques qui sont solidaires de la partie supérieure du sacrum, et enfin le déplacement en arrière et en bas du bord inférieur de la vÆ symphyse pubienne, qui au contraire chez le fœtus était situé plus en avant (1) .

(1) Ce déplacement du bassin dépend essentiellement du mode d’accroissement des vertèbres lombaires et sacrées, qui prennent la forme de coins ; il en résulte tout naturellement la formation e‘f la projection en avant du promontoire.

L’inclinaison du bassin en avant, conséquence de la station bi- j pède, est acquise à l'espèce et transmise suivant les lois de la phylo^ génèse. Déjà en effet, chez l’embryon et le fœtus, existe une tendance à l’inclinaison du bassin, mais celle-ci ne s’achève que plus tard, les facteurs de cet achèvement étant individuels.

Si on compare la direction des fémurs à celle de l’axe de la colonne vertébrale, chez le fœtus, le nouveau-né et l’adulte, oh voit] quelles forment entre elles des angles qui ont respectivement 130»,? 162" et 195"; il en résulte donc qu'avec les progrès de l'âge les fémurs, en même temps que le bassin et le sacrum, sont reportés : en arrière par rapport à la colonne vertébrale. Ce sont les muscles' de la masse sacro-lombaire qui produisent cette modification dans la statique du bassin (fig. 53 et 54); dans la figure 54, l’extension

Tab. 25.

2° Le mouvement qui vient d’être mentionné est presque compensé par un second mouvement, en vertu duquel les parties du' bassin situées au-devant des échancrures sciatiques se portent en haut, et cela d’autant plus qu’elles sont plus rapprochées de la symphyse. Ce mouvement d’élévation est dû, en partie à l’accroissement considérable des branches horizontales du pubis et surtout de la branche droite, et, en partie, à la pression des fémurs (comparez les figures 52, 53, 57 avec la figure 51 qui représente le bassin couché). De l’action de ces divers facteurs, résulte une tendance à l’agrandissement transversal du bassin, qu’augmente encore la traction exercée en arrière sur les ailes iliaques par les ligaments sacro-iliaques postérieurs (fig. 57). Jusqu’à lage de cinq ans, l’accroissement du bassin dans le sens transversal l’emporte sur l’accroissement d’avant en arrière, ce qui tient à la malléabilité des os qui le limitent à la partie antérieure.

3U Une scoliose [asymétrie] gauche du bassin est consécutive à l’hypertrophie relative de la branche horizontale droite du pubis, et de l’acétabulum droit, ainsi que de l’aileron gauche du sacrum. Il en résulte que la ligne ilio-pectinée gauche ainsi que la symphyse pubienne effectuent un déplacement vers. la gauche.

Consécutivement aux mouvements qui viennent d’êlre décrits, le bassin de la femme adulte s’incline de 50° à 55°, sur l’horizon (1) dans la station debout, naturelle, sans effort, les jambes étant rapprochées. Mais cette inclinaison varie entre les limites de 40° à 100°, suivant l’attitude du corps; elle diffère évidemment suivant que le tronc est redressé comme il l’est pendant la grossesse, ou suivant qu’au contraire, le sujet étant couché, le tronc est fléchi et les membres inférieurs soulevés et rapprochés comme dans la position obstétricale ou la position de la taille.

de la colonne vertébrale est exagérée comme dans l’attitude du soldat portant les armes. L’influence de la traction musculaire, sur la forme du bassin et des os en général, a été démontrée expérimentalement; en effet, sur de jeunes animaux, on a extirpé des muscles et on a vu se produire des déformations osseuses à la suite de ces . extirpations (Ifehrer).

(11 On désigne sous le nom (l'inclinaison du bassin, l’inclinaison du détroit supérieur, et par conséquent du conjugué vrai, sur l’horizon dans la station debout normale, Dans la station debout, la symphyse est située plus bas que le promontoire. La paroi postérieure du bassin, du promontoire à la pointe du coccyx, mesure 13 cm., -tandis que la paroi antérieure constituée par la symphyse ne mesure que 4 cm.

Fig. 52. — Bassin infantile du sexe féminin dans la station debout (fig. orig. d’après une pièce personnelle).

Le sacrum est peu incurvé ; le promontoire fait à peine saillie en avant. Les parties encore cartilagineuses sont représentées en blanc, les parties déjà ossifiées en jaune, ce qui permet de se rendre compte de leur rapport réciproque. L’arcade pubienne dessine un angle droit.

Fig. 53. — Coupe sagittale d’un bassin infantile pour montrer l’angle formé parles fémurs avec l’axe de la colonne vertébrale.

Les particularités du bassin infantile, indiquées à propos de la fig. 52, sont encore plus nettes ici.

Fig. 54. — Coupe sagittale d’un bassin adulte pour montrer l'angle formé par les fémurs avec l'axe de la colonne vertébrale.

. Promontoire proéminent; sacrum relevé et rejeté en arrière; symphyse située plus bas et plus en arrière que dans la forme in- ; fantile.

La variabilité de l’inclinaison du bassin en rend la mensuration inutile au point de vue obstétrical ; elle n’a en réalité d’intérêt qu’en anthropologie. Maisl’importance pratique de l’inclinaison du bassin est, au contraire, très grande si on envisage les différentes attitudes qu’on peut imprimer au bassin, dans la station couchée, soit pendant l'accouchea ment, soit dans le cours des opérations obstétricales ou gynécologiques. Nous y reviendrons.

Les modifications du bassin dans le cours de la croissance permettent d’expliquer les arrêts de développements, et les troubles pathologiques survenant dans l’enfance; elles sont résumées dans le’ tableau comparatif suivant :

Bassin infantile.

(Les différences sexuelles se dessinent nettement à partir dii 4e mois de la vie intra-utérine (Fehling).

Légèrement élargi dans le sens transversal à partir du 3e

Rapport du conjugué vrai au diamètre transverse, comme 100 est à 105 ou 108.

Promontoire très élevé ; région lombo-sacrée très peu con-

Bassin adulte du sexe féminin.

Bassin très élargi transversalement.

Rapport du conjugué vrai au diamètre transverse, comme 100 est à 122.

Promontoire projeté en avant et plongeant dans le bassin ; région lombo-sacrée convexe, angulaire.

Tab. 26.

Fig. 53.

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